‹ Lindenia (volume 3)Chapitre 21 sur 38 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

En m'’appelant à l’honneur de parler ici en votre nom, vous m’avez confié une mission bien délicate, car je ne possède pas l’éloquence nécessaire pour la bien remplir. Toutefois, cette mission était pour moi si honorable et si sympathique, que je n’ai pas hésité un seul instant à l’accepter.

Je viens donc, au nom du jury de L’ORCHIDÉENNE, offrir à MM. LINDEN l'hommage de nos sentiments de reconnaissance et de sympathie.

En disant reconnaissance, je crois employer le mot juste.

En effet, à qui devons-nous ces moments charmants que nous passons chaque jour dans nos serres, à chercher une pousse nouvelle, à regarder l'apparition d’un scape sortant de sa tige, à admirer la floraison de nos plantes ?

A qui sommes-nous redevables de ces réunions mensuelles, si agréables et toujours amicales ?

Qui a fait connaître à la science cette admirable famille des Orchidées exotiques, à nos artistes ces fleurs originales, aux formes si distinguées, dont ils s'emparent ?

À qui, enfin, nos concitoyens doivent-ils ces Orchidées superbes dont ils ornent leurs demeures et dont ils rehaussent l'éclat de leurs fêtes ?

Eh bien, Messieurs, je n’hésite pas à le dire et vous m’approuverez, j'en suis certain : Toutes ces choses, nous les devons, pour une bonne partie du moins, à Messieurs LINDEN. (Applaudissements.)

Vous savez ce qu’étaient les Orchidées anciennes : quelques Oncidium insignifiants, aux couleurs ternes; à peine deux ou trois Cypripedium ordinaires. Tout cela était relégué dans les coins les plus obscurs des serres des jardins botaniques, et quelles serres? Ne devrais-je pas plutôt dire des fours crématoires, où les plantes entraient à moitié mortes en arrivant de leur pays, et d’où elles sortaient d’ordinaire, quelques mois après, si bien desséchées qu’elles pouvaient entrer immédiatement et sans autre préparation dans l’herbier du botaniste.

Telle était à peu près la situation quand M. LINDEN père entreprit ses grands voyages d'exploration. Ce n’était pas là une tâche facile; d’abord la réussite en était problématique; puis ces pays lointains, qu’il s'agissait d’explorer, étaient à moitié sauvages et défendus par une hydre aux cent têtes, dont la première représentait les serpents venimeux, la deuxième la fièvre jaune, une autre le vomito negro, et ainsi de suite.

Rien n’arrêta M. LiNDEN, il brava les courses à travers des contrées sans routes tracées, il brava la chaleur tropicale des vallées, le froid des neiges de la Cordillère, et nous rapporta enfin cette magnifique toison d’or représentée par nos Cattleya, nos Odontoglossum et autres merveilles que nous admirons aujourd’hui.

Mais ce n'était là que la première partie de la tâche de M. LiNDEN. Il fallait faire

(Pour la Suite, voir p. 62.)

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A. Goossens

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