DR ETS PRESS PURES
Pr.
Éd $ #
un mythe. Il se livrerait à la sculpture, le marbre qu’il polirait, le marbre froid et dür il saurait par la seule force de son génie, de sa
volonté en faire une oeuvre d'inspiration sublime.
Il se mit à l'ouvrage travailla fort, et en peu J'années réussit. A l'exposition des Arts à Paris, il obtint le premier prix pour sa statue de l’Attente. Il eut un succès monstre, on l'acclama dans un délire d'enthousiasme, les hommes l'enviaient, les femmes le couvrirent de monceaux de fleurs.
Un prix fabuleux lui fut offert pour son chefd'oeuvre, il refusa et tel qu'un mari jaloux, courut s’enfermer avec son trésor; comme Pygmalion il se mit à aimer sa statue. Il rêva de ces yeux, de cette bouche, de cette âme qui semblait s'échapper de ses lèvres: il entendit d'elle les paroles qu’il voulait entendre de l'être aimé, il lui sourit et vécut ainsi du rève, assez heureux pendant quelques semaines ; mais un beau jour, malgré toute la séduction de la déesse, il trouva vides les pièces qu'il habitait. Le mal dont il avait beaucoup souffert le reprit. Il résolut de voyager, il parcourrait le monde, il la trouverait cette âme fraternelle qu’appelait son âme ; cette étoile de son ciel, ce souffle de son existence, elle existait ;: mais où? S'il ne l'avait pas rencontrée en France, pays
: 5 CN Lam
des lumières, du sentiment et de toutes les grandes idées, n’était-ce pas une utopie d’espérer la trouver ailleurs? Cependant poussé par le désir de se sentir compris, il obéit à la force irrésistible qui l’entrainait toujours vers l'in. connu.
Il avait visité déjà le continent européer sans succès, il voyagerait vers le Nouveau Monde, sol natal des Atala, des Evangeline Oui, il irait jusqu'en ces terres lointaines Avant toutefois il verrait l'Afrique; il voulai étudier toutes les femmes, les blanches, les noi res, les jaunes. Trouverait-il plus de nobles se chez les nations sauvages, chez l’être n’étan pas l’esclave des conventions mondaines, née pour étouffer la droiture des sentiments, rape tisser les natures en les assujettissant à une L commune, étreignant dans leur âme ces élan spontanés de générosité, de sacrifice, de désir téressement, que l’homme du monde appel exaltation. La civilisation porté à son paroxi: me n'est-ce pas le décivilisation, n'est-ce ps l'engloutissement de toutes les aspiration l'obstacle au vrai bonheur? avec ses préjugé n’estce pas le berceau des maux de la société, berceau de toutes les souffrances, les haine les jalousies, de toutes les démoralisations h: maines? C’est le rieur éternel qui fait entend son cynique ricannement devant la naïveté ( la vierge émue qui croit encore à la vertu. A
tes les d’espéssé par a force rs l'in-
iropéen Juveauigeline.
itaines.
voulait les noinoblesn'étant es, nées s, rapeune loi es élans e désinappelle paroxist-ce pas irations, rÉjuUgés, Dciété, le ; haines, ions huentendre iveté de rtu. Ah!
na Set 8 sm EL AT cobus à ectiDe
oublier le monde entier, s'enfoncer dans la profondeur des forêts, des déserts affr:nchi de toutes les fausses idées d’une fausse société : être franchement soi en pressant la main d’un autre soi-même, oser dire ce que l’on pense, c: que l’on sent, ce que l’on éprouve, se lais:er être heureux voilà la vraie sagesse. Ce bonheur il le voulait, à tout prix, il le trouverait. Dans cette détermination il entreprit ses longs voyages.
Sa première étape fut au Caire. Arrivé à l'endroit où le plus grands des guerriers harangua ses soldats, le sculpteur s'arrêta impressionné, saisi d'émotion devant la face sinistrement triste du sphinx, monstre de l’antiquité placé entre les trois pyramides, dont ja majestueuse grandeur lui forme une garde royale, Dorées des rayons jaunissant d’un ciel où le soleil s'endormait, elles lui parurent d’une faste légendaire. Le génie des siècles passés l’enthousiasmait. En contemplant la figure morne, le regard sombre du colosse, qui semble reprocher au temps d’avoir enfoui ses griffes dans le sol, d’avoir assoupi sa force en l’enlisant jusqu’au cou, de l’avoir presque désarmé en lui enlevant son prestige d’incompris, Lionel se sentit envahi d’une triste mélancolie; lui aussi depuis des années était incompris, il ne pouvait trouver celle qu’il cherchait. Au fond de son âme, il demandait la lucidité du malheureux
mis
: fils de Laïus, vainqueur de l'être fantastique. Où est-elle? Avec ce but fixe de sa vie in entra dans le désert, non sans avoir auparavant escaladé, avec l'aide des Bédouins, les Pyramides, voulant éprouver la terreur vertigineuse que l'étranger ressent en visitant ces masses imposantes.
Le désert n’était-ce pas l’image de sa vie? Ses pas s'y enfonçaient géométriquement, systématiquement, réguliers, uniformes comme tous les jours de son existence. Les collines, les vallons, qu’il y découvrit, il les comparait aux émotions violentes qu'il avait quelquefois eprouvées, aux heures où il avait cru enfin pouvoir réaliser son rève; les courants ondulés, aplanis, sans trève, c'était la réalité, c'était la vie qui passe où le sable poudreux efface toutes les illusions: l’oasis, où quelquefois sur sa route il abreuvait ses lèvres desséchées, c’était les douces rêveries de cet amour idéal qui l'avait jusqu'alors préservé des amours vulgaires, lui conservant toute l’ardeur de ses nobles tendresses, pour cette femme souhaitée, pour cette nature devinatrice, vers qui les élans passionnés de son coeur le poussaient. Ainsi il avait passé sa première jeunesse, ainsi il avait souffert, anisi il avait aimé, soutenu par cette 4 flamme mystique, le faisant une exception aux ; % autres hommes. Sa grande érudition, son ar- 4 deur pour l'étude des choses abstraites, l’a-
EAN Len
vaient aidé à supporter cet isolement volc taire, dont cependant saignaient toutes fibres de son âme, par ce qu'il était plus nob plus grand que la généralité des êtres humaï il ressentait une douleur immense de se sen toujours seul au milieu de son entourage.
