‹ Lindenia (volume 3)Chapitre 35 sur 38 · LES TACHES SUR LES FEUILLES D ORCHIDÉES · texte numérisé non relu

LES TACHES SUR LES FEUILLES D ORCHIDÉES

Les taches noirâtres qui apparaissent parfois sur les feuilles des Orchidées, et qui gâtent leur aspect, sont le plus souvent produites par des champignons qui s’implantent sur les feuilles, s’y développent en parasites, aux dépens du tissu cellulaire, et détruisent peu à peu celui-ci. ;

Ces champignons appartiennent principalement aux genres Calospora, Dactylaria, Glaeosporium, Cladosporium, Hypodermium, Sphoerella.

La détermination en est difficile, et demande, non seulement une connaissance appro-

Ête

fondie de la matière, mais encore des recherches longues et souvent très délicates, parfois des cultures spéciales.

Lorsqu'un champignon se trouve seul établi sur une feuille, il est facile de Le déterminer si c’est un type déjà connu; et si par hasard il ne l’est pas encore, on arrive vite à le caractériser et à lui assigner sa classification; on peut, par la même occasion, l’élever isolément et étudier les conditions dans lesquelles il vit, se développe et exerce ses ravages; de sorte que, connaissant ainsi ses mœurs, on est à même de le reconnaître promptement lors des rencontres subséquentes, et de combattre sa propagation.

Mais il est rare que ces Cryptogames se présentent isolément. Outre qu'il existe un certain nombre de formes habitant volontiers nos serres, et qui peuvent y voisiner sur les mêmes feuilles, d’autres végétations se superposent fréquemment à la leur.

Une fois que les champignons ont entamé la surface et attaqué la substance de la

feuille, par la porte ainsi ouverte s’introduisent les Saprophytes, qui vivent sur les matières déjà entrées en décomposition, les moisissures, etc. Dès lors, la destruction de la feuille progresse rapidement, et le microscope ne fournit plus de renseignements précis sur la nature du mal ni sur son origine, les champignons du début étant mélangés à une foule d’autres végétations.

Il arrive même assez souvent, comme dans le cas du champignon qui attaque parfois la Vanille aux îles Seychelles, le Calospora Vanillae, que le même champignon subit des transformations successives à mesure que la nécrose gagne la feuille. C’est ainsi que l’espèce en question, C. Vanillae, avait d’abord reçu trois noms différents, avant que l’on eût constaté l’origine commune de ces trois formes.

A supposer même que l’on puisse isoler et déterminer les divers champignons en présence, il est impossible, à moins de connaître à fond les habitudes et la vie de chacun, de constater quel est celui qui a commencé la brêche et ouvert la porte aux autres, ce qui serait utile afin d'empêcher la propagation du mal. Nous avons devant nous quatre, cinq, dix Cryptogames différents; quelle est la part de chacun dans les lésions constatées? En pareil cas, on peut quelquefois se renseigner en recueillant à part chaque espèce, en la cultivant, et en la soumettant à une observation prolongée. On arrive ainsi à connaître la façon de procéder et les conditions d’existence de chacune, et plus tard, si l’on retrouve sur une feuille des traces de lésions analogues, on pourra nommer immédiatement leur auteur.

Mais on voit combien de recherches sont nécessaires pour obtenir un résultat certain en pareille matière. Aussi serait-il à désirer que les amateurs consentissent à faciliter ces recherches en communiquant tous leurs « documents, » c’est-à-dire les feuilles attaquées qu’ils pourraient avoir dans leurs serres, aux grands laboratoires établis dans ce but, et particulièrement à celui que vient de fonder récemment la Société botanique de Bruxelles.

Il est important, nous le répétons, que les feuilles soient coupées de très bonne heure, dès que le mal apparaît, et non pas lorsqu'il est trop avancé pour que l’on puisse en discerner la cause.

Parfois même, lorsque l’on constate les dégâts, le champignon qui en est l’auteur a déjà disparu, ayant accompli son œuvre. Il en est ainsi, par exemple, dans la maladie de la pomme de terre. Le Cryptogame meurt après avoir détruit la substance des feuilles, et lorsque celles-ci deviennent noires, le mal est déjà fait, et sans remède possible. Ce que

le microscope permettra alors de trouver sur ces feuilles, ce seront des Saprophytes divers (Pour la Suite, voir p. 96.)

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PL. CCCCXXX

ODONTOGLOSSUM CORDATUM :iwor. var. AUREUM worr.

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