ORGANES
pour
pour 100 gr,
pour 100 gr.
d’organe
d’organe
frais.
desséché à 100 .
Thymus de veau .
Corps thyroïde de mouton. . . .
Poumon de veau .
Foie de porc .
Pancréas de veau .
Rate de veau .
Reins de mouton .
Capsules surrénales de mouton .
Prostate de taureau .
Ovaire de vache. . .
Pour chacun de ces lipoïdes, on a dosé l’acide phosphorisme des phosphatides qu’ils renfermaient en employant les méthodes analytiques utilisées en pareil cas. D’autre pari, nous avons déterminé la richesse respective de chacun de ces lipoïdes en cholestérine d’après une méthode d’analys< préconisée dé jà par Lun de nous.
Voici ces résultats
ACID K
OHGANF.S
Thymus de veau .
Corps thyroïde de mouton . . .
Poumon de veau .
Foie de porc .
Pancréas de veau .
Rate de veau .
Reins de veau .
Capsules surrénales de mouton.
Prostate de taureau .
Ovaire de vache .
de lipoïdes
CHOLESTERINE
PHOSPHORIQUK (des Phosphatides) p. 100 de lipoïdes
Présence de divers composés cholestériques
dans les organes.
La cholestérine que nous avons retirée de ces divers organes présente le même point de fusion et le même pouvoir rotatoire que la cholestérine des calculs biliaires, mais d’après bien des auteurs elle n’y existerait pas toujours à l’état libre, mais sous forme d’éthers cholestériques.
Les lipoïdes contiennent, en outre de l’oxycholestérine, produit d’oxydation de la cholestérine, étudiée surtout par Lifschutz et Darmstadter. Le premier de ces auteurs (i) a pu reconnaître la présence de cette oxy cholestérine dans la graisse du suint grâce à la réaction suivante :
Lorsqu’on traite un composé cholestérique par deux ou trois centimètres cubes d’anhydrique acétique, on obtient par l’addition au mélange de quatre gouttes d’acide sulfurique concentré, une coloration bleu-verdâtre. Le mélange agité se colore bientôt en vert pur et si on l’examine au speetroscopc on constate une raie obscure dans le rouge et une bande plus étalée dans le jaune.
Or, en effectuant cette recherche de l’oxy cholestérine dans les produits lipoïdes que nous avons retirés des divers organes, on met facilement en évidence la présence constante de ce composé oxydé.
Toutes ces recherches viennent une fois de plus confirmer ce fait que les lipoïdes se distinguent nettement des graisses ordinaires : les résultats d’ordre chimique sont en complète harmonie avec ceux qui ont été obtenus par l’étude histologique des granulations lipoïdes.
(1) Berichte der deutsch. Chemisch. Gesells., t, XLI, p. 252, 1908.
Rôle biologique des lipoïdes.
Nous arrivons maintenant à la partie peut-être la plus intéressante de la question des lipoïdes, c’est celle qui est ; relative au rôle qui est dévolu à ces substances dans le domaine de la biologie et surtout de la pathologie générale.
On ne peut maintenant méconnaître l’importance des j lipoïdes dans les phénomènes de pénétration cellulaire, d’hémolyse, d’agglutination et surtout dans la défense de l’organisme contre les intoxications d’où qu’elles viennent. Nous i i allons donc passer en revue les différentes étapes parcourues pour arriver à formuler une conception sur la part prise par les lipoïdes dans les phénomènes vitaux. Hans Meyer (i) et Overton ont été les premiers à attirer l’attention sur le rôle des lipoïdes dans l’action des anesthésiques. Ces auteurs, en effet, chacun de leur côté, ont montré que les narcotiques, les colorants vitaux, etc., n’agissaient que par suite de la présence dans la couche bordante des cellules de substances telles que la lécithine, la cholestérine et le protagon, dans lesquelles,} les matières colorantes, les narcotiques sont solubles.
Les agents anesthésiques, justement en raison de leur solubilité dans les lipoïdes, sont fixés par les lipoïdes des cellules, et, dans la répartition du narcotique, ce sont les organes les plus riches en corps lipoïdiques qui en renferment le plus et qui, dans l’action hypnotique, sont les premiers atteints.
