LES LIPOÏDES DE L’ORGANISME
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Leur Action biologique (Antitoxines, formation d’anticorps)
Définition des lipoïdes.
Ce mot de lipoïde a été ^prononcé , la première fois, par Overton (i) dans son travail sur la narcose ; il entendait par là les éléments des cellules qui absorbent les différends composés agissant comme narcotiques. Pour cet auteur, les lipoïdes se comportaient, quant à leur solubilité, comme les graisses et se réduisaient à trois : lécithine, cholestérine, prolagon.
Bang (2), se basant sur des considérations physiques, donne la définition suivante des lipoïdes, définition qui est, du reste, encore conservée : les lipoïdes sont les parties constituantes des cellule^ extraites par l’éther ou par d’autres dissolvants des graisses (chloroforme, benzine, éther do pétrole, etc.).
Division des lipoïdes.
Divers auteurs ont essayé de mettre un peu d’ordre dans la classification de ces substances d’origine cellulaire extraites soit par l’éther, soit par le chloroforme. C’esl ainsi que fhudicum a créé un premier groupe : les phosphalides, com-
d) Studien über die Xarkose. .Jc'iki 11)10 et >-) bngebn. d. Phvsiol. Weisb. 1907, t. VI,
Ptlüg'er’s A rehiv.
1902, l . XCII.
prenant les lipoïdes phosphores, lesquels se subdivisent ei> ! plusieurs sous-groupes classés d’après la proportion d’azot », et de phosphore qu’ils renferment.
Le second groupe est constitué par des lipoïdes non pho.J phorés se composant des cérébrosides et de la cérébrine <1 cerveau, et de la cholestérine.
Lipoïdes totaux : leur composition.
Dans la division ainsi faite par Thudicum, nous observoi déjà une dissociation des lipoïdes que nous appelleror lipoïdes totaux , c’est-à-dirc des produits extraits directemei des organes.
Les lipoïdes totaux, tels qu’ils existent à l’intérieur des ce; Iules, disséminés dans le protoplasma à l’état colloïdal, pr< sentent une composition très complexe. A côté des phosph, lides et des composés cholestériques, on y signale la présent de matières grasses neutres ou partiellement saponifiées. 0 a pu y mettre également en évidence pour quelques lipoïdel la présence du fer, qui s’y trouve sous forme d’un complet! organique. Nous avons réussi, pour notre part, à y décel quelquefois, mais pas toujours, de la choline. Si nous dison de plus, que les phosphatides eux-memes ont une compoa l ion très variable avec l’origine du lipoïde, que le phosphaté appelé vésalthine, par exemple, extrait par Fraënkel i A. Pari (i) diffère totalement des phosphatides de Cormit on sera bien convaincu de la multiplicité dans la nature cl inique des lipoïdes.
Il est un point sur lequel il est de toute importance d’attir| l’attention, et qui a trait à la différenciation très nette qi existe entre les lipoïdes et la graisse du tissu sous-cutané ou a lissu conjonctif. Tout d’abord, plusieurs auteurs ont monté
(1) lîioehem. Zeilsch., t. XVII, p. f>8.
que, chimiquement, les corps gras faisant partie intégrante du lipoïde ne présentent pas la même structure, le même édifice moléculaire que les graisses formant le tissu adipeux. Puis, au point de vue des réactions histochimiques, les lipoïdes des cellules des organes se conduisent différemment vis-à-vis des réactifs colorants. C’est ainsi que C. Pathon, G. Dumitresco et G. Nissipesco (i) ont établi que, dans les cellules interstitielles de l’ovaire et dans celles du corps jaune, on trouve des lipoïdes qui diffèrent par plusieurs caractères histochimiques du tissu adipeux proprement dit. Même différenciation a été remarquée par O. Rosenhèim et Tebb (2) à propos des lipoïdes extraits des capsules surrénales, et il est intéressai! I le rappeler les conclusions auxquelles sont arrivés ces auteurs, par l’examen chimique des corps lipoïdiques retirés de 25 kiiogs de capsules surrénales desséchées à 35° dans le vide.
Les lipoïdes localisés dans la partie corticale des capsules surrénales normales sont surtout constitués par de l’acide déarique libre, d’autres acides gras en partie non saturés, des ■Ihers de la cholestérine (stéarate, palmitate de cholestérine) d un phosphatide, la sphingomyéline.
