Concordia 22 février 1872, p, 64 ; 25 avril 1872, p
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La disposition qui se heurtait le plus à lobstination patronale était celle qui limitait à 10 heures de travail des jeunes ouvriers de 14 à 16 ans. Les patrons ne pouvaient se résoudre à appliquer cette disposition qui les eut obligés dans certains cas à limiter à 10 heures le travail des adultes. Sur ce point la résistance était générale. Réunions patronales, pétitions, tout fut mis en œuvre pour amener une modification de la loi.
Beaucoup d’industriels demandaient aussi l’extension de la législation ouvrière à l’industrie domestique et aux ateliers. Les chambres de commerce de Plauen (1) et de Chemnitz (2) firent des propositions en ce sens au ministre saxon. On invoquait l’exemple récent de l'Angleterre ses lois de 1867 et de 1871. On craignait avec raison que l'interdiction ou la limitation de la durée du travail dans les fabriques ne refoulât les jeunes enfants dans l’industrie à domicile où le travail était plus long, plus fatiguant, souvent plus démoralisant.
Une réforme était donc nécessaire. L’inexécution de la loi provoquait uve irrilation d’autant plus grande que l’industrie se trouvait alors dans une période de grande prospérité et que femmes et enfants étaient de plus en plus absorbés par les fabriques. Le monde universitaire joignit son effort à celui de la classe ouvrière et des par tis politiques. Le sercle pour la politique sociale (Verein . für social politik) s'était, dans sa première réunion d’Eisenach, prononcé énergiquement pour une plus large ex-
4. Commissionsbericht der chemnitzer Kammer, 30 mai 14872. 2. Commissionsbericht der Plauenschen Kammer, 23 septembre 1871. |
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tension de la loi et pour une inspection efficace. Le Reichstag donna l’impulsion dernière. Dans sa séance du 30 avril 1830 il pria le chancelier de l'empire d’ordonner une enquête dans le but de s'assurer si des mesures étaient nécessaires contre le travail excessif et le travail du dimanche des jeunes ouvriers et des femmes. Le 21 janvier 1874 le Conseil fédéral acceptait cette proposition et une enquête fut ordonnée.
$ ee L'enquête de 1874.
Comme les enquêtes antérieures et notamment celle de 1825 qui fut l’origine de la législation ouvrièreen Prusse l'enquête de 1874 fut purement administrative. L'Empire ne suivit pas l'exemple de l'Angleterre ; elle n’institua pas une de ces commissions parlementaires se déplaçant sur tous les points du pays, entendant elle-même les intéressés et recevant ainsi une impression vivante et décisive des conditions de la vie ouvrière. L'enquête de 1874 fut poursuivie parles fonctionnaires locaux qui envoyèrent une série de questions aux fabricants, ecclésiastiques, inspecteurs d'école, membres des chambres de commerce ou qui encore les invilaient à venir déposer devant eux. Les réponses devaient être centralisées et soumises au parlement.
Les ouvriers furent très rarement interrogés. En Prusse, à Aix-la-Chapelle, à Arnsberg, on s’en-excusait par le prétexte ridicule qu’on ne trouvait pas d'ouvriers
compétents. En: Bavière et en Wäürttemberg, on, ne;se donnait même pas la peine d’une excuse (1): L'enquête ‘portait, ainsi que l'avait ordonné le Reichstag,sur le travail des femmes et des enfants. Voici les résultats .généraux auxquels elle aboutit :
En ce qui concerne les femmes dont la législation ne s'était pas occupée encore, le besoin d’une réglementation se faisait de plus en. plus sentir. Le nombre des femmes travaillant dans les fabriques augmentait rapidement par suite des progrès techniques. Dans les 16 branches d'industrie soumises à l'enquête, 225.964 femmes étaient occupées, dont 119.313, soit 53 0/0, en Prusse; 41.171, soit 18 0/0 en Saxe ; 18.655, soit 8 0/0, en Bawière ; 15.829, soit 7 0/0, dans le grand duché de Bade ; 11.407, soit 9 0/0, dans le Wärttemberg ; etc., ete. Elles étaient surtout employées dans l’industrie textile qui en occupait 106.226, dans les manufactures de cigarres (34.361), dans les fabriques de papier et de carton (14.761), dans les fabriques de sucre (14.537). 10.000 travailldient dans les mines. Dans ces 16 branches d’industrie, on comptait 566.500 ouvriers adultes, ce qui faisait une proporlion de 72 0/0 d’hommes et 28 0/0 de femmes. Mais cette proportion variait considérablement dans les diverses régions de l’Empire. Dans le grand duché de Bade, par exemple, le nombre des ouvrières était supérieur à celui des ouvriers; en Bavière et en Würitemberg, il y avait égalité (2).
1. Slüieda, Deutschlands socialstalistische Erhebungen (Jahrbuch. für Géstépabuns Verwaltung und ARE 1877; NF Bi L p. 208 et suivantes. | Fe