‹ Limitation Légale de la Durée du Travail en AllemagneChapitre 30 sur 88 · Stieda, op. cit, p · texte numérisé non relu

Stieda, op. cit, p

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Les femmes mariées n'étaient qu'une minorité ; elles atteignaient à peine un quart du chiffre total des ouvrières. 24 Q/0 étaient âgées de 16 à 18 ans, 42 0/0 de 18 à 25 ans et 34 0/0 de plus de 25 ans. Dans cette dernière Catégorie, plus de la moitié des ouvrières étaient mariées. |

Ces dérniers chiffres étaient particulièrement intéressants. C’est surtout au point de vue des intérêts de la famille qu’une fraction considérable de l'opinion demandait la limitation et mème l'interdiction du travail des femmes mariées. Or, l’enquête établissait qu'un quart seulement des ouvrières de fabriques avaient charge de famille, soit un peu plus de 50.000 pour les 16 branches d'industrie dont elle s’occupait. Le danger était donc encore assez limité et l’on ne se décida pas à une réforme.

Le travail des ouvrières était d’une durée moyenne de 10 à 11 heures. Il durait d'ordinaire de 6 ou 7 heures du matin à 6 où 7 heures du soir, interrompu par des pauses d’une durée totale de 1 heure 1/2 à 2 heures. Toutefois, dans quelques industries, la journée de travail se prolongeait bien davantage. Dans l’industrie textile, elle atteignait souvent 13-heures. Dans le district de Liegnitz, elle était parfois de 16 heures.

Quant aux salaires, ils variaient de 1 mark 80 par semaine (dans les fabriques de chocolat du district de Baulzen en Saxe), à 18 marks (dans quelques industries d’Aix-la-Ghapelle). La moyenne variait assez avec les régions: À Brême, elle était de 10 marks, dans d’autres parties de la, Prusse, de:3 marks 80 seulement par se-

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maine. La moyenne ‘ordinaire variait entre 5 à 8 mäàrks.

Le travail de nuit était justement employé dans les branches d’industrie où les femmes étaient en grand nombre. C’est ainsi qu’en Prusse, il avait été introduit dans l’industrie textile, les fabriques de sucre, de verre, de papier, etc. Il durait généralement de 10 à 12 heures, interrompu par des pauses d’une durée de 1 heure 1/2 à 2 heures.

Le travail du dimanche était encore plus général. Sans doute il n’était pas obligatoire. Mais les femmes étaient ou attirées par l’appât d’un plus haut salaire ou sous la menace d'un renvoi. La Saxe était à cette époque le seul Etat qui eût interdit le travail du dimanche dans les fabriques.

Certains industriels prenaient quelques mesures protectrices en faveur de leurs ouvrières. Souvent, on leur permettait de quitter le travail une demi-heure avant les hommes au moment du dîner pour vaquer à leurs occupations de ménage. Dans quelques fabriques, les femmes ne pouvaient reprendre le travail que quelques semaines après leurs couches et les industriels leur payaient pendant ce temps la moitié de leur salaire normal.

En ce qui concerne la santé des ouvrières de fabrique les dépositions n’étaient guère favorables. Le rapport sur la Prusse dit expressément : «1l y a très peu de districts « où le travail des fabriques n’ait pas exercé une in- « fluence nuisible sur la santé des ouvrières ». La poussière des ateliers et les déchets de fabrication, l’aspiration de gaz et de vapeurs toxiques développaient chez elle la chlorose, l’anémie et les maladies professionnel-

les (1). Les déposants cherchaient à atténuer l'impression produite en mettant en relief les dangers plus graves encore de l’industrie à domicile, le manque d’air et de ventilation des petits ateliers. La condition des ouvrières de fabrique n’en était pas moins dangereuse el pour elles-mêmes et pour la race. À Augsburg de 1871 à 1873 les décès de nourrissons étaient de 65 0/0 dans la population des fabriques, ils n'étaient dans le reste de la population que de 43 8/0, A cette même époque 66 0/0 de la population ouvrière était impropre au service militaire, tandis que dans le reste de la population 45 0/0 seulement de jeunes gens étaient mis en réforme (2).

Quant à la moralité elle laissait grandement à désirer, C’est surtout en Bavière et en Wärtiemberg que s’élevaient les plaintes à cet égard.

Les industriels ne se montraient guère disposés à étendre aux femmes la protection de la loi. 3 solutionsétaient possibles : 1° interdiction pour les femmes du travail de fabriques, 2° limitation de ce travail, ou enfin 3° mesures et précautions pour préserver la santé des ouvrières. Ces diverses solutions furent en général repoussées.

C'est contre la première naturellement que les objections les plus nombreuses et les plus vives s’accumulèrent. Elles pouvaient se ramener à deux. On invoquait d’abord l'intérêt de la production nationale. Certaines industries s’adressaient de préférence aux femmes particulièrement aptes à quelques travaux exigeant plus d’habileté et de savoir faire. C'était surtout le cas dans l’in-

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