Ces observations sont confirmées par Pôhl (2) qui, dans la narcose, mentionne une quantité de chloroforme plus grande] dans le cerveau, très riche en lipoïdes, que dans le sang.
(1) Archiv /'. experimentale Pathologie und Pharmacologie , t. XLII.j p. 109, 1899.
(2) Archiv f. experimentale Pathologie und Pharmacologie , t. XXVIII, p. 238, 1890-1891.
G. Archangelsky (i), fait important, signale que des corps toxiques comme le chloral et l'acétone sont aussi et surtout fixés par les organes riches en cholestérine, lécithine ou protagon.
Enfin, pour terminer ce qui a rapport à la fixation des anesthésiques par les lipoïdes, disons que les longues et patientes recherches de Nicloux (2) sur le mécanisme de l’action des anesthésiques généraux sont venues confirmer les travaux de Meyer, d’Overton et de Pôhl. Bien plus, Nicloux a pu formuler des conclusions qui éclairent nettement celte question si importante de l'anesthésie au point de vue chimico-pliysiologique et qui met, en même temps, en relief l’importance des lipoïdes. C’est ainsi qu’il établit que, d’une façon générale, les différentes parties des centres nerveux, lixent d’autant plus de chloroforme, au cours d’une anesthésie, qu’elles sont plus riches en substances grasses, eu lipoïdes. D’après cet auteur, il existe une relation évidente \ entre l’anesthésie et la fixation du chloroforme par les graisses.
Remarquons en passant, que ces faits importants mis eu lumière par Nicloux sont, en ce qui concerne la destinée 1 biologique des lipoïdes, entièrement corroborés par les observations ou les remarques faites par des histologistes comme Regaud (3) par exemple, qui estime que les corps lipoïdes sont certainement des enclaves du protoplasma, c’est-à-dire des corps distincts de la matière vivante, du moins par leur partie centrale. Cet auteur ajoute : « les enclaves lipoïdes sont « évidemment un produit d’élaboration de la cellule et il est « possible que, dans certains organes, ils jouent le rôle de
(1) Archiu. f. experimentale Pathologie und Pharmacologie , t. XLVI, B p. 347, 1901.
(2) Nicloux. Les Anesthésiques généraux au point logique. Paris-Doin, 1908.
(3) C. R. Soc. Biolog., t. LXV, p. 436, 1908.
de vue chimieo-physio-
fixateurs, de concentrateurs et de transformateurs pourcertains produits amenés par le sang ».
Voyons maintenant rapidement le rôle des lipoïdes dans les phénomènes de l’hémolyse.
Importance des lipoïdes dans les phénomènes
de l’hémolyse.
On sait que les agents chimiques qui produisent l’hémolys sont en même temps des dissolvants des lipoïdes, et leur action serait due à la destruction, ou plutôt à la dissolutioi des lipoïdes de la paroi globulaire.
Mais tous les lipoïdes ne se comportent pas de la mèmr manière au point de vue de l’hémolyse. Iscovesco (i), étudiant à ce sujet les lipoïdes divers qu’il a isolés du corps thyroïde, vu que certains d’entre eux (E I A) diminuaient le pouvoii hémolytique des savons et que E A I A était au contrai rtrès hémolytique.
A propos des lipoïdes sanguins il a vu que :
i° Le sérum contient de puissantes hémolysines therino stables, non spécifiques, dont une partie au moins est cons tituée par des savons ;
2° Les lipoïdes globulaires constituent des protecteur puissants à l’égard du pouvoir hémolytique des savons ;
3° Les lipoïdes globulaires E A, ajoutés en quantité suffi santé, transforment les savons en agglutine ;
4° La lécithine n’exerce aucune action sur le pouvoir hémo lytique des savons.
