‹ LimaChapitre 18 sur 75 · TT · texte numérisé non relu

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Vue du port de Callao, derrière la forteresse.

Le port principal du Pérou, le plus rapproché de Lima, et par lequel l'importation se produit naturellement sur la plus grande échelle, est celui du Callao.

Cette baie si jolie, où l'on ne ressent jamais les bourrasques qui visitent les autres ports du Pacifique, offre aux navires de toute espèce la sécurité la plus complète. Il est certain que le môle de débarquement des marchandises n'a pas toutes les commodités désirables; mais, comme nous l'avons entendu dire, le gouvernement a déjà passé un contrat pour la construction d'un môle où pourront aborder les grands navires.

L'édifice qui sert aujourd'hui de douane au Gallao est l'ancien château fort de l'Indépendance qui, dépouillé presque entièrement de ses batteries, a déjà subi des réparations partielles exécutées toutes en vue de sa destination actuelle.

Comme les produits du Pérou, qui consistaient autrefois en barres d'argent, sans compter la grande quantité de cuirs, de laines, de salpêtre, de quinquina et de minéraux divers exportés, ne suffisent pas

Vue de la fayade extérieure de la douane du Callao.

à l'échange, la majeure partie des chargements de retour se fait aujourd'hui avec le guano, dont il existe des dépôts immenses sur toute l'étendue de la côte du Pérou, et spécialement aux îles de Chincha.

Les sommes fabuleuses que ces îles, les seules exploitées jusqu'à présent, ont rapportées sont telles que, depuis 1844, ce sont presque les seuls revenus avec lesquels le Pérou a fait face à toutes ses dépenses.

Vue des lies guanières de Chineha.

La main-d'œuvre est Irop chère à Lima, et c'est une des principales causes qui ont nui, dans cette capitale, au développement de l'industrie manufacturière. Des essais , tentés par des spéculateurs hardis, sont venus démontrer par leurs résultats déplorables, qu'il était impossible que certains produits fabriqués dans le pays pussent soutenir avantageusement la concurrence avec ceux du même genre importés de l'étranger. Une fabrique de cristaux, une autre de tissus de soie, une troisième de tissus de fil, ont pu à grand'peine continuer à travailler pendant un certain temps. La Providence cependant a doté les Péruviens d'une grande habileté pour les arts, et cette vérité est démontrée par des œuvres remarquables de sculpture, de peinture, par des tissus travaillés même dans la montagne, où le génie se dévoile en même temps que le manque d'instruction et d'école.

Les tailleurs, les cordonniers, les charpentiers et d'autres ouvriers de Lima, travaillent avec autant de perfection et de goût que ceux d'Europe, bien qu'ils ne puissent exercer leur industrie sur une grande échelle, parce qu'il leur est presque impossible d'abaisser leurs prix au niveau de ceux des articles semblables, manufacturés à l'étranger.

Au nombre des industries modernes qui ont atteint le plus de perfection à Lima, on doit compter la photographie. Sans crainte de se tromper, on peut dire qu'on obtient là-bas des épreuves aussi

parfaites que dans le pays le plus avancé. Cette perfection a pour puissants auxiliaires le ciel toujours pur et le soleil resplendissant dont jouissent les contrées tropicales. Les gravures et les lithographies qui ornent cet ouvrage, sont copiées sur des épreuves photographiques, obtenues dans les ateliers des intelligents artistes Maunoury et Courret frères.

L'imprimerie est encore une des industries qui ont fait le plus de progrès depuis vingt ans. Pendant longtemps, l'imprimerie de D. José Masias, établie en 1817, fut la meilleure de tout le Pérou; mais depuis 1839 l' imprimerie du Comereio lui fit concurrence parce qu'elle était mieux organisée. En"1852 on établit celle du Heraklo, où le travail s'inspira du goût moderne le plus pur. En 1860 s'éleva enfin celle du Mercurio, qui est certainement au-

Vue de la cour de l'imprimerie du Mercurio.

jourd'hui, par la richesse et l'abondance de son matériel et par la disposition de ses bureaux et de ses ateliers, la meilleure de toute l'Amérique du Sud.

Le local qu'occupe l'imprimerie est vaste et divisé en trois parties : la première se compose des bureaux de rédaction, d'ad-

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Vue extérieure de l'Imprimerie duMercuru

MMA.

Vue du cabinet du directeur.

ministration, etc. ; la seconde comprend un grand salon, et à l'étage supérieur une très-belle galerie; c'est là, ainsi qu'au rez-de-chaussée, que sont placées les casses des compositeurs, qui peuvent y tra-

Atelier dos com'posîleurs.

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