VÊTEMENTS NATIONAUX
Le vêtement national de la saya y manto (1), dont on s'est tant servi à une autre époque pour faire des visites et aller à la promenade, n'est plus qu'un souvenir historique; et, soit que nous
Liménienne en saya et manto.
ayons mauvais goût ou que nous n'ayons pu découvrir les beautés de la saya, nous ne regrettons pas sa complète disparition. Si, grâce
(I) La.saya était une jupe à plis serrés qu'on mettait par dessus la robe. Le manto était un petit capuchon qui descendait jusqu'à la ceinture, mi il était attaché.
à elle, le pied d'une femme ne pouvait échapper au regard le moins curieux, il n'en est pas moins vrai que, par sa forme étroite, ce vêtement dessinait de telle sorte les contours du corps qu'il recouvrait, qu'il lui ôtait toute sa désinvolture et son élégance. Nos dames ont bien compris toute l'incommodité de la saya à plis étroits, quand en sautant un ruisseau il fallait qu'elles missent dans l'eau la pointe de leur joli soulier de satin blanc; et elles eussent été bien embarrassées, s'il leur eût fallu courir pour se délivrer d'un danger. La saya eut donc à subir une modification qu'exigeaient la décence et la commodité : elle fut réduite à une espèce de jupe plissée sur une longueur de (rois ou quatre centimètres à partir de la ceinture. La mode, qui affiche quelquefois trop d'extravagance, fit que la saya, pour être élégante et digne de briller dans les endroits où il y avait foule, ne présenta plus que des effilures et des loques, tout le luxe consistant dans la richesse et le prix des écharpes et dans la beauté et l'élégance du soulier de satin (généralement blanc ou noir) et du bas de soi".
Femme voilée allant à la messe.
La saya était un vêtement pour faire les visites pendant la journée, aller à l'église, à la promenade et assister aux processions. Le<s
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