UN ÉMINENT SEMEUR D ORCHIDÉES
Le récent Congrès de l’hybridation a fourni aux écrivains anglais l’occasion de passer en revue l’œuvre accomplie dans toutes les branches de l’horticulture, et les personnes qui, dans chacune de ces branches, ont le plus contribué au progrès.
En ce qui concerne les Orchidées, après le grand DomiNy et son successeur SEDEN, c’est sans aucun doute M. Norman C. CooksoN qui peut compter à son actif les plus nombreux et les plus brillants succès. Voici la notice biographique que le Gardeners’
Chronicle a consacré à l’obtenteur de tant de merveilles.
La plupart des hommes qui sont à la tête d’entreprises commerciales ou industrielles ont quelque marotte qui occupe leurs loisirs; la marotte de M. Cookson est le goût des fleurs. Il y réussit d'autant mieux que M®° Cooksox et sa famille partagent ce goût.
Le parc d'Oakwood, dans le petit village de Wylam-on-Tyne, à quelque cinq milles de Newcastle-on-Tyne, renferme beaucoup de beautés naturelles, qui ont été rehaussées par la plantation d’arbrisseaux à fleurs et à feuillage, de Roses, de plantes vivaces rustiques, d’œillets, etc. bien harmonisés avec le cadre, le Chêne géant et les avenues gazonnées.
La culture sous verre à une grande importance à Oakwood; et le corps de serres qui y a été construit a été rempli de plantes telles que l’on en cultive un peu partout pour la décoration, y compris quelques Orchidées, de celles qui ont une vieille popularité : elles témoignent des soins et de l’habileté de leur possesseur et de son jardinier, M. MURRAY.
Peu de temps après avoir commencé à cultiver les Orchidées, M. CooksoN, qui avait étudié la biologie végétale, porta son attention sur l’hybridation des Orchidées; les règles qu'il se posa au début, et dont l’application à produit beaucoup de belles plantes et quelques autres ordinaires, pourraient être adoptées par les autres personnes qui s'occupent des mêmes travaux; c’étaient les suivantes : « Ne jamais faire un croisement qui ne promet pas de bons résultats. Employer toujours comme parents les types les plus beaux possibles, et si l’on n’a qu’une forme ordinaire de l’un des parents projetés, s’abstenir de faire le croisement jusqu’à ce qu’on ait pu se procurer une plante plus belle. »
Nous ne pouvons donner ici que des indications sommaires sur les belles choses réalisées à Oakwood; il nous suffira de citer quelques-uns des principaux genres dans lesquels l’hybridation a produit de beaux résultats. Parmi les Calanthe à feuilles caduques croisés en 1881, nous trouvons le C. X Alexanderi, le C. X Cooksom, plus tard le C. x Clive, le C. X Bryan, le C. X William Murray et le C. X Oakwood Ruby; ce dernier a les fleurs presque entièrement rouge sang, et fournit un exemple très remarquable des bons résultats que l’on peut obtenir en améliorant une race avec persévérance,
Cette variété fut obtenue en croisant continuellement le meilleur type de C. vestita, qui a les fleurs blanches avec une macule rouge-sang sur le disque; le C. x Oakwood
Ruby, au contraire, a la fleur rouge sang avec une macule claire à peine visible.
(Pour la Suite, voir page 08)
ge
LINDENIA | PL. DCLXVII
CATTLEYA LODDIGESI LINDL. Var. HARRISONIAE VEITCH
G. Putzys pinx. ; | ÆP. De Pannemacker chrom.
es 000 Mann.
er ET a D' Rard?
PL. DCIXVII
CATTLEVYA LODDIGESI LINDL. Var. HARRISONIAE VEITCH
CATTLEYA DE M. LODDIGES, VARIÉTÉ DE M HARRISON
CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 15.
Cattleya Loddigesi. Pseudobulbis elongatis cylindraceis diphyllis; foliis elliptico-oblongis, 10-13 cm. longis ; racemo 2-5 floro; floribus patulis, 90-112 mm. latis. Sepalis petalisque similibus subaequalibus, elliptico-oblongis, lilaceo-roseis, petalis margine undulatis ; labello suborbiculari trilobo, lobis lateralibus erectis subrectangularibus, margine anteriore dentatis, extus roseis, intus pallide luteis; lobo anteriori crispo pallide purpureo, disco albo, deinde primulino luteo. Gynostemio clavato triquetro incurvo, alato, albo.
