LA FAMILLE ROYER A SAINT-MIHIEL
au duc Charles III, vers 1560, par un certain nombre de Sammiellois désireux d'obtenir le libre exercice du culte réformé. M. le pasteur Dannreuthcr (') l'assimile à « Didier Rouyer », notable commerçant de Saint-Mihiel, lequel fut maire de la cité en 1558, construisit également dans le quartier des Halles et reçut des lettres d'anoblissement en 1598. Bien que n'étant pas formellement prouvée, cette identification, fortifiée depuis par des documents très sûrs exhumés par M. Léon Germain, paraît fort probable.
La famille Royer, on le voit, avait elle aussi quelque importance, et de ce qui précède, comme de ce que nous avons exposé plus haut au sujet de l'ascendance de Ligier Richier ('), on peut, ce nous semble, raisonnablement conclure que les origines de notre artiste n'étaient pas aussi humbles que maint auteur a cherché à le faire croire. Nous nous refusons, en tout cas, à penser qu'il ait jamais été le pauvre petit pâtre imaginé par la légende, modelant à l'ombre des grands bois, durant les loisirs que lui laissait la garde du troupeau confié à ses soins, ces rustiques figures dont le charme naïf devait un jour séduire le grand Michel-Ange. Sorti d'un honorable milieu, il entra, par son mariage, dans une famille dont le rang égalait celui de la sienne. Sa femme, nous le savons par l'acte de partage dressé après le décès du maître, lui avait apporté quelques biens ruraux. Cela, ajouté à ce que l'artiste possédait lui-même, et augmenté de ce qu'il devait, dans la suite, acquérir par son travail, constitua sans doute le premier noyau de la fortune, relativement considérable pour l'époque, qu'il devait, à sa mort, laisser à ses descendants.
1. Ligier Richier et la Réforme à Saint-Mihiel, ext. des Mémoires de la Soc. des Lettres, Sciences et Arts de Bar-U-Duc, 2' série, t. II, 1883.