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recteurs, parmi lesquels on compte quelques personnes d'un mérite littéraire distingué.
Il y a quelques années déjà qu'il n'y a plus aucune espèce de leçons à l'Université, et que le titre de professeur est purement honorifique.
Aujourd'hui, et en conséquence du dernier règlement d'instruction publique, elle ne dispose plus de la faculté exclusive de conférer les grades qui peuvent s'obtenir dans les écoles de médecine et de droit.
Au temps de sa splendeur, l'Université compta, parmi ses membres, des hommes éminents dans les lettres et dans les sciences, et les épreuves que devaient subir les aspirants au grade de docteur étaient très-rigoureuses. Les recteurs étaient aussi très-scrupuleux sur les qualités personnelles des candidats : sans une naissance illustre et une conduite irréprochable, nul ne pouvait aspirer à siéger dans ce temple. L'avant-dernier Protomédico (I) du Pérou, le docteur D. José Manuel Valdès, apparut à son époque comme un médecin de science profonde et comme un poëte mystique ; son mérite scientifique ne lui suffit pas, cependant, pour que l'Université le reçût dans son sein. Il fut forcé de recourir à Madrid et de solliciter du roi la permission qu'on lui refusait au Pérou, parce qu'il était homme de couleur, et le roi, après une enquête sérieuse, accorda la permission demandée. Le docteur Valdès fut donc le premier homme de couleur gradué à Lima; un peu plus tard cet honneur fut obtenu par des hommes d'une couleur plus prononcée et d'un talent moins éminent.
Faculté de Médecine de F Université de Lima. L'ancien Protomédicat (conseil d'examen), qui a éprouvé diverses modifications depuis l'année 1570, date de sa fondation, a été converti, par décret suprême du 9 septembre 1856, en faculté de médecine, présidée par un doyen et par les professeurs de l'école.
Les attributions de la faculté consistent à diriger l'école de médecine , à hâter la marche et le progrès des sciences médicales , à
(1) Protomédico , président du conseil d'examen, exerçant sur le corps médirai certaines facultés juridictionnelles.
examiner les étudiants qui, ayant terminé leurs cours, aspirent au titre de médecins, de chirurgiens, de pharmaciens, de dentistes et de phlébotomistes, de leur délivrer leurs diplômes respectifs et d'examiner les médecins étrangers.
Le dernier président du conseil d'examen et premier doyen de la faculté fut I'éminent citoyen D. D. Cayetano Heredia. Jamais aucun homme ne s'adonna avec plus d'abnégation au culte de sa profession. Enfant de l'école de médecine, il y consacra toute sa vie et sa modique fortune, pour que cette science parvînt à la hauteur qu'exigeait le degré de civilisation du Pérou. Avant que le docteur Heredia eût pris en main la direction du collège médical, on étudiait la médecine d'une façon trop superficielle; il modifia les règlements des études, y introduisit les diverses branches des sciences naturelles, telles que la chimie et les autres sciences accessoires, indispensables dans l'art de guérir; il forma un riche cabinet d'objets d'histoire naturelle et d'instruments de physique', il établit des cours de clinique médicale et chirurgicale, et, en un mot, il donna la vie à la science en la faisant entrer dans une voie de progrès réel et assuré.
Nous ne raconterons pas dans tous leurs détails les services que le docteur Heredia a rendus à sa patrie. Chacun des étudiants était pour lui l'objet de la plus tendre sollicitude. La capacité intellectuelle d'un jeune homme suffisait pour lui obtenir l'amitié et l'appui de ce savant. Ainsi il maintenait gratuitement quelques élèves au collège, et payait de ses deniers personnels le séjour de quelques autres en Europe. La médecine au Pérou doit beaucoup au docteur Heredia, et un grand nombre de médecins d'aujourd'hui lui doivent tout.
Il est juste de dire que le docteur Heredia rencontra de la part de quelques professeurs, ses collègues, une coopération efficace, et il est nécessaire de mentionner dans ce nombre, I'éminent professeur D. D. Manuel Solari, un des plus illustres et des plus savants médecins étrangers qu'ait possédés le Pérou.
La mort du docteur Heredia fut un événement qui porta le deuil dans la république entière, et les étudiants en médecine, ainsi
que les médecins pour lesquels il avait été au collège un père, un maître et un recteur, donnèrent à ce triste moment des preuves de leur affection et de leur reconnaissance. Spectacle que l'on vit pour la première fois à Lima, le corps du docteur Heredia fut porté sur les épaules des étudiants, depuis la maison mortuaire jusqu'à l'église, et de là au cimetière général, où l'accompagna une foule immense. Quand il arriva au dernier séjour d'ici-bas, des discours pathétiques furent prononcés, et l'on vit couler, non ces larmes qu'arrache à tout homme la vue de la tombe, mais bien celles que verse le cœur oppressé par une douleur sincère et profonde.
