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VALEUR DE L ATLAS LINGUISTIQUE

palatale finale » telles que espink [lisez en réalité espitï], voit dans ces formes la preuve d'un croisement de spina et de spiciun. Il n'en est rien cependant. Le mot spicum est innocent du -k d'espink. Spina n'est pas coupable non plus. Ce -k est un pur fantôme.

Avec cette épine dans le pied, la théorie qui représente espink comme le produit de la contamination de spicum et de spino, ne cheminera pas sans encombre, et elle achoppera ailleurs encore, comme il sera exposé plus loin.

Mais ce qu'il importe de retenir pour l'instant, c'est une leçon de prudence touchant l'utilisation des matériaux de V Atlas. Ils sont le fruit d'un prodigieux travail, éminemment désintéressé, et marqué au coin de la plus haute probité scientifique. Mais l'erreur est humaine, surtout en des matières aussi délicates. Quel dialectologue — même linguiste — à propos de notations phonétiques n'a pas à faire quelque mea culpa ?

Pour être utilisées avec profit, les données de V Atlas linguistique exigent donc de la part des romanistes une critique toujours en éveil. Nous devons confronter constamment ces matériaux avec les documents provenant de toutes les autres sources possibles. Dans ses premières études de géographie linguistique, M. Gilliéron avait pris la décision farouche d'écarter de parti pris tous les renseignements étrangers à l'enquête de M. Edmont. Nous avons vu qu'il s'est depuis progressivement humanisé et que V Abeille, notamment, témoigne d'un exclusivisme moins maladif.

Toutefois il y a des rechutes.

Dans le chapitre même où les documents communiqués par M. Gauchat et les rédacteurs du Glossaire de la Suisse romande (^Abeille, 171) sont fort heureusement mis à contribution, et servent à attester l'élimination de motichette « abeille » par mouchette « allumette » de la région valaisanne, pris de remords sans doute, l'auteur exécute en un

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