‹ L’intoxication fongique: ses causes, ses effets, son traitementChapitre 46 sur 55 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic guoad vitam est excellent en ce qui concerne les champignons suspects. L’intoxication muscari-

AMPNTRE UNE

AR EN D mienne est en général grave mais non mortelle. L'issue fatale n’a été signalée que dans quelques cas, chez des enfants ou des vieillards, et des adultes porteurs de lésions rénales, cardiaques ou hépatiques.

Le début rapide des accidents, la brusquerie des vomissements et de la diarrhée, qui évacuent le corps du délit, la précocité des mesures médicales, la nature du poison enfin, tels sont les facteurs de bénignité.

Il en est tout autrement pour l’empoisonnement phallinien. L'apparition tardive des accidents, des vomissements, de la diarrhée, l’anurie, les hémorragies pulmonaires, gastriques, intestinales, assombrissent le pronostic. La stupeur, la somnolence, l’absence de vomissements et d’évacuations alvines sont du plus fâcheux augure. La mortalité est d'environ 80 % des cas.

Le pronostic est un peu plus rassurant quand l’intoxication n’a pas été trop massive; quand on a affaire à un adulte vigoureux, bien portant; quand il y a eu mélangés aux Amanites phalloïdes d’autres champignons vénéneux déterminant des vomissements précoces; quand, enfin, le médecin est appelé sans trop de retard.

Cependant le pronostic est en général des plus sombres; il importe, malgré une thérapeutique active, de prévenir la famille des malades que l’issue sera vraisemblablement fatale.

Cette précaution prise, il faut néanmoins tout mettre en œuvre pour essayer de combattre l’intoxication phallinienne, car il semble bien que dans les quelques rares observations où l’évolution a été heureuse, une thérapeutique énergique et appropriée ait été réellement efficace.

Le médecin appelé en toute hâte auprès d’une famille intoxiquée par les champignons doit tout d’abord s’ingénier à favoriser l’évacuation immédiate, rapide et complète des poisons absorbés.

I. — Il pratiquera une grande irrigation de l’estomac au moyen du tube de Faucher, en employant soit de l’eau tiède pure, ou de l’eau avec du tannin.

Si le lavage d'estomac est impossible, on aura recours aux vomitifs. On peut essayer les moyens physiques, tels le chatouillement de la gorge par un doigt, un pinceau, une barbe de plume, etc.

Mais, le plus souvent, on utilisera le sulfate de cuivre, que le professeur Pouchet recommande, car il n’a pas d’effet dépresseur sur les centres nerveux : on donnera 50 centigrammes de sulfate de cuivre dans un demi-verre d’eau tiède ou encore le sulfate de zinc à la dose de 75 centigrammes.

On peut encore employer la farine de moutarde à la dose de 10 grammes dans un demi-verre d’eau froide.

(Eviter l’émétique et l’ipéca) (Poucer).

. Le vomitif de choix est le chlorhydrate d’apomorphine en injection sous-cutanée. On injecte un centimêtre cube de la solution suivante qui doit être récente :

Eau distillée,. …. .'. di, 210 grammes:

Chlorhydrate dans cristallisé . 10 centigrammes.

Dans tous les cas il faut débarrasser l’intestin, c’est pourquoi on aura recours aux purgatifs. Si l’inflammation est vive, on administrera 30 grammes d’huile de ricin : cette

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dernière, ne dissolvant pas les toxiques, est le purgatif le plus recommandable.

On peut employer encore le sulfate de soude (40 grammes dans un verre d’eau), ou le sel de Seignette (25 grammes | dans un verre d’eau); on preserira les éméto-cathartiques 1 (tartre stibié).

On conseillera également des lavements purgatifs (lavement purgatif du Codex) et des lavages d’intestin; on pourrait aussi employer la méthode des irrigations intestinales continues, si l’intestin n’est pas trop intolérant.

IT. — On a cherché à fixer et neutraliser le poison dans les cas d’empoisonnements par les champignons.

Bourgeois, vers 1770, disait « que pour émousser et envelopper la causticité des champignons, adoucir en même | temps l'érosion et l’inflammation qu'ils produisent vers les membranes de l’estomac et des intestins, il fallait faire usage, et à grandes doses réitérées d'huile, des décoctions de racines et de semences mucilagineuses, des gelées de corne de cerf et d'ivoire, des dissolutions de gomme arabique | et adragante dans l’eau de rose, après avoir fait précéder les émétiques et les laxatifs doux. »

Touéry a recommandé l’ingestion de charbon de bois pulvérisé. Adler, Daunic préfèrent le charbon animal. On : fait ingérer 10 grammes de noir animal dans un verre d’eau. Quelques instants après on pratique un lavage d'estomac pour retirer le noir animal sur lequel le poison s’est fixé. 4 Mais Guéguen déclare que si le charbon peut retenir certains toxiques végétaux, il n’est nullement démontré qu’il en soit de même pour les poisons des Amanites phalloïde, citrine, printanière et des Volvaires. à On ne connaît, à l'heure actuelle, aucun antidote pour la muscarine ou la phalline. Rappelons que Pline (1), Nican-

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