Découragé il se demandait, avec tristes si le gardien suprême de tous les mystères pl siques, métaphysiques, hiératiques, systéma ques, l'avait jeté dans l'océan universel, lui fime atôme, pour suivre le sentier déjà ba:
des primitives générations, acceptant comi un legs héréditaire les jouissances matériel sans préocupation du véritable idéal, qui nc rapproche du Souverain des mondes; si tou ses aspiration devaient s’éteindre faute d’:
ment, comme les pâles rayons de l’astre « heures sombres à l’approche du jour.
Sa mélancolie augmentait, ainsi que les o bres de ‘1 nuit, elles aussi entraient dans s coeur, avec les mornes solitudes des régic environnantes. Cet homme si brave, si ct rageux, pour affronter les périls, pour supp ter les douleurs physiques, les plus cuisant avait quelquefois, telle qu'une petite fem nerveuse, des défaillances, des désespéranc devant son impuissance à trouver le remède mal moral qui voilait tout son ciel. Parfois milieu du Sahara il s'était arrêté ému, surp aux accents de sa voix répétant à son in:
it volonutes les us noble; humains, se sentir age.
tristesse, ères phyystématiel, lui inéjà battu t comme atérielles, qui nous si toutes ute d’aliastre des
e les omdans son s régions >, Si COur supporcuisantes, e femme pérances, emède au ’arfois au 1, surpris son insu:
“Où es-tu, où es-tu?” interrompant soudain le calme de cette mer de sable ; de ce monde où tout était plongé dans un sommeil de mort, où nul indice ne révélait la présence d’un insecte, d'un oiseau, d'une plante animée, où pas un souffle d'air ne gémissait dans l’espace, où tout ce qui respire était frappé d’immobilité complète, le pénétrant d’un sentiment d’oppression, de tortures angoissantes ; pendant quelques secondes il se sentit incapable d'avancer; il voulait fuir pour aller ailleurs entendre vibrer un son vital, un simple bourdonnement de scarabée, un bruissement d’herbe, un froissement de branche cassée: maïs tout son être semblait paralysé, il croyait entendre dans son hallucination le glas funèbre tinter son De Profondis, et comme bien d’autres voyageurs avant lui se l’était demandé, Lionel murmura; Estce la dernière heure? par un supème effort il réagit contre cette torpeur et parvint à une oasis, où il put inonder son front brülant, dans une eau bienfaisante ; elle lui rendit le courage Ranimé il réussit à franchir en peu de temps lot sables du MUSert, sis niscsecersvenrsa
Après le désert Monsieur Duvernoy passa en Italie ; se dirigea vers l’Inde visita le Japon, traversa le Grand Océan, puis enfin posa ses pieds sur le sol d'Amérique. Chose étrange en respirant les premières bouffées d’air à Victoria, il éprouva les douces sensations de l’a-
Lun La
moureux éconduit, recevant un bonquet,
lui annonce, qu’on le regrette, qu'on le rapf le.
Tout lui plaisait au Canada, la chaine ; Rocheuses, avec ses pics, ses glaciers ses pi res cristalines aux mille couleurs, l’'émervei Il trouvait là une infinité de petites Suiss avec des montagnes plus hautes, des lacs p grands. Le site poétique de Banff, à plus quatre mille pieds d’élévation, entourée pics hérissés, le captiva plus que tout autre « droit, ce fut à regret qu'il s’en éloigna pc traverser la prairie.
Il, fut surpris de trouver cette vaste régi de l'Ouest si florissante, sillonnée de vil d'hier, bien bâties, jolies, coquettes, posséda un commerce étendu, des industries manuf:
turières, importantes. Les ranchs, aux no:
breux troupeau l’'étonnèrent ; il se laissa duire par la vie libre, affranchie de toute co sidération mondaine que menaient ces éleveu de bestiaux, il passa plusieurs semaines au n lieu d'eux et put ainsi constater la richesse « sol, dont la luxuriante végétation a valu à c contrées le titre de: Grenier de l’Empire B:
tannique.
Lionel traversa ensuite, à la hâte, Winnipe Toronto, Ottawa, voulant se rendre aux Be mudes avant la saison d’été; se reservant de v siter Montréal et Québec à son retour de c
quet, qui le rappel-
haine des ses piermerveilla.
3; Suisses, lacs plus à plus de Jurée de autre engna pour
te région de villes ossédant manufacux nomaissa séjute conéleveurs s au mihesse du lu à ces ire Bri-
Jinnipeg ux Bernt de vir de ces
: iles, dont il avait entendu vanter le climat en- 1 chanteur.
: Notre héros ne fut pas désappointé dans son ! attente, car les Bermudes sont un véritable pe- | tit paradis terrestre. Des forçats envoyés par { l'Angleterre, il y a plusieurs années, creusè- { rent dans le sol, de pierre blanche, spongieu-
se, des allées superbes, des chemins magnifi-
ques; les travaux immenses faits par ces pri-
| sonniers joints à une végétation luxuriante, se
renouvelant quatre fois par année, font de ces iles un endroit tel que raconté dans les contes d'Aladin. Le palmier Royal, le laurier d’une hauteur surprenante, borde de chaque côté, de
{ses fleurs abondantes, toutes les routes qui 4 semblent des rubandelles blanches jetées sur
un tapis d’émeraude, Le Pan-pan ainsi qu’une
4 infinité d'arbres, de familles dfférentes, char-
ment le regard; la grande variété, de cent soixante trois oiseaux, remplissant l'air embaumé et pur de leur chants,
{ séduisent par la beauté de leur plumage et les
mille poissons aux brillantes couleurs, offrent
un véritable intérêt aux touristes.
