OBSERVATION III
27 ans, couturière. Venue consulter le 20 novembre 1929 à Cochin pour crises d'asthme subintrantes. Le début des crises remonte à 14 ans au moment des premières règles. Depuis, des crises fréquentes diurnes ou nocturnes, mais surtout à l’époque des règles. A 20 ans, elle devient enceinte. les crises cessent mais sont remplacées par de l’eczéma à la face et aux mains. Vers le 4® mois, toutes ces manifestations disparaissent. Cette sédation persiste encore 25 jours après l’accouchement : à cette date, vers le retour des couches, survient un grand accès asthmatique qui prélude à une succession de crises. À ce moment, la malade avait une petite plaie au bras droit : ayant appliqué sur cette plaie une compresse à l’aide de colloplaste, elle vit se développer tout autour un eczéma accompagné d’une prurit intense, qui gaona l’avant-bras, le cou et la figure. Dans le même temps les crises d’asthme s’atténuèrent et cessèrent rapidement.
Nous cherchâmes à préciser quel était l’élément déclanchant l’eczéma. La cuti-réaction donna peu de résultats, toutefois, la malade était sensible aux albumines de certains poissons. Et d’autre part, la formule du colloplaste contenait de la colle de poisson. Trois semaines après, la malade était délivrée de son asthme et de son eczéma.
(In Paris médical, 20 février 1932).
Citons enfin, rapporté par Mussro-FourNier (Arch. Méd. Chir. ap. resp., N° 4, 1932), le cas intéressant : d’un asthme guéri après ablation d’un kyste hydatique du foie.
Nous connaissons, d'autre part, l'extrême fréquence des crises urticariennes dans le kyste hydatique.
La division que nous avons voulu tenter plus haut des moyens d’envisager l’équivalence de plusieurs affections est sans doute très artificielle. Mais elle peut nous faire sentir quelle parenté étroite doit unir des maladies qui ont des rapports à la fois si variés et si fréquents, qu’elles semblent constituer les différents aspects ou, si l’on osait,-les différents symptômes, d’un même état pathologique mal défini.
Par conséquent, en ne retenant dans la recherche clinique comme dans la thérapeutique que ce quis’appliquera au plus grand nombre d’éléments du groupe, il semble qu’on doive rester plus près de la nature intime des affections qui nous occupent.
D'autre part, beaucoup de déductions faites à l’occasion de l’une d’elles seront applicables aux autres.