TROISIEME PARTIE
ÉTABLISSEMENTS ET BUREAUX DU GOUVERNEMENT, ADMINISTRATION, INSTRUCTION PUBLIQUE, BIENFAISANCE ET GUERRE.
Bureaux administratifs. — Le chef de la République a cinq ministres ou secrétaires d'État : celui des affaires étrangères ; celui du gouvernement, de la police et des travaux publics; celui de la justice, de la bienfaisance, de l'instruction publique et du culte ; celui des finances et du commerce, et celui de la guerre et de la marine. Ces cinq ministères sont dans le palais.
Lima, comme capitale du département, est la résidence du préfet ; et comme capitale de province, elle est aussi la résidence du souspréfet et de l'intendant de la police.
Depuis 1839 jusqu'en 1857, il n'y eut pas de Municipalités. Ls premier conseil municipal se réunit à Lima douze jours après la fondation de la ville ; les alcaldes étaient Nicolas de Rivera, l'aîné, et Jean Tello, compagnons de Pizarro.
La municipalité est chargée de la police urbaine, de l'ornement et de la salubrité de la ville; l'alcalde est le chef de tous les spectacles publics.
En dehors des attributions dont nous venons de parler, la M un 1cipalité doit tenir les registres de l'état-civil, où l'on inscrit toutes les naissances, les mariages et les décès qui ont lieu dans le district municipal.
L'Administration des Postes fut établie à Lima en 1772, et comme elle a reçu dans son organisation matérielle et économique des aîné-
liorations importantes, le service se fait aujourd'hui avec assez de régularité.
La Cour des Comptes fut créée en 1607, sous le nom de Comptabilité générale des Valeurs; ses attributions se réduisent à examiner et juger les comptes que doivent présenter chaque année tous les administrateurs des revenus publics.
L'Hôtel des Monnaies fut fondé en 1565 ; les machines qui s'y trouvent aujourd'hui sont des meilleures.
La Trésorerie générale fut créée le même jour que se fonda la capitale. Cette administration reçoit le montant de tous les revenus de l'État, dont le recouvrement doit se faire dans la capitale, et paye les sommes dont le chef de l'État décrète le payement par l'intermédiaire du ministre des finances.
La Direction générale des Finances doit tenir le compte général des recettes et dépenses de toute la République.
La Direction générale du Crédit public fut fondée en 1826, sous le nom de Caisse de Consolidation. En 1855, on la réorganisa en lui donnant la charge de réunir toutes les recettes destinées à l'amortissement de la dette publique et au payement de ses intérêts; elle tient les comptes de l'exportation et de la vente du guano, et intervient, en un mot, dans toutes les opérations qui ont trait à la dette nationale intérieure et extérieure.
La justice s'administre, au Pérou, par des tribunaux ordinaires et privatifs; les premiers sont :
Les Justices de Paix, créées par le règlement provisoire des Tribunaux, donné le 10 avril 1822, substituant les juges de paix aux corrégidors. Leur juridiction s'étend seulement aux districts, et ils connaissent des affaires civiles et criminelles de peu d'importance.
Les Justices de première instance, créées par le même règlement à la place des anciens offices d'alcaldes, exercent leur juridiction sur une province et connaissent en première instance de toute sorte de procès.
Les Cours supérieures, créées par la Constitution politique de 1822.
La cour de Lima, organisée sous le nom de haute chambre de Justice, en 1821, remplaça l'audience Royale créée par le décret
Charpenii ■
leSeine^Pani
JOSEPH DAV1LA CONDEMAR1W
i; Directeur général des Postes
royal de 1543, qui disposa que le tribunal qui existait à Panama sous ce nom fût transféré à Lima. Les cours supérieures connaissent par degré de tous les actes qui sont de la compétence des juges de première instance du district où elles siègent.
La Cour suprême fut créée en vertu d'un article de la constitution dont nous avons parlé plus haut. Elle connaît des sentences et des décisions des cours supérieures.
Les tribunaux privatifs ecclésiastique, cks eaux, des mines, du commerce et des finances, connaissent en première instance des faits qu'indiquent leurs dénominations.
Maison de Détention. — Carceletas. Cette prison occupe l'ancien édifice où la Sainte-Inquisition martyrisait, pour la plus grande gloire de Dieu, les possédés du démon et /es sorciers. Aussi sa construction est-elle d'une sévérité appropriée à sa première destination.
Aujourd'hui elle sert à la détention des accusés de délits de toute espèce ; c'est une prison qui exige qu'on la remplace par une autre plus en rapport avec l'état de civilisation du Pérou .
Prison de Police. — C'est le lieu où l'Intendance de Police a ses bureaux ; il y existe des dépôts ou salles de détention où sont envoyés les individus arrêtés pour vagabondage, ivresse, scandale, et en général tous ceux qui enfreignent les lois de police ou offensent la morale publique. Les individus qui, arrêtés par la police, doivent être mis en jugement, sont transférés aux Carceletas et mis dès ce moment à la disposition du juge compétent.
Penitenciaria (Pénitencier). — La pierre fondamentale de cet édifice, qui, sans aucun doute, est dans son genre l'un des meilleurs de l'Amérique du Sud, fut posée le 31 janvier 1856, par le grand-maréchal Raimon Castilla, président de la République.
L'architecte-directeur des travaux, M. A. Mimey, a suivi pour sa construction les modèles des prisons les plus célèbres des États- Unis.
Le frontispice et le premier étage sont en pierre de granit.
La prison a trois cent douze cellules pour les détenus; deux
grands couloirs souterrains par lesquels le chef du pénitencier peut se rendre au centre de n'importe quelle division sans qu'on soupçonne sa présence ; un bureau d'administration avec des dé-
Viie extérieure île la Penitenciaria (du Pénitencier).
pendances diverses; des ateliers pour faire travailler les prisonniers, une chapelle, un réfectoire, des cuisines, etc.
La population moyenne du pénitencier est environ de 220 individus.
Etablissements d'Instruction publique. — L' Université royale et pontificale de San Marcos a été fondée par décret royal de 1551. Ce fut le premier corps littéraire qui s'organisa dans le nouveau monde, grâce aux efforts des religieux dominicains qui le soutinrent dans son origine.
L'édifice fut construit en 1576 ; on y trouve la salle où ont lieu les séances de la Chambre des députés, et qui est l'ancienne chapelle de l'école ; le secrétariat et les archives du congrès ; une salle où se réunit la société de Médecine ; il reste pour les actes universitaires une autre salle générale qui sert à la réunion du Collège des Avocats. Il y a dans cette salle 92 sièges bas et 73 plus élevés, et deux galeries, l'une pour les chanoines, l'autre pour les dames ; son architecture, quoique ancienne, est belle et solide; la partie supérieure de ses murs est totalement couverte des portraits des anciens professeurs et