CHŒUR DES VIERGES
Que nous avons cueilli de roses Pour toi, Liola, notre sœur !
Vois : leurs lèvres fraîches écloses Avaient des tiennes la douceur.
Seule ta pure haleine égale Les doux parfums que leur pétale Laisse à la brise s'envoler.
Oh ! sur ta couche nuptiale
Aux lis nous voulions les mêler !
Et, semblable à ces fleurs chéries, Tu ne verras pas d'autre été.
Mais, comme leurs couleurs flétries, Bientôt pâlirait ta beauté.
Console-toi : car ta jeunesse Fuit avant que la douleur naisse.
Tu vas mourir en ta fraîcheur Et sans qu’une tache paraisse Sur ta virginale blancheur !