Toutes les maisons faites de pierre blanche À de la cave jusqu’au bout de la cheminée, ainsi que les huttes des indigènes, bâties de bois, 4 que l’on peint en blanc, font l’effet d'immenses flocons de neige tombés au milieu d’un bou- = quet de verudure.
Il semble que l’on doit tou-
jours être heureux dans un lieu où tout beau, si pur; pas une odeur infecte dan:
mosphère. Un jour quelques citoyens :
rent introduire l’horrible automobile, ave souffle empesté et malsain, quatre seule y furent transportées; mais toute la pc tion, intelligente, se leva pour protester; disparaître la puante machine, aucun nal destructeur de la santé n'est toléré cette terre bénie, destinée à rendre les f et la vie aux faibles. Les Bermudiens servent jalousement, l’inestimable joie, de voir respirer à plein poumons les arômes ves, des courants embaumés, de senteui roses, de lys, de laurier. L'âme du poêt:
réveur, éprouve une délirante ivresse, sou ciel si clément.
Moore en ces lieux écrivit des vers subl inspirés sous l’ombrage des palmiers e fameux Calabash.
Lionel charmé, ému, écoutait, avec a tion, la légende du Laurier nommé en an Oleander, que lui racontait son guide.
C'était deux jeunes fiancés que la me rieuse avait séparés. Sur le bord du rivai jeune fille regardait s'éloigner celui qui p dait son amour, lorsque les vagues deve subitement furieuses l’engloutirent dans antre.
Eperdue, agonisante, la pauvre enfant,
1 tout est si te dans l’atyens voulule, avec son e seulement la populaester ; et fit ucun infertoléré dans e les forces udiens conoie, de pouirômes suasenteurs de u poête, du se, sous un
s sublimes, iers et du
ivec atten- :
en anglais de.
la mer fuu rivage la
qui possé- !
s deveaues dans leur
nfant, l'ap-
| pelait avec désespoir “O Léandre! O Léandre!
: Hélas aucune réponse ne vint à son appel, rien
jne reparut à la surface des eaux; mais avec les ondulations de l'air, toutes les fleurs, tristement, se penchant vers le sol, répétèrent avec l'infortunée O Leander! O Leander! comme si leurs voix pouvaient le ramener à elle, et de ce
{ jour elles furent baptisées de ce nom.
Lionel en ceuillit deux ou trois, qu’il mit à sa boutonnière, il lui semblait qu'elles étaient ses soeurs, n’avait- elles pas appelé comme lui l'être qu’un coeur souffrant cherchait -— cette similitude de sentiments le faisait les aimer.
{ Charmantes fleurs murmura-t-il — vous êtes
les sympatiques témoins de nos plus grandes joies, ainsi que de nos plus cuisants chagrins.
se:
An RES RES SE TUE EURE UE A OO D A OUEN NC Ce NT TS
Bour-r-che, bour-r-che, bour-r-che. La roue du navire frappe la vague qui vient mourir au loin sur la grève. Le St. Irénée, fend les eaux du St. Laurent, avec une grande vitesse: on arrive à la Malbaie, sur la rive nord du fleuve, où les touristes jouissent d’un superbe panorama. L'oeil ne saurait se lasser d'admirer ce littoral enrubandé de routes ombrées, offrant aux regards mille tableaux variés; les ascensions subites s’y multiplient, avec une splen-
Sr — - -
deur de décor vraiment grandiose: tot rive ainsi escarpée, accidentée, se continu qu’au Cap Diament, que couronne la viei tadelle.
Assise à l'arrière du paquebot une jeune aux formes gracieuses et séduisantes, sant toute la sève de la première jeunes:
teint pâle; mais frais, aux lèvres de corail traits d’une expression unique, suivait d beaux yeux couleur noisette, le vol tém de deux petits oiseaux que l’inexpérienc la vie avait fait s’aventurer, en chantan duo bien parfait, trop près d’une vague gissante, la lame furieuse, ils ne la voy pas, traitresse elle les couvrit de son é blanche — quelques secondes on vit leurs se débattre, puis la force des eaux les r dans son antre.
Anxieuse la jeune fille plongea plus a ses regards dans le fleuve, espérant les reparaître; mais en vain, ils étaient bien « velis tous deux.
Pauvres oiseaux! qui tout à l'heure avez té dans l'air une musique si joyeuse, :
voliez, vos coeurs battaient à l’unisson.
prudents, vous ne saviez denc pas que tout nivers vous en voulait? Jaloux de votre heur, mille lutins vengeurs vous poursuivai vous ne pouviez plus vivre, vous vous ain tous les esprits malins demandaient votre
e; toute la ontinue jusla vieille ci-
e jeune fille, intes, accujeunesse, au > corail, aux ivait de ses 1 téméraire périence de hantant, un vague mula voyaient son écume t leurs ailes « les retint
plus avant nt les voir bien ense-
re avez noeuse, vous sson. Imue tout l’uvotre bon-
rsuivaient ; :
us aimiez, votre vie.
Vaste: réhébauss ba éi
Votre crime était grand, vous aviez oublié le monde entier, il fallait disparaitre; tous les fluides magnétiques, diaboliques, déchainés contre vous, en même temps, vous précipitèrent dans ces eaux perfides, qui vous quettaient.
Ainsi pensant, émue, la jeune fille entra, ne voulant plus regarder cette onde méchante.
