ODONTOGLOSSUM HYBRIDES
Certains Odontoglossum, qui rentrent dans le groupe de ce qu’on est convenu d'appeler les hybrides naturels, sont très difficiles à classer. Nous avons parlé récemment, de l'O. Coradinei, et, à propos de lui, de l'O. excellens, et de l'O. Wilckeanum. Un connaisseur éminent d'Angleterre, M. DE BARRI-CRAWSHAY, vient de traiter de ce dernier dans le Gardeners Chronicle et de signaler à son tour les difficultés qu’on rencontre quand on veut établir une ligne de démarcation entre cet hybride naturel et diverses formes voisines. Voici ce qu’écritt M. DE B. CRAWSHAY :
Qu'est-ce exactement que l’Odontoglossum Wilckeanum ?
« M. ROLFE a décrit récemment un Odontoglossum qui avait fleuri chez M. R. BRoOMAN WHITE, à Arddaroch; sa description soulève de nouveau une question qui avait été traitée dans le Gardeners Chronicle en 1896, et ensuite par M. RoLFE dans l’Orchid Review, mars 1897. Le nouvel Odontoglossum de M. BrooMAN WHITE mettra fin, J'espère, à tous les doutes qui peuvent subsister dans l’esprit de nos « connaisseurs. » C’est une forme jaune pur et immaculée d’O. Walckeanum, dont on se fera une idée assez exacte par la description suivante : « Sépales et pétales jaune serin pâle, sans taches. Labelle plus foncé, sur toute sa surface. Au-dessous des dents du milieu de la crète se trouve une toute petite tache brune, et l’onglet formant canal au-dessous de la colonne porte quatre ou cinq paires de lignes d’un brun délicat. La colonne est blanc crème pâle, avec trois ou quatre cirrhes à chaque aile. Quant à la forme, la fleur ressemble à un cyispum ordinaire étroit, dont les pétales et les sépales se recouvrent à peine; les pétales ont la silhouette de ceux de VO. luteo-purpureum, rappelant la forme d’une hallebarde; le labelle est oblong, à bords presque parallèles, lésèrement contractés au dernier tiers avant le court apiculus raide du sommet. »
Le caractère botanique important est la crète. Les dents du milieu sont Jaune vif, courtes et à pointe aiguë; les trois premières paires de filaments s'étendent au-dessus du plateau, quoique beaucoup moins que dans beaucoup d’O. Walcheanum maculés, ce qui est naturel et à quoi l’on devait s'attendre, parce que l’O. crispum est intervenu pour plus de la moitié dans la production de cette variété, comme le prouve l’absence totale de taches. Si j'avais le premier décrit cette variété, je l’aurais nommée zmmaculatum, nom qui aurait indiqué nettement « l’absence totale de macules, » tous les JValckeanum étant plus ou moins jaunes; mais M. ROLFE, qui la décrit, conserve le nom de variété donné en 1880 (Gard. Chron., XIII, 41 et 232) par REICHENBACH, qui l’appela à tort crispum jflaveolum. Par la suite, la plante de feu M. GEORGE HARDY fut représentée dans l’Orchid Album, pl. 43, et l’on peut voir qu’elle a les pétales et les sépales immaculés, mais trois ou quatre petites taches brunes sur le labelle. Comme certains lecteurs pourraient ne pas avoir à leur disposition l’Orchid Album, je cite la note de M. ROLFE in extenso
« Odontoglossum Wilckeanum flaveolum. Il y a dans l'Orchid Album, pl. 43, un très joli Odontoglossum décrit sous le nom d’O. crispum flaveolum Reg. Fr. Une forme très analogue a fleuri dans la collection de M. R. BrooMAN WHITE, d’Arddaroch; en la
(Pour la Suite, voir page 58)