Caïtleya Loddigesi LiNpc., Coll. Bot., sub t. 37. — Bot. Reg., 1825, sub t. 953. — WiLL. Orch. Gr. Man., 7e ed., p. 172. — Hook. Exot. F1., t. 186. — Gard. Chron., 1889, p. 109, cum ic. xyl. — VEITCH Man. Orch. PI., II, p. 42. — L. LiNp., Orch. exot., p. 628.
Var. |Harrisoniae. Caulibus saepius longioribus et gracilioribus; lobo anteriore corrugato, disco aurantiaco luteo, marginibus lateralibus deflexis.
Cattleya Loddigesi var. Harrisoniae VEITCH, Man, Orch. PI., II, p. 42.
Cattleya Harrisoniae LiNDL., Bot. Reg., 1836, sub t. 1919. — PAxT. Mag. Bot., IV, p. 247. — Ann. Gand, 1845, t. 5. — Gard. Chron., 1889, p. 108, cum ic. xyl.
Cattleya Harrisoniana WiLL. Orch. Gr. Man., 7e ed., p. 167.
Epidendrum Harrisoniae RcHB. F. in Xen. Orch., II, p. 31.
Sub-var. Regnieriana RCHB. F., Gard. Chron., 1888, II, p. 264.
Sub-var. violacea HoRT. Orch. Alb., VII, t. 333.
avait été expédié de Rio-Janeiro à MM. Loppices, de Hackney. Il reçut le nom d’Epidendrum violaceum, le genre Cattleya n'existant
pas encore à cette époque. Lorsque Linpcey le fonda, en 1822, pour le Caltleya labiata, il y fit rentrer comme seconde espèce le Caftleya Loddigesi en le dédiant à l’habile introducteur, au lieu de conserver le nom primitif, qui, d’après les usages, serait devenu Caïileya violacea.
Le Cattleya Loddigesi est répandu sur une aïre très vaste du Brésil méridional, et croît dans des positions très variées, tantôt sur les arbres, tantôt sur des roches nues, parfois abrité, parfois exposé au soleil ou aux intempéries.
Etant donné ces variations dans l'habitat, il n’est pas surprenant que l'espèce soit assez variable. La forme la plus distincte est celle que nous figurons ici, et qui a été considérée par les différents auteurs, tantôt comme une variété, tantôt comme une autre espèce. Sa fleur offre un caractère particulier bien marqué, c'est que le lobe antérieur du labelle est traversé par plusieurs sillons formant une cannelure qui va à peu près jusqu'aux bords; le disque est aussi plus jaune ; enfin les bulbes sont généralement plus longs et plus grèles. |
Il existe plusieurs sous-variétés se rattachant au C. Loddigesi var. Harri-
sŸ mes *e>
soniae ou C. Harrisoniae, comme on dit souvent dans l’horticulture; la plus connue et la plus brillante est la variété violacea, qui a les fleurs d’un rose intense à reflets violacés soyeux, d'un éclat souvent superbe. C'est sans doute une forme analogue qui avait été la première introduite et avait valu à l'espèce le nom d'Epidendrum violaceum, et c'est probablement de tous les Cattleya celui qui, dans l’ensemble, se rapproche le plus du violet clair.
Une autre variété nommée candida, à fleurs blanc pur, est extrêmement rare. On a signalé aussi une forme pointillée de pourpre, et qui a reçu Île nom de #aculata; une autre plus récente, nommée guttata, a les fleurs couleur Pêche pointillées de rouge cerise. Il ne serait pas impossible que ces formes fussent le produit de croisements opérés à l’état naturel, et dans lesquels serait intervenu le Caftleya guttata.
