OBSERVATION IV
Empoisonnement par la Fausse Oronge (Vanror, Thèse de Paris, 1814, p. 31).
Un caporal français, sous les murs de Polosk, pendant la campagne de Russie, en septembre 1812, ayant mangé des Fausses Oronges, grillées et arrosées d’un verre de schnaps, fut la proie de violentes convulsions deux ou trois heures après.
Vadrot, alors chirurgien-major, qui le soigna, nous décrit la scène : Vers les 10 heures, le caporal commença à parler et tint quelques propos sans suite. Il entra bientôt dans un délire gai avec une grande loquacité. Peu de temps après, il éprouva de violentes convulsions. Il avait des mouvements convulsifs de la face et des extrémités; les mâchoires étaient serrées. Les yeux roulaient dans leur orbite et parfois la pupille se fixait contre la paroi supérieure de cette cavité. L’agitation était extrême, les membres inférieurs fortement rétractés et les bras tellement agités qu’on ne put sentir le pouls. Il survint un moment de calme; on put provoquer les évacuations par l’eau émétisée.
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Les vomissements et quelques déjections alvines se produisirent. I] passa le reste de la journée dans des alternatives de convulsions et de stupeur; il put enfin s'endormir. Le lendemain il était revenu à son état de santé. Il ne conservait pas la mémoire de ce qui s'était passé.