ACTE QUATRIEME
d'estrigaud.
Vous m'amusez beaucoup. Mais je vous préviens, pour voire gouverne, que l'intimidation ne réussit pas avec moi. Ma vie est à jour et je ne crains rien.
SAINTE-AGATHE, pnteUn.
C'est qu’alors vous avez oublié certains détails de votre histoire. Cela arrive tous les jours, l’ormetlez-moi de vous rafraîchir la mémoire.
Rafraîchissez, monsieur. La fumée de tabac vous incommode-t-elle? fil tire ton étui A cignrti. )
SAINTE-AGATIIE.
. Je fume moi-méme quelquefois... quand j’ai mal aux dents. ( i.ui montrant une boite d'atiumeltea. ) Voici du feu. — Après Votre
déconfiture à la Bourse, vous avez fait une absence de dixhuit mois.
d'estrigaud.
Si vous n’avez que des révélations pareilles...
SAINTE-AGATHE
Savez-vous où vous avez passé ces dix-huit mois? d’estrigaud.
Tout le monde vous le dira : en Auvergne, chez une grand’tanle dont j’ai hérité.
US
SAINTE-AGATHE
Quelle erreur! Vous les avez passés dans le Comtal, au château de Roque-Brussano, chez la marquise de Roque- Brussane, qui n’était pas votre tante, et dont vous n'avez pas hérité.
Monsieur! — Attendu vos cheveux blancs, je prends le parti de trouver votre petit roman très-drôle. Continuez. Avec quoi, selon vous, aurais-je payé mes dettes, si ce n'est pas avec un héritage? Mo soupçonnez-vous d'avoir assassiné le courrier de Lyon?
SAINTE-AGATHE, avec bonhomie.
Dieu m’en garde! Vous avez payé avec l'argent do cette dame.
d'estrigaud.
Ah bien, non! si cela vous est égal, j’aime mieux avoir tué le courrier.
SAINTE-AGATHE
Pourquoi?
d’estrigaud.
Si vous étiez du monde, mon cher monsieur, vous sauriez qu’une femme qui paye les dettes d'un homme le compromet au moins autant qu’elle se compromet elle-même.
SAINTE-AGATHE
Je le sais bien... et même... (a part, «e levant.) Tiens, tiens, tiensl Si Catherine... Eurêka!