Impressionnable et tendre cete mort l'attristtant. Lentement elle se dirigea v. ; le piano, inconsciente de tout ce qui l'enourait, ses doigts firent vibrer sur l'instrument les tristesses de son âme. Les impressions qu'elle venait d'éprouver elle n'aurait pu les dire, mais elle les exprimait avec une telle impression, une harmonie si suave, elle rendait des sons si réels, qu'on eut cru entendre une voix, des paroles, des soupirs, des gémissements, puis enfin des sanglots noyés dans un complet délire.
Perdue dans sa rêverie elle jouait, jouait toujours sans s’apercevoir qu'on avait faitf cercle autour d'elle, qu’on l’écoutait avec extase. Enfin elle s'arrêta au contact d’une main tremblante qui inconsciemment s'était posée sur la sienne, un beau visage mâle et fier, le regard humide de larmes, penché vers elle, la contemplait et Lionel murmura.
— Pardon, excuse, mademoiselle, je me suis oublié, ce que vous venez de dire est si beau, si
beau! Où avez-vous appris tout cela? :
êtes si jeune. Il me semble qu'il faut bie l'expérience, avoir vecu, avoir souffert rendre ainsi.
— Peut-être, monsieur, mais il y a des ch que l'on conçoit sans les avoir apprises, choses qui nous font pleurer sans les a souffertes, des joies que l’on rêve sans avoir éprouvées. Le plus petit incident | fois fait vibrer la lyre de nos nerfs, nous I vres femmes, susceptibles aux moindres é tions. Mais vous allez rire de ma répo peu d'hommes nous pardonnent de nous 1 ser ainsi dominer par les impressions du :
ment, sans nous classer dans la catégo des exaltées.
—C'est là où l’on a tort, mademoiselle, prit Lionel, moi je vous comprends ayant t longtemps souffert du faux jugement hommes. Je vous admire de ne pas pen comme tout le monde.
La jeune fille le regarda, avec surprise, ét nement, une expression de joie indicible re plit son regard d’une beauté incomparable y avait dans ses yeux tout un océan de ti dresse et d'amour ; elle tremblait, inconscien elle mit sa main dans la sienne tandis qu’ voie de l’âme j'artant de son coeur à ses lèv murmurait, C’est lui, à la minute où Lio:
s'écriait: C’est elle!!!
cela? vous ut bien de ffert pour
des choses prises, des les avoir > sans les ident parnous paudres émo- \ réponse, nous laisis du mocatégories
iselle, reyant trop nent des as penser
rise, étonible remarable, il n de tennsciente ; is qu'une ses lèvres ù Lionel
O lien mystique unissant deux êtres s'étant longtemps appelés, joie inimense du retour de elui que l’on attendait sans l'avoir jamais ren- Fontré, félicité d'un paradis perdu, dont le souenir nous hantait, sans en avoir jamais sa-
21 la retrouvait dans toute sa beauté juvénile
Jouré les délices, intense satisfaction de se Bentir enfin comrris, aimé. Ainsi que d’an- #iens amis ils échangèrent leurs pensées ; ex- Primant, ensemble les mêmes goûts, les mêmes entiments. Il l’écoutait parler de ses poétiques
croyancess , qu'il avait toujours lui gardées, chéries, dans son plus intime rieur, mais, qu’il n'avait oser avouer monde sceptique et railleur.
‘Que d’éloquence dans l’accent des parol la jeune fille; sa voix avait des harmonie connues jusqu'alors, mais rêvées ; avec q confiance elle lui parlait de ce qu’elle ai de ses inclinations de ses sympathies; pa il se sentait complété.
Oh! ravissement! elle existait, il l’ava:
péré sans le croire; et elle était canadi c'est-à-dire française; soeur par l'âme, était sa soeur cadette envoyée pour lui da beau Canada, sol si fertil, où fructifie la b semence. Il la retrouvait dans tout son nouisement, dans toute sa beauté juvé n'attendant plus que son frère aîné pot conduire, par la main, dans les grandes r« déjà frayées par lui, route de tout ce qu noble et beau.
O France, mère patrie, notre amour, :
orgueil, vogue vers nos rives, nous te soi tons avec ardeur. Nous avons besoin qt nous guides dans le sentier du savoir:
voulons nous appuyer sur ton bras géné pour marcher sur tes traces et devenir co toi, s’il est possible, dans l'avenir un foye lumières éclairant l’univers tout entier.
lui aussi
ntime inté- # jouer à un
s paroles de !
rmonies in- À
avec qu'elie
elle aimait, 1 es; par elle À
| l'avait es- !
canadienne, !
l'âme, elle :
lu; dans ce:
ie la bonne 4 it son épa-! é juvénile, :
né pour la:
ndes routes ce qui est!
nour, notre te souhaïi-&
oin que tu
ier.
Une Lettre Anonyme
Monsieur Edgard T...
Vous le savez vous initie aux moindres incidents de ma e. Vous avez aussi une manière de ques-
Mionner sans en avoir l'air, qui ne me permet voir; nous@as de ne vous rien cacher, et quelquefois je généreux, A nir comme
n foyer dei ntends vous écrier : flatteur! Non, monsieur,
is fort étonné d’avoir mis au courant de putes mes folies un sage tel que vous. Je vous
e ne le suis pas ; ce métier je ne l'ai jamais ap-
Pris, et dans tous mes longs voyages, en Eu-
pe, en Asie, en Afrique, je ne suis jamais
parvenu à me refaire, je suis toujours de l'incorrigible Gaston, disant tout ce qu'il ayant, malgré ses défauts, l'horreur du m.
ge, l'amour du vrai, du bon du spirituel pourquoi je suis demeuré votre ami le pl voué, car vous possédez ces trois qualités je me tais bien vite, vous me faites le:
yeux, les compliments vous ne les aime C'est juste, je vous ai déplu ; mille pardoi sormais je serai muet comme la tombe à sujet, et tel qu’un véritable égoiste je ne entretiendrai que de mon humble per:
Etes-vous content? Maintenant tourn page
Savez-vous comment je quittai Mo l’autre jour, lorsque je pris le diner avec En véritable ours mal léché, sans prendr« gé de personne. En voulez-vous savoir I:
se? Ne cherchez pas trop longtemps, voi vez deviné, c'est la femme.
