OBSERVATION VIII
Mademoiselle Le B.., Yvonne Marie, domestique, bretonne, 26 ans (Asile du Vésinet).
Date d'entrée : 9 janvier 1934.
Hôp. d’origine : Maternité de Paris.
Diagnostic d'entrée : accouchement.
Le 20 novembre, à 15 heures, nous sommes appelés auprès d’elle d’urgence, pour essoufflement.
Nous trouvons la malade assise sur son lit, haletante, angoissée, la tête renversée en arrière, les muscles cervicaux et les jugulaires tendus, la face bouffe et violacée, les yeux saillants et injectés, la peau couverte de sueur.
L’auscultation nous révèle le ralentissement des mouvements respiratoires.
C’est surtout l’expiration qui attire notre attention : elle est difficile, pénible, bruyante.
Par contre, l'inspiration est brève, sifflante, ralentie.
La crise est soulagée par injection sous-cutanée d’adrénaline et des ventouses sèches.
La malade est revue le lendemain. Rien d’anormal n’est constaté, n1 au Cœur ni aux poumons.
Foie légèrement sensible, ni abaissé ni augmenté de volume.
Léger subictère, langue sèche, digestion pénible.
Urines couleur acajou.
La malade nous dit qu'après une crise d’asthme, elle souffre d’une éruption cutanée très prurigineuse.
La maladé nous raconte qu’à l’âge de 5 ans, elle a eu une bronchite qui dura pendant une année (vraisemblablement asthme infantile). Depuis, elle est sujette à des crises d'asthme.
Donc, depuis l’âge de 6 ans, elle est considérée comme étant asthmatique, par les médecins de l'entourage.
Réglée pour la première fois à l’âge de 17 ans, elle ne l’est, d’une façon normale, qu’à partir de 19 ans.
Avec l’âge, les crises d'asthme ont perdu le caractère subintrant, mais elles sont devenues plus intenses et plus longues.
Balme du Garay.
LE
La malade avait jusqu’à 5-6 crises par mois, d’une durée de 2 à 3 jours.
Ces crises sont surtout occasionnées par les brouillards et l’humidité.
Elle a été soignée dans son pays par tous les médecins de la région. Echec complet du traitement par iodure, belladone, éphédrine. rue
Son médecin traitant préconise le changement d’air ce qui la décide de venir à Paris.
Pendant les quatre premiers mois, aucun travail n’est possible par suite des crises d'asthme prolongées, pénibles et parfois subintrantes.
Nouvelles consultations dans différents services hospitaliers et chez les médecins de quartier.
Nouveaux essais de différentes médications, y compris l’opothérapie : les résultats sont identiques.
Mêmes résultats par l’opothérapie ovarienne et thyroidienne.
Ablation des végétations et amygdalectomie n’ont influencé n1 la durée, ni la fréquence, ni l'intensité des crises.
Les injections d'oxygène associées à l’adrénaline, pratiquées pendant la crise, ont paru avoir une certaine influence sur l’intensité de cette dernière, mais aucun effet sur sa fréquence et sa durée.
Par contre, sa grossesse a favorablement influencé les crises. Pendant toute sa durée, la malade n’a eu que de rares crises très supportables.
Les crises habituelles reparurent dans les 48 heures qui suivirent l’accouchement.
Plusieurs radioscopies ont décelé quelques traces de sclérose pulmonaire.
L'analyse d’urines que nous faisons pratiquer nous fournit le résultat suivant :
a) Urée : 9,99.
b) Chlorure : 10,29.
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