‹ Lions et renards comedie en cinq actes, en proseChapitre 31 sur 138 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

qui l’espoir est en raison inverse du désir, et qpi souffriraient plus de voir leurs sentiments mal interprétés que de les taire.

CATHERINE

Eh bien, monsieur le baron, si vous connaissez quelqu’un qui se tienne envers moi sur Celle réserve chevaleresque, engagez-le à s'en départir.

D'eSTRICAUD, défiant.

Les cœurs fiers veulent qu’on les devine et qu'on aille audevant d'eux.

CATHERINE

Même une femme?

d’estrig AU D.

Oui, quand elle a votre fortune.

Vous avez raison. (Lui u-odaot i» main. ) Voilà.

L>’ ESTRIGAl'D, lui prenant la (nain.

Oh! je vous aime.

CATHERINE

Que dites-vous, monsieur? Il y a un étrange malentendu entre nous! Je croyais parler de sympathie, d'amitié, rien de plus.

d’estrigaud.

Et comment la sympathie s'arrêterait-elle avec vous à l'amitié? Vous prenez-vous pour une de ces âmes moyennes qui

inspirent des sentiments tempérés? Connaissez-vous mieux I Ce dédain superbe du convenu, cette révolte contre le préjugé, jusqu'il cette beauté fière qui semble moulée sur votre bravoure, tout en vous est une répulsion, s’il n'est pas une fascination. Il faut vous haïr ou vous adorer 1

CATHERINE, railleur.

Voi.il une déclaration qui mo désole, monsieur le baron; elle est trop catégorique pour laisser place désormais au moindre commerce entre nous.

d’eSTRIGAU D.

Pourquoi cela ?

CATHERINE, passant A droite.

Tout simplement parce que je suis fermement résolue à ne pas me marier.

D’RSTRICAUD, A part.

Echec et mat!... Pas encore.

CATHERINE

Vous m'avez comprise?

o’estricaüd.

Parfaitement; mais je doute que vous m'ayez compris vousmâme, car il y a entre nous, comme vous le disiez, un malentendu complet.

CATHERINE

Et lequel?

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