Cette même lécithine peut jouer le rôle d'activant poui certains poisons. Flexner et Noguchi ont montré que le: globules rouges de beaucoup d’animaux ne sont pas hémo lysés par le venin de cobra quand on les met en suspensioi
(1) G. K. Soc. Biologie, t. LXIV, p. 2(59, 324, (575, (577, t. LXV, p. 84, 10(5
dans du sérum physiologique,, mais qu’il suffisait d’ajouter du sérum sanguin pour obtenir le laquage des globules. Or, J Kyes (i) a prouvé que cet activateur du venin était la lécithine et Kyes et Sachs (2) ont montré qu’il suffisait d’ajouter une certaine quantité de lécithine aux globules pour voir l’hémolyse se produire. Morgcnroth et Carpi (3) ont proposé d’appeler prolécithide la substance inactive qui se trouve dans le venin du cobra et toxolécithide la substance active fournie ' bar l’union du prolécithide avec la lécithine.
Ce toxolécithide a été récemment isolé et préparé à l’état de impureté absolue, sous forme d’une masse blanc neigeux, par Cyes (4).
il D’après Minz (5), la combinaison ne se ferait qu’avec l’héibnotoxine du venin ; la neutoxine ne serait pas touchée. Enclin, Morgenroth et Carpi (6), qui ont étudié l’action du venin il l’abeille, ont montré que celui-ci agissait également en se û|| ombinant à la lécithine.
Bang a contesté l’opinion de Kyes, car ayant séparé en lusieurs fractions les lipoïdes du jaune de l’œuf, il a remarqué ue la fraction qui contient la lécithine est inactive, tandis on* | ue deux autres respectivement solubles dans l’acétone et isolubles dans l’alcool méthylique étaient actives.
Les lipoïdes hémolytiques existent aussi chez les organisas inférieurs. Tallqwist (7) en a trouvé dans le corps du othriocéphale, et c’est à leur absorption et à leur diffusion ms le sang qu’il attribue l’anémie des malades atteints de, itte infection vermineuse. Raubitscheck (8) a montré que
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1) Berlin. Klin. Wocli., 1903, p. 950.
2) Berlin. Klin. Wocli., 1903, n° 2, p. 21.
3) Berlin. Klin. Wocli., 1904, n° 44.
4) Bioch., Ztschr., t. XIV, p. 99, 1907.
5) Bioch., Ztschr., t. IX, p. 357, 1907.
6) Berl. Klin. Wocli., 1900, t. XLIII, p. 424. 17) Zeitsch. f. Klin Mediz., t. I,XI, 1907.
p) Centr. f. Bakler., t. XLVI, p. 508, 1908.
le corps des bactéries contient une hémolysine thermostabk qui est un lipoïde. Les plus riches en cette substance sont le
pyocyanique, les bacilles acido-résistants, le bacille choie rique et ceux du groupe coli-Eberth.
Quoi qu’il en soit, Kyes et Sachs sont arrivés à neutralise
l’action du toxilécithide du cobra par la cholestérine car, ; côté des précédents, il y a des lipoïdes antihémolytiques.
Ranson (i) a montré que l’action hémolytique de la sapo
nine était beaucoup plus intense alorê que les globules rouge étaient séparés du sérum sanguin et suspendus dans l’eaij physiologique. La substance protectrice du sérum passe dan l’éther, et l’auteur l’a identifiée à la cholestérine ; d’ailleurs ] cette substance, chimiquement pure, possède la même prc priété. Yon Eisler (2) a vu également que la cholestérine pi ralyse la tétanolysine et la saponine. Pribram de son côté, observé que les globules rouges possèdent dans leur coucl: périphérique des substances lipoïdes qui assurent leur rési tance contre l’action destructive de divers produits (3).
Noguchi, en 1902, a montré que l’action antihémolytiqi exercée par le lait et le sérum sanguin à l’égard de certain phyto-hémolysines (agaricine, saponine), ou bactério-hém lysines était due à la présence dans le sérum et dans le le de cholestérine et de lécithine.
Iscovesco a aussi étudié l’action antihémolytique d lipoïdes du sang. Son lipoïde E I A est une antihémolysi] non spécifique. La cholestérine qu’il a également étudié s’est montrée douée d’un pouvoir antihémolytique considrable, si bien qu’il en a proposé l’emploi thérapeutiqdans les cas de déglobulisation, tuberculose, lympl tisme, etc.
