‹ Linguistique et dialectologie romanes problèmes et méthodesChapitre 14 sur 149 · II. TA MHTHODF GÉOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

II. TA MHTHODF GÉOGRAPHIQUE

en éveil son attention sur le timbre vélaire de /ainsi d'ailleurs que sur celui de n, non moins caractéristique.

Cette seconde insuffisance des notations de M. Edmont a été déjà signalée en 1909 {Rev. dial. roiti., I, 146 : Le domaine gascon jusqu'en 19O/). Elle n'en reste pas moins regrettable, comme «on le reconnaîtra sans peine, si l'on veut bien se reporter à ce qui a été écrit dans le chapitre I du présent livre, p. 23-4, au sujet du traitement de ;/ final en provençal.

Parfois cependant le timbre vélaire de 1';'/ a, malgré tout, frappé l'oreille de l'enquêteur. Et alors celui-ci, ignorant l'existence de ce phonème, pourtant bien connu et bien défini (v. O. Jespersen, Lehrhiich der Phonetih, traduction allemande de Davidsen, Leipzig, 1904, p. 126; v. plus haut p. 23), le disloque arbitrairement en deux éléments graphiques : // + occlusive vélaire, ou voyelle nasale + occlusive vélaire : dilunhs ÇA. L., 787) « lundi », lu miik « le mien » (Jb., 853), au lieu de diluns, ht vmn. Cf. encore saping (Jh.^ 1190) dwnank (ib., 386), etc. Ces graphies paraîtront en vérité bien grossières, même chez un dialectologue qui ne se pique pas d'être un phonéticien. Elles ne sont à coup sûr pas plus scientifiques que la notation traditionnelle de l'allemand littéraire, qui écrit bringen pour brinerij etc. Elles sont en tous points dignes des scribes gascons du moyen âge, en vérité médiocrement « linguistes » eux aussi, lesquels écrivent mang « main » Rec. anc. textes land., M. de M., 1306, 26, etc. ; 13 n, 2j\; 1332, 8; 1458, 50, etc.; Villeneuve, 1349, 15, etc.; nianx, S. Sev. 1399; morlanx « morlâs », ib., M. de M,, 1410, 2y, pleng « plein », ib., Contis, 1515, etc.

L'inexactitude des notations phonétiques de M. Edmont en ce qui concerne 1';'/ vélaire a eu des conséquences fâcheuses. Dans le chapitre des « mots en collision : épi et épine » (El. géog. ling., 148), M. Gilliéron, observant pour spina, aux points 669, 679, etc., des formes « munies d'une

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