Le souvenir donné au docteur Heredia dans cet ouvrage est, lui aussi, une dernière larme échappée du cœur d'un de ses enfants.
École de Médecine. Elle a été fondée par le vice-roi Abascal, sous le nom de collège de Sun Fernando, en 1810; on l'appela ensuite collège de la Inctependencia, et lors de l'organisation de la Faculté de
Vue de la façade de l'Ecole de médecine.
médecine elle reçut le nom d'école; elle est régie par le doyen, et les membres de la faculté sont les professeurs des diverses branches qui se rattachent à l'instruction médicale.
Les chaires de la Faculté ne doivent être données qu'au concours, et les épreuves de capacité que doivent subir les concurrents sont : la composition écrite, la composition orale, et l'argumentation orale; les juges du concours doivent ensuite aller aux voix
pour décider quel est celui des concurrents qui mérite la
chaire.
Illustre collège des Avocats. 11 a été fondé en 1808. Ses principales attributions consistent à examiner les aspirants au titre d'avocats. Un des membres qui préside la corporation est le directeur des conférences pratiques de jurisprudence.
Collège de San Carlos [Saint-Charles). Ce collège, situé dans le local où fut autrefois le noviciat des Jésuites, a été fondé en 1770; on y a réuni les collèges de Saint-Martin et de Saint-Philippe.
Le collège de Saint-Charles comprend les facultés de philosophie et des lettres, de mathématiques et de sciences naturelles , et celle de jurisprudence.
Collégien de San Carlos (Sainl-Charles).
L'assemblée de chaque faculté se compose du recteur, des professeurs titulaires de la faculté et du secrétaire.
Les éludes philosophiques etlittéraires se divisent en cinq années.
Collège de Nuestra Senora de Guadalupe. Cet établissement a été fondé le 7 février 1 841 , dans le local occupé par l'ancien entrepôt des
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tabacs, situé rue de la Chacarilla, et destiné à l'instruction primaire et secondaire; en 1848, on comprit dans le plan des études quelques branches de la jurisprudence. En 1855, le gouvernement prit le collège à sa charge, le déclara national et lui assigna des revenus. 11 a été dès lors affecté à l'instruction secondaire et préparatoire.
Séminaire conciliaire de Santo Toribio. Cet établissement a été fondé en 1591 par l'archevêque Saint Toribio. 11 occupait depuis sa fondation un local situé dans la rue du même nom.
Dans le courant de l'année 1859, il a été transféré dans une partie du couvent de San Francisco , et sa porte principale donne sur la rue del Milagro. Le nouvel édifice, commode, propre et
Costume de séminariste.
vaste , exigea, pour sa construction, la somme de 60,000 piastres, fruit des économies du défunt archevêque LunaPizarro, et qu'il avait réunie au prix de grands sacrifices.
Cette maison est destinée à l'instruction des jeunes gens qui se préparent à la carrière ecclésiastique.
Institut naval militaire. L'école navale, ou collège de marine, a été
établie en 1 794 par le vice-roi Gil de Lemus ; l'école a quitté plusieurs fois le local où elle se trouvait et a subi un grand nombre de changements dans son organisation , jusqu'à ce qu'elle fût rétablie sous le nom qu'elle porte aujourd'hui.
École normale centrale. Dans le but de rendre l'instruction primaire uniforme , d'après les systèmes adoptés récemment , le gouvernement ordonna qu'on amenât d'Europe un directeur et des professeurs pour l'école normale centrale qui devait s'établir à Lima. On destina à cette école l'ancien édifice de la douane et on dépensa la somme de 121,700 piastres pour l'approprier à cet objet. Elle a été ouverte le 1er juin 1859.
École des Arts et Métiers. Un des premiers décrets rendus par le général D. José de San Martin, qui, bien qu'occupé à faire la guerre contre les Espagnols, ne perdait pas de vue l'organisation
Vue de la grille de la eour de l'École des Arts.
politique du Pérou, disposa que dans toutes les capitales de département il serait établi des écoles des Arts et métiers.
Cette même disposition, répétée dans plusieurs décrets suprêmes, devint à la fin l'objet d'une loi.
Sous l'administration du grand Maréchal Castilla , on engagea
Vue extérieure de la cour île l'École des Arts.
comme directeur de cet important établissement M. Jarrier, qui avait fondé et dirigé pendant longtemps une école du même genre dans la capitale du Chili.