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(1) Deut. med. Woehens., 1901, u° 3, p. 194.
(2) Zeitch. f. expcr. Path. u. Hier., Berlin 1906, t. 111, p. 296.
(3) Mémoire publié par l’Université de Pensylyanie, 1902.
Les expériences de Kycs, de Flexner el Noguchi, rapportées plus haut, ont amené Bezzola (i) à se demander si la lécithine, pouvant remplacer le sérum dans l’action hémolytique du venin, ne pouvait pas être identifiée au complément. Ayant employé la méthode de Bordet et Gengou, l’auteur, après avoir saturé le venin par de la lécithine, a ajouté ensuite le complément du sérum normal. Or, comme le venin absorbe à la fois la lécithine et le complément, il en déduit que le rôle des deux substances est différent.
En ce qui concerne le séro-diagnostic des maladies infectieuses par la méthode de déviation du complément, Levaditi 3t Yamanouchi (2), en étudiant le mécanisme de la réaction jie Wassermann, ont vu que celle-ci est attribuable à la présence dans le sérum sanguin et le liquide céphalo-rachidien ie certains composés non protéïques, à l’état colloïdal, qui, en présence des sels biliaires et des lipoïdes du foie, précipitent et déterminent la fixation du complément. Ils ont nontré également que l’on pouvait remplacer l’antigène spécifique par de la lécithine ou de l’extrait alcoolique de hile le singe. C’est à un résultat identique que sont arrivés divers iiteurs (Porges et Meier, Barannikoff).
lôle des lipoïdes dans la formation des anticorps.
Enfin les lipoïdes pourraient provoquer la formation d’ancorps. C’est ce qui résulte des expériences de Bang et orssmann (3) qui ont obtenu des hémolysines spécifiques en ujectant aux animaux des extraits éthérés de globules rouges, de celles de Kleinschmidt (4) par des injections d'une rna-
1) Centr. f. Bakt., 1908, t. XLV1, p. 438.
2) C. R. Soc. Biol., 1907, t. LXI1I, p. 74j).
3) Beitr. z. chem. Physiol. u. Patli., 1904, l. VIII, p. 238.
4) Berlin. Klin. Wochens., 10 janvier 1910, p. ,j7.
tière grasse sensibilisée pour ainsi dire par les bacilles tuberculeux, la nastine, de Pick et Schwarz (i) avec des émulsions lécithinées du bacille typhique.
Action antitoxique de certains lipoïdes.
Voyons maintenant tous les faits définitivement acquis qui militent en faveur de l’action antitoxique de certains lipoïdes, action qui est susceptible de s’exercer aussi bien sur les poi sons minéraux et organiques que sur les poisons d’origine microbienne.
Tout d’abord, faisons remarquer que nous ne voulons pa^ généraliser d’une façon absolue cette propriété antitoxique pour tous les lipoïdes de l’organisme. Nous venons de voir que certains d’entre eux sont hémolytiques, c’est-à-dire toxiquepour les éléments nobles du sang. Ainsi, par exemple, i existe dans le corps thyroïde des graisses qui sont depoisons sans que pour cela, il y ait un parallélisme entre I< pouvoir toxique et le pouvoir hémolytique des lipoïdes de 1; Ihyroïde (Iscovesco).
Nous avons fait déjà observer, à cet égard, que la toxicil pouvait être due à certains éléments, non encore connu.-existant dans les tissus et organes et solubles dans le graisses ou dans les dissolvants (éther, chloroforme, éther d pétrole, etc.) utilisés à l’extraction.
Quant au pouvoir hémolytique de certains lipoïdes* semble tout rationnel de l’expliquer par leur compositio même, laquelle diffère pour chacun d’eux par la proportion d cholestérine et de phosphatides qu’ils contiennent. C’est aire qu’il semble que les lipoïdes pauvres en cholestérine soie/
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(1) Biochem. Zeits.. t. XV, p. 453.