GROUPE MUSCARINIEN) LA MUSCARINE
La muscarime est le principe toxique actif de l’Amanite tue-mouche, de l'Amanite panthère et de la Lépiote brunâtre.
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Nettement définie au point de vue chimique, la muscarine doit son nom à ce fait, que Schmiedeberg et Kopp l’isolèrent, en 1870, de l’Amanita muscarta.
La muscarine, comme un grand nombre de poisons végétaux, est un alcaloïde cristallisable, Ces cristaux, très déliquescents, sont de forme très irrégulière, insolubles dans l’éther, peu solubles dans le chloroforme, solubles par contre dans l’eau et l’alcool. Elle est considérée par Ch. Moureu comme dérivée de la choline par oxydation de sa fonction alcool. Sa formule est C5 H15Az O®. Elle a pu être reconstituée par synthèse par Schmiedeberg et Harnac, en oxydant la choline par l’acide nitrique. Très toxique, elle agit surtout sur le système nerveux.
La grenouille y est particulièrement sensible; il suffit de lui injecter un vingtième de milligramme pour déterminer l’arrêt du cœur, en diastole.
Elle tue le chat en deux heures et demie environ, à la dose de 2 à 4 milligrammes; en un quart d'heure environ, à la dose de 8 à 10 milligrammes.
Chez le chien, elle provoque du myosis, de l’exagération des sécrétions glandulaires (glandes salivaires, glandes lacrymales), de la diarrhée, de l’anurie, de la tachycardie, de la baisse de la tension artérielle et de la température. La mort survient par arrêt du cœur.
M. Pouchet enseigne que la muscarine excite d’une façon continue les terminaisons intra-cardiaques du pneumogastrique.
Ces propriétés expérimentales de la muscarine, assez
analogues à celles de la physostigmine ou ésérine et de la
pilocarpine, sont inverses de celles de l’atropine, autre alcaloïde retiré de la belladone (Atropa belladona L.). C’est en se basant sur cet antagonisme expérimental des deux alcaloïdes que l’on avait préconisé l’emploi de l’atropine dans l’empoisonnement muscarinien. Ce traitement
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théorique doit être abandonné à cause des résultats pratiques peu encourageants et souvent des plus discutables qu'il a donnés.
La dose mortelle de muscarine par ingestion serait, pour l’homme, de 525 milligrammes; si bien que les empoisonnements par la muscarine seraient, à coup sûr, mortels, si la précocité des vomissements qu’elle détermine n’en évacuait la majeure partie.
La muscarine, pour être la toxine principale des champignons dangereux, n’est pas la seule qui lui confère leur redoutable toxicité.
Réveil admettait, en 1846, l'existence de plusieurs poisons, dont l’un, volatil, dans la Fausse Oronge.
Harmsten a isolé une pilztoxine qui occasionnerait des accidents différents de ceux créés par la muscarine. Cette toxine, qui n’est pas détruite par la chaleur, est sans doute la même que celle dont M. Pouchet a signalé la présence dans le suc de l’A. muscaria et qu’il a considérée comme appartenant au groupe des albuminoïdes. Ajoutons enfin qu'on en a isolé de la choline, de la névrine et diverses bétaïnes.
En résumé, l’empoisonnement par les cryptogames du groupe muscarinien est dû à l’action de diverses toxines, mais celle de la muscarine occupe la place primordiale.