‹ LilithChapitre 28 sur 39 · UN ENCLOS FERMÉ DE PALISSADES · texte numérisé non relu

UN ENCLOS FERMÉ DE PALISSADES

EVE

Donne, je voudrais une toute petite jolie bête, je sais bien quoi.

Adamcède,etEve, frappant le sol, fait naître toute une nichée de souris qui courent aussitôt vers la provision de graines et commencent d’exercer leurs minuscules dévastations.

ADAM

Tu as la main malheureuse.

Il frappe le sol de nouveau, et de beaux angoras viennent au jour.

Voilà la faute réparée.

EVE

Je voudrais de jolies plumes bleues et rouges pour mettre dans mes cheveux.

Adam frappe le sol et une armée de poules

surgit qui se pressent autour dun coq resplendissant et déjà vaniteux.

EVE

Ah! cela commence à être moins triste. Ma basse-cour ne ressemblera plus à un désert. Encore! Encore! Laisse-rnoi faire.

Eve frappe îe sol et à peine la forme nouvelle s'est-elle dessinée que le coq a jeté le cri d alarme et que les poules effarées se mettent à voleter, tremblantes sous la fascination.

Bonjour, renard^je t'aime, tu me ressembles. Tu as mon odeur, tu as mon âme !

UN SOIR DANS LA CABANE

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UN SOIR DANS LA CADANE

Ils ont organisé un séjour presque confortable : d épaisses et chaudes toisons tapissent le sol, ils ont de solides vêtements pour le jour et de bonnes couvertures pour la nuit. L’âtre s'éclaire d’un feu égayant et la table, dressée sur quatre pieds rugueux, porte un excellent poulet rôti, du lait, des œufs et, en des vases de bois, un hydromel assez capiteux.

Quand ils ont mangé et bu, les joues un peu rosies, les yeux avivés, le sang chaud, les gestes prestes, — de petites flammes courent le long de leurs membres et soudain se concentrent.

Depuis leur exode rien de tel n’a troublé leurs organes appauvris, et jadis, au temps

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des loisirs divins, ils n’avaient connu que de lentes, longues et profondes jouissances, sitôt souhaitées, sitôt inaugurées, — ils avaient ignoré le désir.

Adam regarde Eve, les yeux grands et dévorants ;Ève, les yeux baissés, jette sur Adam les brefs éclairs de ses prunelles inquiètes.

Les mains se trouvent, puisles lèvres. D’ingénieux et secrets mouvements préparent une chute charmante sur les toisons amoncelées pour les nuits.

Ils frémissent au premier contact sérieux, avec une joie presque douloureuse : puis, un instant amoindri par la quête du rythme nécessaire et des oscillations favorables, le plaisir reprend pied, et, en un formidable galop, coupé de quelques bonds furieux, les jette au but, plus étonnés que satisfaits.

EVE

Déjà, déjà! oh! reste encore!

Mais Adam se soulève, retombe sur le côté et s’attriste.

UN JOUR DANS LA CABANE

UN JOUR DANS LA CABANE

ADAM

taille un roseau, le trempe dans un liquide rougeâtre et se met à couvrir de caractères hiéroglyphiques une ample peau de mouton.

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