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Sociale Praxis, 16 mars

et dans les villages, ainsi que dans les diverses entreprises commerciales. Le projet de loi qui fut présenté au Reichstag au mois de décembre 1898 en même temps temps que le projet sur l’industrie de la confection et de la lingerie, était conçu dans un autre esprit.

Le projet prescrivait un repos ininterrompu de 10 heures pour toutes les personnes employées dans les magasins de vente. Une heure devait être accordée à midi pour le repas s’il était pris dehors ; quant aux employés nourris par les employeurs on devait leur accorder à midi un repos « convenable ».

La fermeture obligatoire des magasins à 8 heures du soir était abandonnée. Mais dans tous les cas où les 2/3 des commerçants d’une commune ou de plusieurs communes contiguës demanderaient la fermeture des magasins de 8 heures du soir à 6 heures du matin ou de 9 heures du soir à 7 heures du matin, l'administration supérieure pouvait rendre cette mesure obligatoire pour la branche de commerce en question après avis de l’administration locale. Pendant ce temps, la vente devait cesser partout, dans les magasins, sur les places publiques, etc. ; le colportage même était à ces heures-là interdit.

Le projet du gouvernement vint en discussion les 19 et 20 avril 1899. Quelques orateurs parlèrent en faveur de la proposition de la Commission de statistique ouvrière. Tous les employés de commerce étaient gagnés en effet au projet de fermeture obligatoire à 8 ou à 9 heures. Beaucoup de commerçants étaient aussi favorables. De nombreuses pétitions furent adressées au Reichstag.

L’ « association des employés de magasin de 1838 de Hambourg » (Verein für Handlangskommis von 1838 in Hamburg) qui comprenait 60.000 membres (dont 7.500 patrons) demandait, dans sa pétition, la fermeture obligatoire à 8 heures, sinon un repos de 12 heures par jour pour les femmes, de 11 heures pour les hommes. Ce repos devait commencer à 9 heures du soir. La « Fédération allemande des associations commerciales » (Deutsches Verband Kaufmännischer Vereine) qui comptait 96 associations et 126.558 membres (dont 24.781 patrons) demandait des mesures analogues. Elle insistait sur la fermeture obligatoire, la préférant à l’établissement d’un minimum d'heures de repos (1).

Cette dernière mesure pouvait en effet entraîner de graves Inconvénients pour les petites entreprises commerciales n’employant qu’un seul ou pas d’employé. Rien n’eut empêché en effet les grands magasins d’établir un système de deux équipes et de prolonger ainsi la vente bien avant dans la nuit, tandis que les petites entreprises ne pouvaient organiser une double équipe. Or, le nombre des établissements n’occupant pas d'employés était de 350.572 tandis que les établissements plus considérables ayant recours à la main-d'œuvre étrangère étaient au nombre de 284.637 d’après la statistique de 1895. De plus Ja fermeture obligatoire permettait un contrôle extrêmement facile, pour ainsi dire automatique. Les magasins devaient être fermés pendant un laps de temps déterminé et à partir de telle ou telle heure. Rien

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