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L'ÉPURATION DES EAUX D'ARROSAGE

On sait quelle importance considérable a dans les cultures la qualité de l’eau d'arrosage. Les eaux dures sont nuisibles à la végétation de certaines plantes délicates, et lorsqu'on est obligé de se servir d’eaux de ce genre, il est indispensable de les corriger. M. GEORGES TRUFFAUT a indiqué récemment dans le Bulletin de la Société d'Horticulture de Seine et Oise un moyen très simple d’arriver à ce résultat. Voici un résumé de cette note, sur laquelle nous appelons l'attention de nos lecteurs :

« Nous avons cherché, dit M. TRUFFAUT, un nouveau mode d’épuration permettant non seulement de diminuer les quantités de chaux, de magnésie ou de plâtre contenues dans l’eau, mais surtout de transformer par double décomposition ces sels nuisibles en produits utiles aux plantes, et pouvant être appliqués comme engrais.

« Après d’assez longs essais, nous avons trouvé que l’emploi d’une solution de phosphate de potasse répond à tous les desiderata.

« En effet, si nous considérons une eau chargée de carbonate de chaux et que nous y versions une solution faible de phosphate de potasse, on a théoriquement la réaction suivante :

Phosphate de potasse + carbonate de chaux — phosphate de chaux (engrais peu soluble) + carbonate de potasse (engrais peu soluble).

Dans le cas du sulfate de chaux (nuisible) : phosphate de potasse + sulfate de chaux — phosphate de chaux (engrais peu soluble) sulfate de potasse (engrais soluble).

Enfin dans le cas du sulfate de magnésie : phosphate de potasse + sulfate de magnésie — phosphate de magnésie (engrais peu soluble) + sulfate de potasse (engrais soluble).

« L'emploi du phosphate de potasse est donc avantageux dans les trois cas.

« Le phosphate de potasse se trouve dans le commerce à l’état impur, contenant 75 °/, de phosphate monopotassique PO* KH° pur, et comme impureté du phosphate de chaux et du phosphate de fer.

« Ce phosphate de potasse impur contient 35 °, d’acide phosphorique et 26 °/, de potasse.

« C’est un engrais riche qui vaut environ o fr. 8o le kilogramme.

« Au point de vue économique, l’épuration des eaux par le phosphate de potasse est possible et avantageuse même, car l’acide phosphorique et la potasse, tout en changeant de place dans les composés nouvellement formés, restent assimilables, par les plantes. »

Pour connaître la quantité de phosphate de potasse à ajouter à l’eau, il faut déterminer la teneur de celle-ci en carbonate de chaux et sulfate de chaux ou de magnésie. Pour cela, on a recours au procédé hydrotimétrique qui est déjà bien connu, et repose sur la réaction qui se produit entre une solution de savon et les sels calcaires et magnésiens tenus en dissolution dans l’eau.

« Ces sels, écrit M. GEORGES TRUFFAUT dans sa note, donnent avec l’acide gras du savon un précipité de savon calcaire ou magnésien insoluble. Aïnsi, tandis que quelques gouttes d’eau de savon suffisent pour faire mousser de l’eau pure, la mousse ne se produira avec une eau calcaire que quand on aura ajouté assez de savon pour précipiter

toute la chaux et toute la magnésie.

(Pour la Suite, voir page 24)

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