‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 96 sur 269 · CY DEVANT GESTE YMAIGE GIST HONNESTE FEMME · texte numérisé non relu

CY DEVANT GESTE YMAIGE GIST HONNESTE FEMME

GiLBERTE Marque

JAYDIS FEMME A JaCQUEMIN QuIOLT

qui trépassa le 6*™= jour de mars

l'an MV^XXV

priez dieu pour elle.

LE DICT JaCQUEMIN A FAIT FAIRE

cette dévotion l'an MV'XXVIII

On conserve au presbytère de Clcrmont-en-Argonne (Meuse) deux petites figurines de terre cuite, d'une hauteur moyenne de o"',35, qui semblent être, non pas une œuvre définitive, mais bien plutôt une étude, faite en vue d'une composition de dimen-

ployée en achat d'héritages, dont la moitié des revenus serait attribuée au chapelain pour la rétribution de nouvelles messes, tandis que l'autre resterait entre les mains de l'héritier, patron de la chapelle, pour en assurer l'entretien et, au besoin, la reconstruction.

La collation de la chapelle et de ses bénéfices demeura la propriété des descendants du premier fondateur jusqu'à la Révolution. C'était, à l'époque, M. Thiéry de Languimberg dont la veuve demanda, en vain, d'être remise en possession des biens de la fondation, saisis comme appartenant à un bénéfice ecclésiastique. A dater de 1750, la chapelle, qui jusqu'alors avait eu son chapelain, fut desservie par le vicaire paroissial, chargé d'y dire la messe soixante-dix-huit jours de l'année et d'y lire la Passion selon saint Jean tous les vendredis. Les revenus étaient de 192 livres. Dans un procès-verbal de visite, dressé le 5 août 1773, on lit : « Il est de toute nécessité de démonter le ban avec son daussier, du côté du Christ (probablement notre groupe), pour le rassurer, etc.. » Nous devons ces renseignements, extraits de papiers de famille mis autrefois à sa disposition, à l'obligeance de M. Léon Germain.

sions plus grandes, non exécutée ou perdue. Par ses lignes générales, le type des personnages et du costume, elle offre tous les caractères de l'art de Ligier.

Elle représente également la Vierge de Pitié et, si la date ne nous assurait pas qu'elle lui est postérieure, elle pourrait passer pour une étude du groupe d'Étain. On y remarque cependant des modifications importantes, comme si l'artiste, en modelant cette ébauche, avait voulu corriger certaines défectuosités de son œuvre précédente. La composition est très remarquable et l'ensemble des lignes extrêmement harmonieux. Les personnages sont moins raides, les draperies moins sèches, leurs plis moins anguleux — il faut du reste faire aussi la part de la matière employée : la traduction en pierre n'aurait peut-être pus eu cette élégance. Le buste de la Vierge est plus souple, plus dégagé ; son mouvement est plus ample, presque gracieux. L'attitude générale sent un peu la recherche; le vêtement s'agite, l'étude en est plus poussée, les bords du voile s'ondulent et une nuance de maniérisme, très discrète encore, commence à paraître notamment dans l'air de tête de la Vierge. Le costume de Marie est identique à ce que nous avons rencontré à Étain ; le visage, plus régulier, est néanmoins un peu froid dans son ensemble, il est, surtout, moins réaliste.

La pose du Christ est à peu près la même que dans le groupe précédent. On remarquera toutefois que la tête est inclinée davantage sur la gauche, d'un mouvement un peu forcé. L'expression de la figure est moins bonne qu'à Étain, les traits sont quelconques, presque vulgaires, le type très diffèrent. Les extrémités sont démesurément allongées et amaigries; l'étude générale rappelle, avec des défauts identiques, le christ de la scène de l'Ensevelissement, au retable d'Hattonchâtel. L'anatomie du torse, trop

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