Vous savez comme moi, la femme se n tout ce qui nous regarde. Avez-vous du heur, c’est ia femme, avez-vous du mal c'est la femme, avez-vous des misères, de cas, des ernuis, c’est encore la femme, 1 nelle femme. C’est elle qui bouleverse le de, maïs il parait qu’il ne faut pas trop | vouloir, puisque sans elle il n’existerait j'ai donc pardonné bien vite à celle qui fait quitter si brusquement Montréal,
urs demeuré e qu’il pense, r du mensonirituel ; voilà ai le plus déualités. Mais tes les gros S aimez pas.
pardons, démbe à votre e je ne vous le personne.
tournons la
ii Montréal "avec vous?
rendre conavoir la cau ps, vous l’a-
1e se mêle à ous du bon lu malheur, res, des tranme, l’éter-% rse le montrop lui er :
sterait pas, lle qui m'a 8 ntréal, car
Monument Maisonneuve à Montréoel.
HE
PE
celle-là a droit à tout l'amour, la tendress respect qu'un coeur peut éprouver, pui c'est ma mère,
Comemnt, allez-vous me dire, votre r une femme de tant d’esprit, de tact, de fin a-t-elle pu vous causer des désagréments 2 grands pour vous décider à laisser Mont où vous deviez passer six mois? il faut 2 été trop prompt, ou, mon cher, permettez de le dire, il faut que vous ayez manqu raison.
Parfait, je vous l'accorde, j'ai manqué de son; mais Edgard, avouez que les femmes « prit sont celles qui se fourrent les plus si lières idées dans la tête. Figurez vous ma mère, savez-vous ce qu’elle voulait:
vous le donne en mille, je vous le donne cent, elle voulait me marier! Comprenez-\ enfin ce grand mot? me marier, moi, q dites vous? n’était-ce pas assez pour me f fuir jusqu’au Mont Blanc? Oui, je me sen d’ardeur à gravir ces montagnes et à me lai.
geler sur leurs sommets à cette proposit Me marier, moi l’excentrique, moi le mis thrope, ah! ah! ah! du fond de ma retr je vous assure que je ris de bon coeur.
—"Mon fils, m’a dit ma mère en comm Gant, savez-vous que vous avez bientôt trer trois ans.
—“Oui, ma mère, je ne l'ai pas oublié.
ndresse, le Tr, puisque
otre mère, de finesse, nents assez Montréal, faut avoir mettez-moi nanqué de
qué de raimmes d’eslus singuvous que oulait? Je donne en renez-vous noi, qu’en r me faire ne sentais me laisser "oposition.
le misana retraite
commenôt trente-
lié.
4—"Eh bien!
2—"Eh bien! qu'en concluez-vous ?
4 —"Qu'il est temps de vous choisir une com- | agne.
—“Je n'en vois pas la nécessité.
—“Au contraire je la trouve fort urgente, @r si vous ne vous hatez, vous deviendriez étre le plus caprivieux, le plus fantaisiste, le us insupportable, que la terre ait porté. T'eez, j'ai une charmante union à vous propoà —“Sous quelle forme, ma mère? —“Sous la forme gracieuse de Melle Alice LÉ —“Mademoiselle de C...?
—“Oui, est-ce qu'elle ne vous plait pas?
‘est une aimable enfant qui, outre sa jolie fire, a une éducation parfaite et une fortune à É pporter à son mar.i
4 —‘Je n'aime pas à courir la bonne fortune, Æt votre aimable enfant n’est pas ce qu'il me Maut; je suis bien d'opinion qu’elle a de très eaux yeux noirs, un nez quelque peu fripon, ne chevelure blonde, une bouche moqueuse, ne silhouette élégante une main de duchesse, n pied mignon, mais que voulez-vous ma ère, je n'ai pas de goûts matrimoniaux, et omme vous me revoyez après six ans d’abence, j'ai vu une infinité de femmes, blanches,
Moire, jaunes, rouges, sans qu'il me soit venue
la moindre envie d’en prendre une.
jouir encore de ma liberté.
—"Allons donc, ce que vous dites ton, n’a pas de sens commun.
—"Au contraire, ma mère, c’est tré
—"“Vous déraisonnez toujours, Gas commencement de nos entretiens, mais rai bien par changer vos idées bisc Vous me revenez du bout de l'Orient a infinité de travers dont il faudra vous tir, il faut vous habituer à penser qu n'êtes plus au miiieu des Egyptiens.
—“Comme il vous plaira, ma mère, !
ne m'habituerai jamais à Ja pensée d’airr autre femme que vous.
Et là-dessus je l'ai embrassée en lui
—"Faites mes saluts les plus respect:
Modemoiselle Alice, et dites lui que si jeté ses vues sur moi, il serait bien plu
des les porter ailleurs, je ne suis pas fai un mari.”
Je la quittai à ces mots, une heure apr tais dans le Wagon qui m'entrainait vers bec.
Je connais ma mère, Edgard, elle n’e:
femme à abandonner ce qu'elle entrey chaque jour je l'aurais vu venir à moi cette phrase: “Mademoiselle Alice est « ci, puis elle est comme Ça, puis elle a fait puis elle a fait cela. Que dis-je, elle ne :
CA
une. Je veu\ @rait pas laissé un moment de repos, sans me
dites là, Gas :
st très sensé A s, Gaston, avi , Mais je fini.