Vue intérieure de l'École des Ans.
On destina à cette école l'ancien édifice du collège Royal qui servait de caserne, et grâce à l'intelligence du directeur et aux grandes ré-
parations faites à ces bâtiments, Lima peut s'enorgueillir de posséder un établissement qui fait honneur à ses progrès.
L'école possède toutes les machines et les outils nécessaires à l'enseignement des diverses branches de son programme ; et, même avant d'ouvrir les cours, on travailla pour le gouvernement à certains ouvrages de fonte qui n'avaient jamais été faits à Lima.
L'école fut inaugurée solennellement l'année dernière, 1865. Outre ces écoles nationales, il y a encore celles de Santa Teresa et d Obstétrique, dont nous parlerons en traitant des établissements de bienfaisance.
Bibliothèque publique. Ce fut le premier établissement que le gouvernement de l'Indépendance ordonna de fonder, par les décrets suprêmes d'août 1821 et février 1822.
La bibliothèque compte actuellement trois salles, l'une de lecture et les deux autres entourées de rayons renfermant trente mille volumes, qui traitent de toutes sortes de matières. Il y a aussi une petite salle appelée salle de dépôt.
Dans la classe des imprimés, on trouve plusieurs livres très-importants; d'autres sont surtout remarquables à cause de leur antiquité; quant aux manuscrits, la bibliothèque en possède quelques-uns assez curieux.
Musée public. Le musée national d'antiquités et d'objets d'histoire naturelle a été fondé par un décret suprême de 1826. Après avoir occupé différents locaux, il se trouve aujourd'hui dans les salles voisines de celles de la bibliothèque. Dans un pays aussi riche que le Pérou, où la nature est si féconde, on ne peut que s'étonner de la pauvreté de cet établissement qui ne donne qu'une bien pauvre idée de la protection que le gouvernement lui accorde.
On y trouve 5,330 spécimens de minéralogie, de zoologie, d'antiquités péruviennes et étrangères, de curiosités et d'objets d'art, dont un très -petit nombre ont une véritable valeur. Les choses de science sont dans un état de confusion et de désordre complet, et placées sans aucune classification.
Musée et bibliothèque d'Artillerie. Situé dans une des salles de la cour de la caserne de cette arme, il a été fondé en 1854 par le gé-
néral D. Emmanuel de Mendiburu, et on l'entretient avec un soin et une vigilance toute particulière.
On y trouve près de deux cents objets, parmi lesquels il y a des armes de toutes les époques et de fabrications diverses; quelquesunes sont précieuses parleur antiquité ou par le fini de leur travail.
La bibliothèque possède environ quinze cents volumes.
Société de Médecine. Organisée en septembre 186i, elle se compose de plusieurs médecins, associés dans le but de favoriser les progrès de la science. Elle tient ses séances dans une des salles de l'Université; comme organe officiel de la Société, il se publie un journal appelé Gazette Médicale.
La Société élit chaque année pour la direction de ses travaux un président, deux vice-présidents, un trésorier et un secrétaire.
Cosmographiato. Il fut érigé pour l'étude de la cosmographie qui devait précéder celle du pilotage. Aujourd'hui le Cosmographiato existe seulement de nom. Le premier cosmographe du Pérou n'exerce d'autres attributions que celle de publier le calendrier et le Guide politique du Pérou.
Collèges et Écoles de particuliers. Il existe à Lima trente-deux écoles pour les garçons; quinze pour les demoiselles, et vingt-trois écoles mixtes. Elles sont fréquentées par quatre mille sept cent seize enfants.
Etablissements de bienfaisance. — Société de bienfaisance. La première société de bienfaisance , chargée de conserver et d'avoir soin des établissements que la charité publique avait érigés pour venir au secours des malades et des malheureux, fut créée et organisée en 1825; après avoir subi ensuite une foule de changements quant à son organisation et au nombre de ses membres, elle se réglementa en 1848 sur les bases qui existent aujourd'hui.
Avec les personnes qui exercent certaines charges , et élues à la fin de chaque année, avec les majordomes et les inspecteurs des établissements de bienfaisance, on a formé un comité permanent. Ces majordomes ou inspecteurs sont des membres de la société, auxquels on confie le soin direct de l'un des établissements.
Hôpital de San Andrés. Il fut fondé en 1557 par le vice-roi D. An-
dré Hurtado de Mendoza, grâce aux instances de D. François de Molina, qui, depuis 1552, secourait plusieurs pauvres malades dans une maison qu'il avait louée à cet effet.
