‹ Lipomes de la langueChapitre 12 sur 16 · PRE PIE · texte numérisé non relu

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cette conception que le cas de Heurtaux qui n'est rien moins que probant.

Mais l'examen histologique peut nous donner sur la nature de la tumeur des renseignements que l'inspection ne nous avait pas permis de constater. Ce qui prime l'étude histologique de la question c'est que le lipome de la langue se développe aux dépens du tissu conjonctif.

Or une tumeur développée de la sorte n’a pas une évolution indifférente, son polymorphisme est renfermé dans de certaines limites : elle ne saurait prendre que le type d'un tissu dérivé du mésenchyme.

La forme la plus simple de différenciation histologique est constituée par le tissu muqueux ; il est constitué par une substance fondamentale homogène amorphe dans laquelle se développent de nombreusses cellules, unies entre elles par des prolongements. Cette forme n'est pas normale chez l'adulte et constitue quand on la constate quelque chose d’analogue à ce que l’on désigne en tératologie sous le nom d’anomalie reversive. Que les cellules du tissu muqueux allongent et multiplient leurs prolongements, on aura du tissu nerveux ou du tissu conjonctif; qu'au contraire ces cellules se multiplient et secrètent une substance spéciale on aura le cartilage. La cellule lipomateuse résulte d’un ralentissement dans la nutrition de la cellule conjonctive adulte ; mais la nature intime de la transformation nous échappe ; pourquoi dans certains cas l'évolution reproduit-elle du tissu conjoncrif ou engendre-t-elle du cartilage, pourquoi dans d'autres, l'évolution est-elle myxomateuse et dans d’autres purement lipomateuse ? la raison nous manque. Ce qu'il nous importe de savoir, c'est

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que si parfois on trouve le lipome pur il est plus souvent associé à l’une des formes que nous venons d'indiquer.

Les cellules adipeuses sont constituées là comme ailleurs par des vésicules graisseuses très grosses gorgeant une cellule bornée à ses parois et présentant à sa périphérie un noyau toujours bien développé. C’est une loi générale que la graisse tend à se déposer dans tous les points de l'économie ou la vitalité est diminuée ou supprimée ; mais 1l y a une capitale distinctive à faire entre ces deux termes ; on ne saurait identifier la dégénérescence graisseuse, de divers organes qui s’atrophient celle du début des névroses et de l’athérome, au départ dans les cellules conjonctives d’un organe de matière grasse. Dans ce dernier cas la cellule qui reçoit la graisse n’a pas cessé de vivre et elle peut dans des cas donnés retrouver toute sa vitalité et éliminer sa graisse.

C’est ici le moment de rappeler le cas que nous avons signalé au début de lipomes dont le siège serait le muscle même. Les auteurs qui les ont décrits ont été selon nous victimes d'une apparence ; ou bien le lipome s’est développé aux dépens du sarcolénum, et cela ne semble pas impossible étant donné son origine mésenchymateuse ; encore que des examens positifs manquent pour affirmer le fait ; ou bien la fibre musculaire est bien chargée de graisse mais alors elle a perdu toute vitalité, elle est morte en quelque sorte et a subi la dégénérescence graisseuse. Ces altérations musculaires sont d'ailleurs très rares car d'après Cornil et Ranvier. « Dans ces tu-

meurs les faisceaux musculaires sont restés normaux, ce

qui n'arrive pas d'habitude dans les autres manifestations dont le muscle eit le siège »:

Les lipomes sont constitués par des ilots plus considérables que ceux du panicule adipeux sous-cutané, c’est ce qui leur donne leur mollesse. Mais ces lobules séparés généralement par des travées conjonctives extrêmement fines prennent parfois dans la langue une consistance et un développement considérable ; parfois le tissu fibreux a pris un tel développement qu'on est tenté de considérer la tumeur comme un fibrome à évolution lipomateuse. Quant au myxome lipomateux quoi qu'on l'ait signalé à un niveau, il n’est pas très fréquent.

L'évolution des lipomes linguaux est la suivante: ils ont rarement une marche endogène avec tendance à gagner la profondeur ; leur marche est généralement tout autre, et née du tissu cellulaire qui environne des muscles au sein même de l'organe : ils ont une marche exogène et ont une tendance à s'énucléer comme certaines tumeurs utérines.

Il ne nous semble pas possible avant de terminer ces considérations anatomiques de ne pas faire remarquer que les lipomes de la langue ne sont pas toujours isolées ; on en note parfois une multitude sur un même individu, sans que rien dans les causes locales vienne expliquer cette x: :::le tendance lipomateuse. Toutefois, quelque brillante que soit la théorie de Delbet qui tend à considérer les tumeurs comme étant les manifestations de maladies générales probablement infectieuses, de nature inconnue mais qui ne seraient pas sans analogie avec la lèpre, la syphilis et la tuberculooe, il ne nous semble pas qu’on puisse la généraliser à ce cas.

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En effet. l’évolution générale des fibromes, leur bénignité, leurs caractères histogéniques, qui nous les font comprendre comme une simple surcharge graisseuse locale, tous ces caractères disons-nous font beaucoup plutôt songer à des troubles trophiques locaux dont la cause est indéterminée ; ces troubles pouvant mettre en évidence

une disposition congénitale.

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