S biscornues À ient avec une à
à vous dépar:
ser que vou:
ns.
nère, mais jef
e d'aimer une
n lui disant
espectueux 31 que si elle 24 en plus sage!
pas fait pour:
ire après j'é-# it vers Qué
le n’est pasi entreprend,:
à moi avec
est comme
> a fait ceci A lle ne m'au-æ
parler avec des louanges flatteuses de son
lice. Bref, elle m'aurait écorché les oreilles le telle façon avec sa demoiselle de C..., que pour avoir la paix j'aurais peut-être fini par épouser cette petite, quitte à m'en repentir toute ma vie. J'ai pris le meilleur moyen, tout simplement, comme un lâche, j'ai fui le danger. Grondez-moi, mon cher Edgar, cette fois vous n’y pourrez rien, je suis fort décidé à ne pas retourner à Montréal, jusqu'à ce que ma mère ait entièrement renoncé à ses idées matrimoniales à mon endroit,
Cher Gaston, je vous écris sur le vapeur, après avoir laissé le wagon, et je vous envoie mes impressions de voyage. Nous avons passé la Rivière du Loup, nous filons à pleine vapeur vers le joli village de la Malbaie. Le vent est si violent qu'il ne reste plus sur le pont qu’une famille américaine irlandaise, composée de six personnes, la mère anguleuse grande et sèche, un gros papa obèse, à la face rubiconde, à l’air jovial, satisfait en tout point de lui-même: deux grandes filles, aux nerfs d'acier, parentes de Gulliver, enroulées dans des manteaux étroits, leur donnant l’apparence d'énormes poteaux télégraphiques; deux Hercules de force, de santé, sur la nuque desquelles sont posées, sans grâce, sans coquetterie d’humbles casquettes de toile blanche re-
tenues par des gorgettes sous des d mentons, bien nourris, gros et gras.
deux petites fillettes : ma foi, pas mal ce Cette famille, qui semble ou comble di heur sur I pont, où le vent furieux tc lonne en tout sens, est demeurée ainsi sée tout l'avant-midi, aux fureurs des aqt en exceptant cependant les deux enfant.
petites ne font qu'un rond du pont à l'int du bateau, laissant battre les portes av bruit assourdissant, au désespoir des :
voyageurs, j'entends le gémissement de m sine de gauche, élégante jeune femme paleur marmoréenne, un peu neurasthér Pauvre malade, elle cherche en vain à meiller quelques instants sur son fauteuil, gnant l’air condensé de sa cabine; mais in sible, le bing, bang, bang, se renouvelle te les minutes. Tiens, voici la vitre de la; qui se brise à grands fracas, pour ma pa n'en suis pas fâché, nous allons avoir un d'air pur dans le salon, toutes les fenêtres closes, il fait une chaleur étoufante; mais voisine, ma Pauvre voisine, elle frissonne l Son mari, d'apparence virile, garde, cepend Par amour sans doute, sur ses traits la pa de sa femme, s’empresse de lui apporter moélleuses et chaudes couvertures, dont il 1 veloppe avec un soin jaloux. Il est la p des maris j'en suis sûr, on voit qu'il s'est
des doubles gras. Puis mal celles-là.
ible du boneux tourbilainsi expoles aquilons, enfants: ces à l’intérieur tes avec un des autres t de ma voimme d’une rasthénique, ain à somuteuil, crainais imposvelle toutes de la porte ma part je oir un peu nêtres sont ; Mais ma onne déjà, cependant, s la paleur porter de ont il l’ent la perle 1 s'est fa-
onné aux goûts, aux sentiments, aux idées de a compagne; même, il semble qu’un courant lectrique lui fait ressentir tous ses petits maaises,tous ses petits caprices ; vraiment c'est un laisir de voyager avec des époux si bien assortis. Il peste lui aussi contre ma famille exentrique, qui veut tout voir rt ne rien perdre du voyage. Le vent se calme, il est midi que
Æiont elles, à présent mes grandes filles? elles
Que griffonnent-elles,
dj'en suis curieux. Je voudrais bien pouvoir me gpencher sur leur manuscrit pour lire leurs
pensées. En les voyant, certes je ne leur aurais pas soupçonné des goûts littéraires; on a de ces surprises dans la vie!!
Nous filons, nous filons, toujours, les jolis villages se succèdent de chaque côté de la rive, les montagnes, les collines, les vallons, les plaines immenses disparaissent tour à tour et mes grandes filles écrivent encore. Mon Dieu, mon Dieu, comme elle y vont, qu’elle ardeur, pas une seconde de repos depuis deux heures, figurez vous donc avoir pour compagne de sa vie une femme comme celles-là. Je plains d’avance le malheureux destiné à ce supplice. Je vois d'ici votre sourire narquois, comme ma mère vous me traitez de vieux garçon, sans cesse mécontent de la plus belle partie du genre humain, n’avouant jamais que nous
aussi, pauvres hommes, nous avons n vers!!!
D'accord je suis avec vous, certes n
avons nos travers le premier je le 11.
et pour vous prouver combien je suis :
vous recevrez en mème temps que ma une parodie du traité de La Bruère que humble serviteur s’est permis d'écrire 1 son voyage en Orient, où rien de sa par le détail n'a été omis sur la bétise et 1 cule de notre sexe; vous fermerez peutlivre avant de l'avoir tout parcouru, si êtes trop chatouilleux à notre endroit.
auteurs ont le privilège de pouvoir dire des choses, en scalpant sur le vif, its rvent être qu'intéressants, on a beau le:
vouloir quelques fois en se sentant touché au vif, il faut reconnaitre cependant qu’il souvent raison. Mais je m'aperçois « consciemment je me vante, sans le voulo n'était pas mon intention: pardon
ami de vous ennuyer ainsi, votre serviteu tout honteux de vous avoir une fois de prouvé combien les romanciers sont pétri RE D nd Te A ST
L'on m'a interrompu au beau milieu de missive vous me retrouvez à Québec o suis installé depuis deux jours, figurez-1 mon cher, qu’hier à ma grande surprise,
ons nos tra-
rtes nus les le 14. onnais
suis sincère À
ue ma lettre re que votre crire lors de sa part dans se et le ridipeut-être le uru, si vous ndroit. Les ir dire bien is re peu-
eau leur en :
touché trop 2
it qu'ils ont
çois qu'in- !
vouloir, ce
rdon cher erviteur est
is de plus :
t pétris de !
lieu de ma , bec où je !
gurez-vous rprise, j'ai
u une lettre. Tenez je vous en envoie le tenu, elle est concise en ces termes.
