LA STATUAIRK GOTHIQUE KT LA DKCORATION ITALIENNE
cieusement taille ces figures énergiques, même un peu rudes, n'avaient rien emprunté à l'Italie.
Il en va tout autrement, si l'on considère la composition et la décoration. A ces deux points de vue, le monument de Blénod et, bien que beaucoup plus simples, les tombeaux de Toul et de Liverdun, oftrent des points de similitude avec celui de René.
(P*n/. île l'aiilrur) LIVERDUN TOMBEAU DE SAINT EUCHAIRK (l)ÉTAIL DU GISANT)
Le mausolée de Hugues des Hasards, en particulier, rappelle de bien prés ce dernier. Les lignes générales de la composition, les motifs qui s'épanouissent sur les bases des pilastres angulaires; ces pilastres eux-mêmes où courent, disposées en torsades.
Hugues des HazarJs, se trouve dans la crypte de l'ancienne église de l'abbaye de ce nom, au faubourg de Toul. Il est attribué à Mansuy Gauvain. Le personnage, traité en très haut relief, y est repré.senté couché, les yeux grands ouverts, une main sur sa crosse, l'autre bénissante. Deux pilastres à panneaux ornés de croisettes, dont les chapiteaux sont surmontés de pots à feu, encadrent cette figure rude et énergique, circonscrite dans une arcade ornée d'oves. Voir, sur ce sujet, Gaston Save, Bull. Soc. arlist. de l'Est, mars 1897, texte et pi. Le tombeau de saint Euchaire, exécuté vers la même époque que le précédent, est placé dans l'église paroissiale de Liverdun. Il représente le saint évéque, décapité et tenant sa tête entre ses mains, étendu au-dessous d'une arcature en plein cintre, couronnée d'une architrave supportée par deux pilastres ornés de rinceaux semblables à ceux de la « Porterie » du Palais ducal et du mausolée de René II. Voir également Gaston Save, Bull. Soc. artist. de l'Est, mai 1897, texte et pi.
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des guirlandes de feuillages ornemanisés ; leurs chapiteaux à volutes; les profils et les ornements des moulures; les niches à coquilles; tout cela est proprement italien. Aucun lien, aucun rapport, même éloigné, ne relie ce riche et gracieux décor au style robuste et fort des figures qu'il enveloppe. Il y a là deux ateliers très distincts, deux classes d'ouvriers de goût et d'éducation différents, dont chacun garde sa spécialité nettement accusée, sans chercher à se pénétrer ni à empiéter dans le domaine du voisin.
Les comptes viennent confirmer, du reste, les conclusions déduites de l'examen des œuvres. On y trouve, en effet, à côté des véritables statuaires, un certain nombre d'ouvriers qualifiés de « massons en molures, feuillaiges et aultrcmcnt » qui ne furent probablement jamais que de simples ornemanistes ('). Travaillant parallèlement à nos imagiers, dans un domaine déterminé, et considérés comme des compagnons ou aides d'ordre .secondaire, ils ne pouvaient guère exercer une influence sérieuse sur une école de sculpture fortement constituée bien avant leur apparition en Lorraine. Ici, comme en Touraine et ailleurs, les artistes du cru acceptèrent, sans répugnance aucune, les principes de la décoration italienne. Ils continuèrent à tailler leurs « ymaiges » selon leur éducation et leur goût, sans chercher à les mettre en harmonie avec le style du décor dans lequel elles devaient figurer. Ils transmirent leur manière de traiter la statue à leurs successeurs immédiats qui, même assez avant dans le seizième siècle, feront encore fréquemment œuvre gothique et française. Ces derniers seulement — et ce cas dut être celui de Ligier Richier — se trouvant en concurrence non plus avec de