REFUTATION DE M. LEON GERMAIN
retable? Eurêka! dut s'écrier le cligne, mais trop crédule, M. Souhaut, lorsqu'il vit Dumont(') parler, sous la date de 1543, d'un certain « maître Claude, imagier à Saint-Mihiel » et ajouter : « Ce « Claude était aussi un Richier, sans doute neveu de Ligier. »
« Voilà, se dit M. Souhaut, ce qu'il me faut. Les initiales G R, qui s'appliquaient réellement au chanoine-doyen d'Hattonchâtel, Gaucher Richeret, il les traduisit par Claude ou Glande Richier; du plus ou moins présumable neveu de Ligier, il fit le fi-ère aîné de ce maître ; puis, par des probabilités et des similitudes où son imagination, aidée de son incompétence artistique, put se donner libre carrière, il retraça le eursiis vita de Claude et lui attribua bon nombre d'œuvres, non plus seulement des sculptures décoratives, comme à Hattonchâtel, mais des statues. »"
L'abbé Souhaut procéda de même pour l'autre fi"ère prêté non moins gratuitement à Ligier, qu'il présume avoir été le cadet et qu'il appelle Jean. Ni M. Germain, ni nous-même, n'avons jamais rencontré, dans aucun document, un Jean Richier, sculpteur, qui pût être accepté pour le fi^ére de Ligier. Mais cela n'a pas empêché notre auteur, féru de son idée d'une triade artistique, de nous montrer ce Jean Richier travaillant sous la direction de ses aînés, et exécutant un certain nombre d'œuvres.
Sur ce sujet, comme sur bien d'autres, rien des assertions de dom Calmet et de ses trop fervents copistes n'est à retenir. Mais il est à présumer que Richier, ne pouvant pas exécuter seul les commandes qui lui étaient faites, a dû grouper autour de lui
Lorraine, Nancy, 1888, pp. 17e à 183, texte et note. Nous exposerons les raisons qui nous paraissent militer contre cette opinion lorsque nous ferons la description de ce remarquable monument.
I . Histoire de Saint-Mibid, 4 vol., Nancy, 1860-1862. Dumont ne donne aucune preuve à l'appui de son afiirmation. (Note de M. Léon Germain.)
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quelques apprentis et compagnons travaillant sous ses ordres et sous sa direction.
Ainsi fut formé cet atelier célèbre dans toute la Lorraine, dont l'imagination et la légende ont, à l'envi, multiplié les œuvres et grossi l'importance. Il a pu se faire, la chose est dans les usages du temps et les exemples en sont nombreux dans l'histoire des ateliers français, que quelques-uns des imagiers ainsi réunis et formés par le maître lui fussent attachés par quelque lien de parenté; mais rien n'autorise à dire qu'ils furent ses frères. Le seul collaborateur qu'un texte permette de sûrement lui adjoindre, n'est autre que son iils, Gérard, ainsi que nous le verrons par la suite.
SCEAU DE PIERRE, ABBÉ DE SAINT-MIHIEL (xill" SIÉCLe)