Monsieur Gaston P.. +, Avocat, Québec.
onsieur,
‘Tout le jour m'a pesé, j'essayai vainement tromper les heures en parcourant un roman Victor Cherbulliez. Aimez-vous cet aur? son style vous plait-il? Si vous avez lu ouvrage, Samuel Brohl et compagnie, vous i vous intéressez si fort à la littérature, vous ez du sourire à cette expression, lorsqu'il rle de Larinski et qu'il dit: 11 avait une voix baryton, étoffée, moelleuse et vibrante.
gulière définition, n'est-ce pas, très spiri- Iles, nouvelle, imprévue.
‘Si vous aimez l'imprévu, monsieur P., vous ez satisfait aujourd'hui, car ma lettre est t ce qui peut vous arriver de plus imprévu, que Vous ne vous y attendiez nullement us ne pouviez vous y attendre : puis pour tinuer la surprise, mon nom doit demeurer ur vous un mystère, je vous écris sous le ile du pseudonyme. Ne cherchez pas à dévrir qui je suis, c’est inutile, vous n'y parndrez jamais. Contentez-vous de me penjoliment originale, cela doit vous convenir, me semble les idées originales vous apparnnent assez. Donc, si nous Sympathisons
ce côté, je puis espérer que vous me lirez
jusqu’au bout, sans que je vous sois sagréable.”
Je vous disais en commençant qu triste, parce le temps ne pouvait s’écou je me sentais envahie d'un iaalaise ir sable, je me plaignais sans raison, je s sans cause. Dites, n'étais-je pas atte cette terrible maladie que les Anglais a] le spleen? Avez-vous déjà éprouvé de Couragements complets, de ces dégoût vie qui vous font envisager le monde :
si sombre aspect? Si vous en avez été « vous êtes un heureux mortel. Pour mc Connais rien de pis. Que faire en c ments d’abattement moral, d’ennui inc Je n’ai trouver rien de mieux que de nr cher sur une feuille de papier pour é, M. P. S'entretenir avec un homme «
est le moyen le plus efficace de chasse les spleens.
Je ne puis m'adresser miux, vous avz de touriste une infinité de connaissances tant plus agréables pour moi qu’une par Pays que vous avez ‘vus je les ai parc En correspondant nous Pourrons par I:
sée nous transporter de nouveau en Fran Suisse, en Italie en Afrique même si v.
voulez; nous enfoncer dans les sables in ses du Sahara, où nous Pourrons erse tous deux y puiser une eau, béni, ca
s sois trop de MM'apaiser la soif brülante de nm: âmes.
Je dis nos âmes, comme :i elles ét:ient soeurs. Voyez dans la souffrance cu-abien ite nous nous faisons d'illusions ; parce que e suis triste et cherche quelquechose qui me anque, il me semble que vous aussi vous ouffrez; vous vous demandez, ai-je une dyspepsie anticipée d'un bonheur que je n'ai pas outé, suis-je microbisé d'une maladie dont e me suis moquée bien souvent, serais-je une topiste voulant marier toutes les contracdictions ?
nt que j'étais s'écouler. Ou A aise indéfini: 4 n, je soupiraif as atteinte (A glais appeller 4 avé de ces de!
dégoûts de !+ onde sous w:% Zz été exemp:!
our moi je n# en ces ma
æ Dites moi dans votre prochaine lettre si je aui indicible à
e trompe. Je vois d'ici, Monsieur, combien e de me per Mvous me trouvez pétrie de prétentions, >our écrire :îfen comptant d'avance sur votre réponse? je mme d’espri ne le pense pas. Vous aimez l'intrigue: vous chasser touMavez vu tant de choses dans vos voyages; ma conduite ne vous Surprendra pas. Si vous aiiez, je ne vous perlerais pas comme je le fais ; otre coeur et votre esprit étant occupés d’une autre, vous n’auriez aucun moment à donner à ne inconnue ; étant tout pour elle, vous n’auriez pas un mot pour moi. Mais l'amour vous
1S avz à titrA sances, d’auf ne partie de:
Ï parcourus!
par la pen
n France, e: ne le connaissez pas. Vous ignorez ses inse si vous ltants d'ineffable bonheur, de joie réelle, que bles immen MPrOcure un tel sentiment lorsqu'il est partagé, s er:semblemitt Vous ne pouvez, comme Lamartine, vous
ic, capable ecTier :
“L'amour je l'ai chanté, quand plein de [
Ce seul mot murmuré faisait vibrer ma 1; Et que mon coeur cédait au pouvoir d’un :
Comme la voile au vent qui la pousse à l’é J'aimai, je fus aimé, c’est assez pour ma t( Qu'on y grave ces mots, et qu’une larme [toi
Larmartine est grand poète, nul mieux lui n’a su définir les impressions du coeu main. En lisant ses confidences, n'avezpas été ému de la sensibilité de cette âme tique, lorsqu'il adresse ses regrets aux m de Graziella, dont il ignorait avant la séf tion toute la puissance sur son coeur? Le heur était là, il le laissa passer. Combien de commettent la même faute! Bien des chag pourraient être épargnés si l'homme, comn chien de Lafontaine, n'abandonnait souver proie pour l'ombre, Mais je m'aperçois qu deviens sermoneuse ; c’est à mon insu, je : assure; les sermons je les déteste, je me :
pelle si bien avec quelle promptitude, lors j'étais enfant, je me bouchais les oreilles : de ne pas entendre les longs chapelets de proches que m'adressait mon institutrice. V voyez je n'ai jamais été parfaite. Je ne sai l'âge m'a été favorable, si j'ai plus de mé maintenant qu'alors.