Aujourd'hui cet hôpital est destiné aux hommes; il a douze salles et peut contenir jusqu'à six cents malades. 11 est maintenu dans un parfait état de propreté, et est confié aux soins immédiats de dix-sept sœurs de Charité. Le chiffre moyen des malades est d'environ trois cents.
Santa Afin. Hôpital pour les femmes, fondé en 1549 par l'archevêque Loaiza. Il est confié à treize sœurs de Charité et renferme douze salles. Il peut contenir jusqu'à quatre cents malades, dont la moyenne, par jour, est de deux cent cinquante à peu près.
Refiigio (Le Refuge). — Quoique les deux hôpitaux d'incurables ne soient pas sous la surveillance de l'administration de Bienfaisance, cette dernière nomme un inspecteur pour ces établissements, parce qu'elle paye les secours donnés aux varioleux qui vont s'y faire soigner.
L'hôpital des hommes incurables a été fondé en 1669 par D. Diego Cueto, qui le plaça sous la surveillance des PP. Bethléémites dès qu'ils arrivèrent dans la capitale. Celui des femmes, qui touche au précédent, fut fondé en 1804 par le vice-roi Aviles. Dans ces hôpitaux se déversèrent, en 1822, les malades de celui des lépreux, qui était situé près de l'église paroissiale de San Lâzaro.
L'hôpital des hommes a deux salles et peut contenir jusqu'à soixante malades. Celui des femmes a aussi deux salles et contient le même nombre de malades. Le chiffre moyen est, par jour, de cent dix malades pour les deux maisons.
San Bartolomé. Cet hôpital n'est pas à la charge de l'administration de Bienfaisance, il est destiné à secourir les soldats de l'armée nationale; il fut fondé en 1646 par le P. Vadillo pour y guérir les nègres malades. Il y a dix salles pour les soldats et une pour les officiers, où peuvent entrer jusqu'à trois cents personnes. Le service de l'hôpital est confié à sept soeurs de Charité.
La moyenne des malades varie suivant le nombre des forces militaires en garnison à Lima.
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Vue extérieure du Cimetière général
École d' Obstétrique et maison de la Maternité. Sa fondation a été ordonnée par décret suprême du 10, octobre 1826, et son établissement par un autre décret du 12 mai 1830. On y enseigne toutes les matières concernant l'art de l'accouchement. Il y a dans l'école une salle destinée aux femmes qui n'ont pas les moyens de se faire assister dans leurs couches.
Maison des Orphelins à la mamelle. Elle a été fondée en 1597 par D. Luiz de Oxeda, surnommé el Pecador (le Pécheur). Il y a quatre salles : l'une est destinée aux enfants à la mamelle, une autre sert d'infirmerie à ceux qui ont plus de sept ans , la troisième est le dortoir des petites filles de moins de deux ans, et la quatrième sert d'infirmerie aux petits enfants de moins de deux ans.
L'établissement est parfaitement organisé. A l'honneur de Lima, on doit dire que le nombre des enfants exposés est des plus réduits chaque année , en proportion du chiffre de la population , et que très-peu de ces pauvres petits appartiennent à la race blanche.
Hospice pour les Veuves pauvres de commerçants. Cet asile fut fondé par D. Juan Ruiz Dâvila. L'administration de Bienfaisance commença à exercer en 1848 son patronage sur cet hospice, et a continuellement travaillé à augmenter le nombre des chambres qui se donnent par la voie du sort aux personnes qui se présentent avec les conditions exigées dans l'acte de fondation.
Dans la maison on a établi une école pour apprendre à lire, et une autre pour la couture, destinées aux filles des femmes qui s'y trouvent, ainsi qu'à celles des commerçants réduits à la misère.
Hospice de Jésus Nqzâreno, Il a été fondé parle D. D. Lorenzo Soria, qui, à sa mort, en confia le patronage à l'administration de Bienfaisance.
Asile-Eeqle de Sauta Terësà. D. .Mateo Pastor et son épouse ont fondé, en 1369, sous le nom de Colegio de Santa CruzdeAtocha, cet établissement d'éducation et d'instruction pour les jeunes filles orphelines exposées. La maison est confiée aux soins de six sœurs de Charité.
Hospice des Aliénés. Parmi les nombreux travaux que la Société de bienfaisance a entrepris depuis quelques années, il n'y en a pas
de plus important ni dicté par un sentiment plus louable que la construction de l'hospice pour les aliénés des deux sexes.
L'édifice a tout l'aménagement nécessaire, des bains, des lingeries, des jardins, etc.; à la tête sont placées trois sm/rs de Charité.