Autre constatation importante : d’après certains auteurs, es lipoïdes existeraient à l’état de lipoprotéïdes non déee l abiés en histologie par les réactifs des graisses ; ces lipopio éïdes paraissent être dissociés dans l’acte de l’autolyse des [uganes et, alors, des gouttelettes de matières grasses peuvenl | Ire visibles histologiquement.
Individualité chimique des lipoïdes.
Tous ces travaux, et bien d’autres qu’il serait trop long de iter, établissent d’une façon indiscutable la spécificité ohi-
(1) C. R. Soc. de Biologie, 190Î), t. LXVI, p. 650.
(2) Proc, of the phvs. Soc. Londres 1909, t. XXXVIII, p. c>4.
mique des lipoïdes et les différences de composition qui les distinguent nettement des graisses ordinaires. A cet égard, l'aspect que présentent tous les corps lipoïdes, extraits des organes frais, suffirait à lui seul à cette démonstration : les lipoïdes, dans les premiers temps de leur préparation, sont légèrement teintés en jaune (à l’exception de ceux du foie, qui d’emblée sont brun noir) ; puis, au contact de l’air, ils se colorent de plus en plus pour devenir d’un brun foncé. Ce sont donc des composés altérables et, de fait, S. Fraenkel et A. Nogueira (i) ont observé que, parmi les constituants des j lipoïdes des reins de bœuf, il existe trois phosphatides divers
qui sont très avides d’oxygène et sont susceptibles, par
exemple, de réduire le bleu de méthylène en donnant un chromogène incolore.
État colloïdal des lipoïdes.
Ajoutons à tous ces arguments tirés de la constitution chi inique, qu’au point de vue de leur état physique, les lipoïdes
forment bien aussi une individualité qui explique et justifie
leur rôle si important en biologie.
Tous les lipoïdes sont, en effet, insolubles dans l’eau, mai
ils possèdent la propriété de former, avec l’eau, des solutions® colloïdales — c’est-à-dire des mélanges liquides dans lesquels | ® le lipoïde est à l’état de fines granulations. Cet état colloïda1
laire pour permettre les échanges avec le contenu de la cel
Iule ; donc le protoplasma est composé d’un amas de colloïdes
Cette facilité qu’ont les lipoïdes de donner des suspension^ i aqueuses très stables est due très certainement aux phos
phatides.
Les lipoïdes sont, comme tous les colloïdes, en évolutio: <
(1) Bioehem. Zeitsch., t. XVI, p. I57S.
continue, l’état colloïdal étant en effet essentiellement mobile, ît c’est certainement sous cet état que leur transport esl issuré dans toutes les parties de l’organisme. Leur diffusion lans l’économie est extrême et on peut constater leur présence dans toutes les cellules vivantes.
Proportion des lipoïdes contenus dans les divers organes.
La proportion des composés lipoïdes contenue dans les diférents organes est éminemment variable. Divers auteurs se ont appliqués à la déterminer et surtout à dissocier les ipoïdes extraits pour évaluer leur teneur en chplestérine et )hosphatides.La plupart de ces examens sont incomplets, nous i vons entrepris de compléter ce travail, à la réalisation duquel n de nos élèves, M. Verhaeghe, a consacré de longs moments. I fous tenons à le remercier ici de sa précieuse collaboration. Voici ces expériences :
Tout d’abord les organes dont on voulait extraire les lipoïdes taient prélevés sur des animaux normaux et sains aussitôt I [ne ceux-ci furent sacrifiés, et cela pour éviter tout phénomène d’autolyse. On a pris la précaution d’enlever tout tissu franger à chaque organe et principalement toute la graisse a tissu conjonctif qui l’entoure.
Les organes ainsi préparés sont pulpés ; on en réserve une etite partie pour la détermination de l’eau contenue et le [ este est mélangé soit à du sable lavé, soit à du plâtre bien ! 3C et on dessèche le tout à ioo°.
Pour l’extraction proprement dite des lipoïdes, on dispose ï mélange dans un lixiviateur de Soxhlet et on épuise penant un temps minimum de six heures par de l’éther sec 65°. Les liqueurs éthérées sont filtrées après repos de ingt-quatre heures, distillées, et le résidu est desséché à ao° jusqu’à poids constant.
Les résultats obtenus suivant :
sont consignés dans le tableau
Eau