Weher “on cite, 1897, p
conséquences de la loi de 1891 (1). Des questions furent envoyées à tous ses membres. Un millier environ n’envoyèrent pas de réponses. 313 seulement se prêtèrent à l'enquête. Cette indifférence signifiait clairement que la loi n'avait pas entraîné de graves préjudices. Les industriels qui avaient cru devoir répondre se plaignaient en assez grand nombre de l’application de la loi. Les ouvriers, d'après eux, manifeslaient un vif mécontentement à la suite de la réduction des salaires. Seuls ceux qui étaient dévoués de corps et d'âme à la démocratie-socialiste supportlaient sans se plaindre une doi dont ils approuvaient le principe. Quant aux femmes et aux adolescents les industriels se disaient obligés d’en renvoyer une grande partie et leur sort n’en était que plus malheureux : ou ils perdaient toute occupation el ne pouvaient dès lors subvenir à leurs besoins, ou 1ls étaient refoulés dans l’industrie à domicile plus rigoureuse et déprimante que la fabrique (2).
Cependant les rapports des inspecteurs de fabriques montrent chaque année que le pessimisne des industriels n’était pas en général justifié. Les résultats de l'enquête de l’ « association nationale des industriels allemands » entreprise une année seulement après la mise en vigueur des dispositions nouvelles reflélait naturellement le trouble passager causé à une partie de l'industrie. Comme nous venons de le voir, une partie — la plus considéra-
4. Oldenberg : Eine enquete über die Wirkungen des neuen deutschen arbeiterschutzgesetzes (socialpolitisches Centralblait, 27 mars 1893, p. 312.
2, Oldenberg : op. cit., p. 312.
ble — des industriels n'avaient pas répondu. Il y a tout lieu de supposer qu'ils n'avaient pas de protestations à élever contre la loi. Quant à ceux qui s'étaient sentis atteints une plus longue expérience devait modifier leur point de vue. | |
Les rapports des inspecteurs de fabriques sont en effet unanimes à constater que la législation de 1891 n'a pas entrainé les résultats nuisibles redoutés par beaucoup d'industriels. En général la réduction de la journée de “travail a amené une augmentation de son intensité et des perfectionnements techniques, et le ralentissement de la production que l’on avait craint ne s’est pas produit.
Voici par exémple quelques extraits des rapports des inspecteurs de fabriques.
Le rapport du grand duché de Bade pour l'année 1892 première année de l’application de la loi s'exprime amsi :
€ On est satisfait presque sans exception de la légis- « lation nouvelle. II n'y a pas à constater de ralentisse- « ment dans la production et en tous cas il serait tout à « fait hors de proportion avec la diminution de la durée « du travail. De très rares patrons sont d’un autre avis. « Au contraire beaucoup de propriétaires de filatures et « de tissages nous ont déclaré qu’ils accueilleraient avec “© plaisir la réduction légale de la journée de travail à 10 « heures dans leurs industries. Ces opinions peuvent © être sans doute influéncées en partie par les sentiments « généreux et humanitaires de ces industriels, mais « elles sont surtout le fruit de l'expérience acquise dans < la vie des affaires : que le progrès de la technique doit « entraîner une réduction de la durée du travail. Si on