Le Cattleya Loddigesi et sa variété Harrisoniae ont déjà été utilisés par les semeurs pour produire plusieurs hybrides intéressants, parmi lesquels nous citerons : | |
Le C. X Brabantiae (1864), avec le C. Aclandiae (Veitch);
le C. X Mastersomae avec le C. labiata (Veitch);
le C. X minucia avec le C. gigas (Veitch);
le C. X Miss Williams avec le C. Gaskelliana;
le C. X Yohnsomana avec le C. gigas (Lewis); le C. X Ashtoniana avec le C. gigas (Lewis);
le C. X Astraea avec le C. Shinneri (Maron) ;
le C. X Bréauteana avec le C. superba (Maron);
le C. x Burnaysae avec le C. maxima (Mantin);
le C. X Gaudu avec le C. Leopold (Maron) ;
le C. X Miss Endicoit avec le C. maxima ;
le C. X ohvetensis avec le C. maxima (Mantin) ;
le Laehocatileya X fausta avec le L. exomensis (Veitch) ;
le L. x Tresederiana avec le Laclia crispa (Treseder) ;
le L. X Zenobia avec le L. elegans (Veitch, Mantin);
le L. X amoena avec le Laecha Perrim (Bleu);
le L. X Vedasu avec le Lacha pumila (Perrenoud) ;
le L. X corbellensis avec le Laeha pumila (Maron);
le L. X blesensis avec le Laeha pumila (Maron);
le L. X behrensiana avec le Laelia elegans (Sander, Mantin);
le L. X Aurora avec le Laelia pumila (Veitch);
le L. X Salheri avec le Laelia purpurata (Maron).
En outre, on rattache au Cadileya Loddigesi plusieurs hybrides naturels : C. Patrocim, C. Brownae, C. Loddgesi-nobilior, etc.
mes JL
LINDENIA | PL DELUIT
ï ASE NT ie
CYPRIPEDIUM x HAUMONTII EL. LIND.
G. Putzys pinx. ; P. De Pannemaecker chrom.
PE DOTE XVANI
CYPRIPEDIUM * HAUMONTI 1. LIND.
CYPRIPEDIUM DE M. HAUMONT
CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17.
Cypripedium X Haumonti. Hÿbridum inter C. X Harrisianum et C. X Crossianum (?) artificiosa fecundatione creatum.
Cypripedium X Haumonti L. LiND., infra.
Eese nouvel hybride a fait son apparition il y a quelques mois dans les | | |serres de L'Horricoze COLONIALE, au Parc Léopold, Bruxelles. Les DÉFA) oraines, semées il y a cinq ans et demi, avaient été recueillies sur le C. X Harnisianum, et nous croyons, sans pouvoir absolument l’affirmer, un numéro ayant été effacé, que l’autre parent était le C. X Crossianum.
Ce dernier, qui ne doit pas être confondu avec le C. barbatum var. Crossianum, que l’on désigne parfois trop brièvement sous le nom de C. Crossianum, est un hybride du C. venustum et du C. insigne. On pourra d’ailleurs consulter son portrait dans L’Ilustration Horticole de 1808.
Il nous semble bien d’ailleurs que l'aspect du semis confirme cette origine indiquée par nos souvenirs. La fleur rappelle assez divers hybrides du C. venustum, à la première ou à la seconde génération. Le coloris du pavillon, notamment, est caractéristique ; l’ensemble est jaune verdâtre clair, légèrement bordé de blanc sur tout le contour, avec de nombreuses lignes longitudinales rouge pourpre s'élevant jusqu’à la moitié de la hauteur environ, et se prolongeant en vert foncé. La ligne médiane est plus foncée et va presque jusqu'au sommet. Les pétales, d’une largeur moyenne, faiblement incurvés, sont d'un rouge un peu jaunâtre; la moitié supérieure est d’un rouge plus vif, et relevé de stries longitudinales foncées. Le sabot assez volumineux, mais régulièrement rétréci vers le sommet, est coloré en avant d’un rouge foncé brunâtre. Le feuillage n'est pas sensiblement réticulé, et en cela il rappelle plutôt celui du C. X Crosssanum.
Il serait intéressant de comparer cet hybride au C. X Boyleanum, que nous trouvons signalé dans les listes d'hybrides comme ayant la même parenté que celui dont nous nous occupons ici; toutefois nous n'avons pu trouver aucun renseignement sur le C. X Boyleanum.
Le C. X Crossianum n’a donné jusqu'ici aucun autre hybride, à notre connaissance ; il n’est d’ailleurs pas commun dans les collections.
Quant au C. X Harrisianum, il a déjà produit beaucoup d'hybrides, parmi
lesquels plusieurs ont une réputation justifiée. Un certain nombre, qui portent des noms différents, sont issus de croisements identiques; les croisements Harnsianum X insigne et Harrisianum X Spicerianum, notamment, ont été
reproduits bon nombre de fois.
Le pedigree de notre hybride ést en somme Île suivant :
—.— 1 b b ere ‘/, Harrisianum | /, barba
‘/, villosum.
{ ‘/, venustum
*/, Crossianum vs | ‘/, insigne ;