‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 38 sur 269 · Chap. II, p · texte numérisé non relu

Chap. II, p

Deux enfants, Gérard et Bernardine, naquirent du mariage de Ligier avec Marguerite Royer ; nous verrons plus tard ce qu'ils devinrent.

Le duc Antoine, en exemptant, comme nous l'avons dit, Ligier Richier des charges fiscales imposées à ses compatriotes, ne le qualifiait probablement pas sans cause d' « expert en son art». Nous pouvons penser qu'il lui avait déjà, sans doute, confié quelques travaux. S'il ne l'avait pas encore fait, il le fit peu après, ainsi que nous en aurons bientôt la preuve évidente. Nous savons du reste qu'au cours de cette même année 1530, le duc passa l'été à Saint-Mihiel avec ses conseillers Vidranges et Savonniéres {'). Ne serait-ce pas alors qu'il fit connaissance avec Ligier, dont il sut bien vite discerner le mérite ?

Le récit d'un voyage accompli deux ans plus tard, en 1532, par un Champenois que la curiosité autant peut-être que la dévotion avaient conduit en Lorraine, nous fournit quelques documents intéressants sur des travaux exécutés par Richier, antérieurement à cette date, dans les églises de Bar-le-Duc et de Saint-Mihiel. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet ('). Mais ce qu'il importe de relever dés maintenant, parce que le renseignement qu'il nous apporte vient, en quelque sorte, appuyer et compléter le document qui précède, c'est un passage de dom Calmet extrait de la relation manuscrite de ce touriste du seizième siècle : « Maistre Ligier, tailleur d'images, demeurant au-dict lieu de Saint-Mihiel », était alors tenu « pour le plus expert et meilleur ouvrier en l'art de sculpture que l'on vit jamais (') ». Ce témoignage, écho précieux

1. Le séjour se prolongea du 20 juillet au 30 septembre. Dumont, ouv. cit., t. I, p. 208.

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