GONGORA PRODIGIEUX, VARIÉTÉ ROSE
GONGORA. Vide Lindenia, V, p. 35.
Gongora portentosa. Pseudobulbi ovoideo-conici, longitudinaliter profunde paucisulcati, apice primum bifoliati, demum interdum unifoliati; folia majuscula, elliptico-lanceolata, breviter acuminata; racemi elongati, penduli, multiflori; flores majusculi, patuli, longe pedicellati; sepala patula, dorsale ligulatum acutum, lateralia satis majora late oblonga apiculata; petala carnosa, lineari-falcata, longe acuminata, sepalo dorsali paulo breviora; labellum sepalis
lateralibus aequilongum, carnosissimum, lateraliter compressum, medio superne angulato aristis geminis retrorsis in
* basi laminarum dolabriformium antice acutarum, antice aditum in antrum labelli aperientium; epichilium tabulaeforme
anceps parvum ligula lineari bicurva anteposita.
Gongora portentosa LinD. et RcHB. F. in Gard. Chron., 1869. p. 892. — ÉD. ANDRÉ in Il. Hort., XVIII, 2, tab. 61 (1871). — Hook. F. in Bot. Mag., tab. 6284 (1877). — Belg. Hort., 1878, p. 103. — Du Buyss. L'Orchid., p. 344 (1878). — STEIN Orchideenb., p. 261 (1892). — Bois Les Orchid., p. 127 (1893). — L. Linp.
Orchid. Exot., p. 776 (1894). — WizLiaMs Orch. Grow. Man., edit. 7, p. 408 (1894). — Orch. Rev., II, p. 272 (1894). Crescit in Columbia.
Var. rosea. Pedunculus pedicellique laete virides. Flores paulo minores. Sepala rosea, intus maculis paucis parvis purpurascentibus ornata. ; Var. rosea COGN. infra.
epuis de nombreuses années déjà, le Gongora portentosa est connu dans les cultures, car c’est en 1868 que M. LinpEen le reçut de son voyageur, Gustave WaLLis, qui venait de le découvrir à Vergara, dans la province de Bogota (Nouvelle-Grenade). Sa première description parut dans le Gardeners’ Chronicle de l’année suivante; puis successivement L’Illustration Horhcole de 1871 et le Botanical Magazine de 1877 le firent connaître plus complètement en en publiant de bonnes planches coloriées.
On pouvait croire cependant que cette espèce, l’une des plus belles et des plus curieuses du genre, avait disparu des collections ou du moins y était devenue extrêmement rare, lorsque, en 1892, elle fut réintroduite en Angleterre, où les fleurs de cette nouvelle importation se montrèrent pour la première fois en 1894.
L'HoRTICULTURE INTERNATIONALE de Bruxelles vient aussi d'introduire de la Nouvelle-Grenade une plante en tout semblable au Gongora portentosa, tant par son aspect général que par la forme de ses fleurs; mais celles-ci sont de couleur toute différente. Nous croyons pouvoir la rattacher comme variété à cette espèce ; mais nous devons faire remarquer que nous ne pouvons la juger que d’après la peinture qu’en a faite M. Goossens, car les fleurs ont été détruites avant de pouvoir nous être soumises pour les étudier, et la planche ci-jointe, quoique très belle, ne nous permet pas entre autres de reconnaître la forme précise du labelle, qui est généralement de structure fort compliquée dans le genre Gongora. Lors
d’une prochaine floraison, si cet organe montrait des différences notables avec celui de l'espèce récoltée par Wazuis, il y aurait certainement lieu de considérer la plante dont nous ne faisons aujourd’hui qu’une variété, comme constituant un type spécifique distinct.
Le G. portentosa est une espèce robuste, croissant en touffes serrées. Pseudobulbes ovoïides-coniques, présentant plusieurs sillons longitudinaux assez profonds, lisses, d'un vert intense plus ou moins nuancé de brun, hauts de sept à huit centimètres, surmontés de deux feuilles dont l’une tombe souvent plus tôt que l’autre. Feuilles longues de 25 à 30 centimètres, elliptiques-lancéolées, brièvement acuminées, longuement atténuées inférieurement, d'un vert foncé. Grappes pendantes, multiflores, longues de trois à quatre décimètres ; pédoncule commun grêle, arrondi, d'un jaune pâle un peu verdâtre; pédicelles de même couleur, assez grêles, très étalés, un peu flexueux, longs avec l'ovaire de quatre à cinq centimètres. Bractées petites, étroitement ovales, aiguës, très pâles, appliquées contre le pédicelle. Fleurs étalées, larges de six centimètres. Sépales étalés; le dorsal ligulé, aigu, d’un jaune un peu verdâtre; les latéraux plus grands, largement oblongs, apiculés, ondulés, d’un jaune un peu violacé et légèrement ponctués de brun. Pétales charnus, linéaires, falciformes, longuement acuminés, un peu plus courts que le sépale dorsal, d’un blanc lilacé et pointillés de pourpre. Labelle presque aussi long que les sépales latéraux, très charnu, comprimé latéralement, anguleux dans sa moitié supérieure, muni de deux arêtes ou soies recourbées en arrière vers la base de deux lames étalées dolabriformes et aiguës en avant, qui s'ouvrent en fosse profonde vers le haut; épichile petit, en forme de table triangulaire ancipitée, terminé en avant par une longue corne linéaire deux fois recourbée ; il est d’un beau jaune doré dans toute sa partie inférieure, d’un jaune pâle finement ponctué de pourpre dans la partie supérieure, ainsi que sur les cornes. Colonne colorée et ponctuée comme les pétales.
Dans la variété rosea, le pédoncule et les pédicelles sont d’un beau vert; les fleurs sont un peu plus petites; les sépales, qui paraissent un peu plus larges et plus ondulés que dans le type, sont d’un beau rose vif et ils portent à la face interne quelques petites macules pourprées; la labelle est d’un beau jaune citron, un peu lavé de pourpre sur la face antérieure, qui est densément ponctuée de brun pourpré; l’anthère est jaune.
Le G. portentosa se rapproche beaucoup des espèces qui ont été rapportées aux Acropera. Ce dernier genre, créé par LiINDLEY en 1833, est encore conservé par certains auteurs, notamment par M. WizciamMs; REICHENBACH (1854), et après lui BENTHAM (1881), l'ont simplement réuni aux Gongora; et M. Prrrzer (1888) en fait une section spéciale de ce dernier genre. Selon BENTHAM, ses espèces typiques ne diffèrent des Gongora que par les sépales plus larges et les pétales
souvent terminés par deux pointes divergentes. A. Cocnraux.