ein de son : ; ; ; À [déli © Dites-moi comment vous me Jugez? Je suis re, 4 ; : Lu Mort curieuse de connaître votre opinion, surr ma lyre, : ; pee out, ne me cachez rien. Adressez votre lettre ir d’un coup #Æ. ’ >. + insi:
[d'oeil, 4 ji P 4 , . S se à l'écueil, Mlle Laure, Poste restante, FRE r ma tombe, & PRE larme y Æ Rappelez-vous que j'attends votre réponse [tombe.” u plus tôt. Adieu. Mon spleen est passé, je | Dous en remercie.
mieux que ‘ q Eh bien! Edgard, que pensez-vous de tout u coeur hu- se x ela. Avez-vous déjà reçu des lettres anonyn'avez-vous % ; PRE ES .
p ;. Mmes. Conseillez-moi, dois-je répondre? Je vous € âme poé- Æ. : ; æ : ira que sans la connaître cette femme m’inaux mânes #, SES : à : Æftresse. Elle doit être une fine mouche à en la sépara- à uger par ses écrits, quelque soit son but, le r? Le bon- Æ"ET P Re :
Plaisir de recevoir de semblables lettres vaut ‘Pien la peine de lui envoyer de mes nouvelles. ous savez j'ai toujours eu un faible pour l’ex-
ien de gens s chagrins
, comme le : SE : gen UC Æraordinaire, vous m'avez souvent ridiculisé à souvent la 4 ; ue Pre É ois que ïe f° Sujet. Enfin je ne ferai rien sans votre avis. RÉ R âtez-vous de me donner votre opinion. Au u, je vous 4 : : ; æcvoir, cher Edgard, je vous serre la main.
me rap- :
e, lorsque | GASTON P....
eilles afin 4 II sé de TE M Monsieur Edgar T...
rice. Vous 7 ; ’ He sais: ai Edgard, vous êtes un homme incompréhen-
, . Bible, : 7 i ; i nnu avec autant de mérite 4 €, Je ne vous ai jamais connu c
ic réticences. Vous me tournez des oui qui Mme font tout l'effet d’être des non. Enfin
vous m'embrouillez de telle façon que miné votre lettre sans trop comprendre m'encouragiez à répondre ou à garde:
lence. Vous commencez par des louan un style qui vous plait, des idées char d'une femme vous paraissant réellemen tuelle, puis tout à coup, au milieu d longue série d’éloges à son endroit, ve lancez un mais m'arrivant comme une | au milieu d'un plat d’ortolans que je :
train de manger à belles dents, et qu dispersez impitoyablement. Ce mais, pas de ceux que j'avale le mieux, est pou prendre que ma fine mouche pourrai n'être qu'un rusé garçon voulant sam mes dépens.
Edgard, je ne vous le pardonne pas, cl ainsi ma femme en garçon; ce n’est f tout convenable, c’est fort mal de votre de tracasser ainsi l'esprit de votre ancie:
avec une probabbilité que je n’admettr mais; car j'y tiens, Mademoiselle Lau une femme, une véritable femme avec to ruse, la finesse de son sexe. D'abord, autres, hommes, nous n'avons pas ce tact n'écrivons pas ainsi; puis je vous le rép faut que ce soit une femme.
Je vous vois sourire, sournoisement,
votre moustache, de mon entêtement.
dites-vous, malgré le scepticisme qu'il af
n que j'ai ter. * rendre si vous #l tient absolument à ce qu'on s'occupe de lui, garder le si. L t ne peut admettre une raillerie à son adresse. louanges sur Æ Ce n’est pas cela, Edgard, vous me jugez S charmante, @nal. Je sais que tous nous sommes sujets à la lement spiri. @ritique, nul n'est exempt des mauvaises plailieu de cette 4 anteries en ce monde. Le monde, personne ne oit, vous me Me connait mieux. J'ai étudié tous ses ridicules, e une bombe Ses prétentions, ses dédains jaloux, ses fiertés ue je suis en Waniteuses, ses airs de grandeurs, sous lesquels et que vous $e cache toujours le parvenu, ses hauteurs sans mais, n'étant #% sprits, ses affectations de convenances, créées st pour m’ap- our repousser les capacités, les talents, et éleourrait bier er aux nues les niais, que la fortune dore. t s'amuser à 4 Le masque de l'hypocrisie, sous lequel se Moilent les fausses vertus, je l'ai soulevé trop pas, changer 3 souvent pour en être encore dupe, voilà pourn'est pas du uoi je me soucie fort peu de l'opinion du mon- > votre part Me. Je fais ce qui me plait, et ris des sots qui ancien ami Mme regardent.
dmettrai ja © Si donc en a voulu s'amuser à mes dépens, e Laure est comme vous voulez me le faire croire, eh bien! vec toute la Srira bien qui rira le dernier. A tout hasard, je abord, nous me risque; si le dénouement m'apprend que ce tact nous É. ‘ous avez raison, je vous autorise d'avance à le répète, il Spublier mon aventure en pamphlets; vous ne pouvez me refuser. Vous mettrez le titre en ment, dan Ë rosses lettres “Une duperie.”
dent. Fat 3 Cependant, avant de terminer, Edgard, il u'il affecte faut que je vous dise, l’on se persuade vite de e que l’on désire; c’est pourquoi, ne voulant
Pas avoir affaire à votre rusé garçon, je « beaucoup sur mon inconnue pour me la victoire.
Il n’y a rien d’entèté comme un vieu Son. Je vous le prouve aujourd’hui, afin que vous ne m'en vouliez pas trop, j promets d'avance de vous envoyer tou Correspondance, même ce que l'on po m'adresser de plus désagréable, au risque Courir tous vos sarcasmes. A bientôt, Ec envoj;'ez-moi de vos nouvelles. T' oujours