NT
tient compte des conditions particulières des diverses entreprises ct des diverses branches d'industrie on peut conclure que la tendance des patrons à imposer de longues Journées de travail est l'indice d’une technique ALFIÉTÉE-. 00 É
Le rapport des inspecteurs de l’Alsace-Lorraine pour
l'année 1896 cite le cas suivant :
« Dans la grande fabrique Dollfus à Mulhouse on a in-: troduit le 1% mars 1896 la’ journée de 10 heures. Dans les travaux où l’ouvrier joue le principal rôle il n’y a pas eu de diminution de production. Là où la production dépend uniquement de la marche des machine nous ne nous sommes pas encore formés une opinion définitive ».
Les mêmes inspecteurs (Alsace-Lorraine) écrivent
dans leur rapport pour l’année 1897 :
« Dans les milieux industriels on a de plus en plus conscience que la réduction de la journée de travail dans de certaines limites ne lèse nullement les intérêts des industriels ».
L'inspecteur de Neusalz écrit dans son rapport pour
« Dans une filature occupant 180 femmes et 100 hommes les ouvriers travaillaient 12 heures. Lors de l’introduction de la journée de 11 heures on a augmenté de 1/12 la vitesse de rotation des machines, de sorte que la production et les salaires n’ont pas varié. Il résulte de ce fait la preuve certaine que le travail employé au service d’une machine est susceptible d’une
plus grande intensité. On peut se demander aujour-
« d'hui si le maximum d'intensité du travail féminin à « étéobtenu par l'application de la journée de 11 heures « ou si au contraire on pourrait arriver par la voie légis- « tive à une diminution plus considérable de la durée « du travail des ouvrières dans les établissements qui « emploient des moteurs mécaniques.
L'inspecteur de Gladbach rapporte pour la même année 1894 :
« Dans une fabrique de tissage une bonne ouvrière « gagnait pour 10 jours de travail 21 marks 09 avant « l'introduction de la journée de 11 heures ; elle gagnait « 21 marks 53 après son introduction. Une ouvrière: moins habile gagnait 18 marks 20 avant l'introduction, « 19 marks 70 après. La meilleure bobineuse gagnait « 22 marks 73 avant, 22 marks 99 après. Dans une « autre fabrique une ouvrière employée au tissage ga- « gnait en 1891 un salaire de 12 marks 97 pour un travail hebdomadaire de 72 heures, en 1894 elle ga- « gnait 13 marks 23 pour une semaine de travail de: « 64 heures 1/2. »
L’inspecteur de Düsseldorf écrivait déjà dans son rap-
port pour l’année 1892 :
« Maintenant que les difficultés du début sont surmon- «tées beaucoup de fabricants admettent que la régle- « mentation a ses bons côtés ». |
Dans certains cas cependant les résultats ne furent pas aussi favorables. A Cologne, Coblentz, Munster -on se plaignit en 1893 d’une baisse de la production dans les tissages. Dans d’autres industries également des plaintes s’élevèrent. Toutefois les rapports annuels des inspec-,
teurs permettent de conclure que la loi de 1891 n’a pas eu en général de conséquences nuisibles pour l’industrie allemande.
Le repos du dimanche ne fut appliqué qu’à partir de 1895 dans les entreprises industrielles. On avait retardé ainsi l'application de la loi pour établir plus judicieusement les exceptions qu’elle autorisait. Voici ce que rapportent sur l'application du repos du dimanche les « Communications officielles des rapports des inspecteurs « de fabriques » ponr l’année 1895, la première année de l’application du repos du dimanche à l’industrie.
« La grande majorité des rapports constate qne les
« prescriptions légales sur le repos du dimanche dans « l’industrie ont été appliquées et cela sans préjudices « appréciables soit pour les patrons, soit pour les ou- « vriers (1).
« Si des ouvriers se sont plaints quelquefois de réduc- « tions de salaires à lasuite de la suppression du travail « du dimanche les inspecteurs de fabriques n'en consta- « tent pas moins que la grande majorité de la classe « ouvrière a accueilli la loi avec reconnaissance. L’hos- « tilité qui se manifestait au début chez beaucoup d’in- « dustriels a disparu aussi de plus en plus. Des patrons «ont maintes fois exprimé l'opinion que les légers en- « nuis et la contrainte liés à l'exécution de la loi devaient « être supportés de bon cœur en considération de son « but humanitaire » (2).
1. Amiliche Mittheilungen aus den Jahresberichten der gewerbe
aufsichtbeamten, 1895 ; p. 378.
2, Amtliche Mittheïlungen, 1895, p. 378.
MUC
L’inspecteur d’Ansberg s'exprime ainsi :
« Des expériences faites jusqu'ici il résulte que l’ou- « vrier après un jour de repos complet revient au travail « plus dispos et plus joyeux. On peut à mon avis prévoir «avec certitude que la diminution de la production et la « baisse des salaires qui ont suivi incontestablement «aux débuts la suppression du travail du dimanche ne
« seront pas de longue durée. Dans quelques cas déjà
CN
« cette baisse ne s'est pas imnaintenue » (1).
L’inspecteur du Schleswig écrit :
« Là où l’on est payé à la semaine le salaire n'a pas été diminué. Quant au travail aux pièces les ouvriers s’arrangent de façon à ne pas subir de réductions de salaires du fait du repos du dimanche » (2).
En somme c’est sans difficultés sérieuses que la législation de 1891 est passée dans la pratique de la vie industrielle allemande. Les « communications officielles des « rapports des inspecteurs de fabriques » constatent application satisfaisantes des dispositions de la loi.
Voici, par exemple, quelques extraits des « communications officielles » pour l’année 1895 :
Travail de 10 heures le samedi pour les ouvrières. — « Dans « presque tous les cas cette disposition a été accueillie «comme un bienfait par les ouvrières. De même, on ne « se plaint que rarement de difficultés et de troubles
1. Amtliche Mittheilungen, p. 378, année 1895. 2. Amtliche Mittheilungen, p. 398, année 1895.
que pourrait entraîner pour les entreprises cette suspension plus hâtive du travail. Presque tous les rapports remarquent que les difficultés qui s'étaient présentées au début ont aujourd’hui disparu » (1). Journée de 11 heures. — « Le nombre des contraventions aux dispositions prescrivant la journée de 11 heures pour les ouvrières confirme nos observations de l’année dernière, c’est-à-dire que l'application de ces dispositions se fait sans difficultés sérieuses. D'ailleurs, la journée de travail de plus de 11 heures n'était, avant la loi de 1891, dans beaucoup d’industries, qu’une exception » (2).
Influence sur la durée du travail des hommes. — « Les rapports citent souvent des cas où la limitation de la journée de travail pour les ouvrières a profité indirectement aux ouvriers » (3). C'était surtout le cas pour
l’industrie textile où la journée de 11 heures pour tous
les ouvriers adultes s’est généralisée à la suite de la législation de 1891.
Une question des plus intéressante était l'influence de
la nouvelle législation sur le nombre des femmes, jeunes
gens et enfants occupés dans les fabriques.
Il semble que la loi n’ait pas exercé d'influence appré-
ciable sur le nombre des ouvrières occupées dans les industries tombant sous son application.
Voici la progression depuis 1892 :
4. Amtliche Mittheilungen, 1895, pp. 172, 173. 2. Amtliche Mittheilungen, 1895, p. 179.