Cimetière général. Situé à quelques pas de la porte de Maravillas, il a été construit en 1807, et inauguré solennellement en juin 1808, M. Abascal étant vice-roi. La direction de l'ouvrage fut confiée au
Vue de.la façade rie la chapelle du cimetière général.
prêtre D. Matias Maestro, homme d'une vertu exemplaire et ayant des connaissances très-étendues. La Société de bienfaisance a élevé un modeste mausolée à sa mémoire.
Le cimetière général est un des plus beaux établissements de la capitale ; tout y est remarquable à l'intérieur et à l'extérieur. La Société de bienfaisance y a fait faire d'utiles réparations. Dans tous les quartiers dont l'intérieur est composé, on a tracé de jolis jardins, entretenus constamment avec le plus grand soin. Des pierres tumulaires luxueuses et de somptueux monuments en marbre, renferment les restes de ceux qui ont joui sur cette terre des biens de la fortune , ou qui ont occupé des postes élevés dans la République, tels que les généraux Lamar, Gamarra , Salaverry, Necochea, etc.
L'autel qui occupe le centre de la chapelle est un superbe morceau de marbre travaillé de main de maître.
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11 existe à Lima quelques autres institutions de bienfaisance créées par des particuliers. Les principales sont : la -Société des fondateurs de F Inde [tendance, dont le but est de secourir ses membres malades ou malheureux, et de faire pour eux, après leur mort, tout ce qu'on doit à la mémoire d'un frère, |en conservant leurs restes dans des tombeaux à perpétuité et en publiant les faits les plus remarquables de leur vie militaire.
Cette société a tenu sa première assemblée le 28 septembre 1857. Les vainqueurs de Junin, d'Ayacucho, du second siège du Callao, les vétérans de l'Indépendance, les aumôniers et les chirurgiens qui ont servi dans les armées de la patrie , sont membres nés de cette société; les fils des fondateurs et des vétérans en sont les membres actifs; enfin les enfants des deux sexes des membres nés en sont les membres honoraires.
La Société typographique de secours mutuels a été fondée le 5 avril 1855; son but est de venir en aide à ceux de ses membres qui sont malades et malheureux, et de couvrir les frais de leurs funérailles en cas de mort. Tous les ouvriers imprimeurs qui se font inscrire et payent une cotisation mensuelle en sont sociétaires.
La Congrégation des Servantes des pauvres a été établie le 6 juillet 1856, dans le but de subvenir aux besoins les plus pressants d'alimentation, d'habillement et de traitement des personnes vraiment indigentes. Les dames de la plus haute société de Lima appartiennent à cette association. Les sœurs actives sont obligées de prêter leurs. services personnels, et de remplir les charges qui leur sont confiées.
La Société espagnole de Bienfaisance a été établie grâce aux efforts de l'espagnol D. Francisco J. Moreno, et s'est réunie pour la première fois le 8 février 1857. Son but est de secourir les Espagnols pauvres et malades, de procurer du travail à ceux qui se trouvent sans ressources, ou de leur fournir les moyens de retourner dans leur pays. Elle i*efuse néanmoins tout appui aux vagabonds ou à ceux qui ont une mauvaise conduite, et aux condamnés pour crimes.
La Société française de Bienfaisance , fondée à peu près dans le même but que la précédente, a été organisée à Lima par plusieurs
Français , présidés par M. Edmond de Lesseps , consul-général et chargé d'affaires de France.
Dépendances militaires. — Outre les inspections, les états-majors de place et les commandements militaires, il existe à Lima deux établissements militaires qui méritent une mention spéciale : la caserne et le fort de Santa Catalina, et la fabrique de poudre.
Le Fort de Santa Catalina , où se trouvent le commandement général de l'artillerie, le musée militaire, le parc et les ateliers, fut construit en 1800, sous la direction du sous-inspecteur de l'artillerie espagnole D. Joaquin de la Pezuela.
L'édifice contient les magasins et les bureaux militaires, des salles d'armes, des dépôts de munitions, des logements pour les officiers et des casernes pour les soldats.
La Fabrique de poudre fut construite dans les premières années de ce siècle, avec les fonds de deux commerçants qui commencèrent à fabriquer de la poudre en 1807, et en approvisionnèrent presque toute l'Amérique du Sud et même l'Espagne. En 1826, le gouvernement prit l'établissement à sa charge, et le plaça sous la dépendance du corps de l'artillerie.
Les machines qui existent aujourd'hui dans l'établissement furent apportées d'Europe en 1856, et leur valeur est de 90,000 piastres. Pour le placement des machines, on a fait à l'édifice des réparations qui s'élèvent à la somme de 1 30,000 piastres.