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PL. DXIV

CYMBIDIUM TRACVANUM #orr.

CYMBIDIUM DE M. TRACY

CYMBIDIUM. Vide Lindenia, IX, p. 13.

Cymbidium Tracyanum. Foliis elongatis, lineari-ligulatis, acutis, subtus distincte carinatis ; pedunculo robustissimo, deflexo, 16-20-floro, foliis longiore; floribus amplis; bracteis minutis ; sepalis late oblongis, acutis, dorsali superne incurvo, lateralibus patulis; petalis patulis, anguste oblongo-ligulatis, acutis; labello petalis satis breviore, distincte trilobato, lobis lateralibus erectis ovato-triangularibus acutis margine denticulatis, lobo terminali late oblongo

reflexo margine laciniato-crispo, disco a basi usque ultra medium carinis geminis carnosis dense villosis instructo ; columna elongata, incurva, exalata.

Cymbidium Tracyanum (Traceyanum) HORT.; Gard. Chron., ser. 3, VIII, p. 702 et 718 (1890); IX, p. 137, fig. 34 (1891). — Yourn. of Hortic., XXI, p. 535, fig. 71 (1890). — Yourn. des Orchid., I, p. 326 (1891). — VEITCH, Man. Orch. PL., part. IX, p. 22, éum icon. (1893). — L. LiNp., Les Orchid. exot., p. 684 (1894). — WILLIAMS, Orch. Grow. Man., edit. 7, p. 224, cum icon. (1894). — Orchid Rev., III, p. 360 (1895).

ette splendide espèce, dont les fleurs surpassent par leur ampleur celles de toutes ses congénères, est encore extrêmement rare dans les cultures. Le premier pied connu fut introduit il y a quelques années par M. H.-A. Tracy, de Twickenham (Angleterre); il faisait alors partie d’un lot de Cymbidium Lowianum, au milieu duquel il était confondu, car il ne s’en distingue guère par le feuillage. Ce n'est qu'au moment de la première floraison, sur la fin de 1890, que la confusion fut reconnue; la plante fut exposée au Meeting du 9 décembre de cette même année de la Royal Horticultural Society, et y obtint un certificat de première classe. Quelques jours après, elle fut mise en vente à la salle de MM. ProTHEROE et Morris, à Londres, et acquise par M. le baron SCHROEDER, de The Dell, pour la somme de 1968 francs.

Le C. Tracyanum est une plante très robuste, portant de nombreuses feuilles linéaires-ligulées, aiguës, carénées à la face inférieure, ayant de 60 à 80 centimètres de longueur. Le scape, long de un mètre et plus, très robuste, plus ou moins penché, forme une grappe de seize à vingt fleurs, qui atteignent jusque 14 centimètres de diamètre. Les bractées sont apprimées, étroitement ovales, très aiguës, longues de 1 cm. Les sépales sont largement oblongs, aigus, à peu près de même longueur, d’un jaune pâle un peu verdâtre, marqués d’un grand nombre de stries et de petites macules cramoisies disposées en neuf à onze lignes longitudinales presque continues; le dorsal est dressé inférieurement, avec la partie supérieure fortement incurvée; les latéraux sont très étalés. Les pétales sont presque aussi étalés que les sépales latéraux, aigus, de même couleur et à peu près de même longueur que les sépales, les bandes cramoisies étant ordinairement au nombre de sept. Le labelle est notablement plus court que les pétales, d’un jaune

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crème, distinctement trilobé; lobes latéraux assez grands, dressés, ovales-triangulaires, aigus, denticulés ou parfois presque crénelés sur les bords, marqués obliquement d'assez nombreuses lignes cramoisies; lobe terminal plus long, largement oblong, obtus, fortement réfléchi, à bords distinctement crépus et un peu découpés, couvert de petites macules cramoisies un peu espacées; disque muni, depuis la base jusqu’à la partie inférieure du lobe terminal, de deux carènes longitudinales charnues et densément velues. Colonne allongée, large, assez incurvée, dépourvue d'ailes, verdâtre avec de petites macules rouges.

Le C. Tracyanum est voisin du C. grandiflorum Grirr. (C. Hookerianum Ress. r.), dont une variété remarquable se trouve figurée dans ce recueil (vol. IX, pl. 389), et auquel certains auteurs semblent disposés à le rattacher comme une forme géographique. Il s'en rapproche en effet par la forme et la dimension de ses fleurs; mais il en diffère beaucoup par leur coloris, car dans sa forme typique, le C. grandiflorum a les sépales et les pétales entièrement d’un vert un peu jaunâtre, et le labelle chargé de grosses macules pourpres. Ce dernier a pour patrie le Népaul et le Sikkim; tandis que le C. Tracyanum est probablement originaire du Burmah, pays de provenance du C. Lowianum, puisqu'il a été introduit avec ce dernier.

D'autres auteurs inclinent plutôt à le considérer comme un hybride, peutêtre entre le C. grandiflorum et le C. giganteum, car il a presque la coloration toute spéciale de ce dernier, mais avec des fleurs beaucoup plus grandes. Cette hypothèse est loin d’être établie, puisqu'elle exigerait qu'il croisse naturellement en compagnie de ces deux espèces, ce qui ne paraît pas probable.

En tous cas, c’est une plante d’une beauté hors ligne, et il n’y a qu’un regret à exprimer, c’est sa grande rareté dans les collections.

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