‹ Lipomes de la langueChapitre 11 sur 16 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

. Il nous paraît à peu près impossible de nous faire une idée juste de l’anatomie pathologique des lipomes de la langue sans avoir une idée d'ensemble sur la structure de cet organe.

Qu'il nous soit permis en effet de rappeler en passant ce fait vraiment intéressant que toute la pathologie de la langue ressortit soit à sa muqueuse dont l’anormale prolifération donnera naissance à toutes les variétés de cancer, soit à son tissu de soutien dans l’étude nous intéresse particulièrement ; quand au muscle lui-même, son inflammation décrite sous le nom de gloosite ne dépend peut-être pas de l'élément musculaire lui-même ; c’est d’ailleurs ce sur quoi nous aurons à revenir à l'occasion de certaines variétés de lipomes profonds.

Les fibres des divers muscles qui constituent la langue sont d'autant plus serrées qu'on s'approche de la face supérieure où elles prennent des insertions ; cette condensation à inspiré a Richet la remarque suivante: « Une remarque générale concernant la disposition de ces fibres musculaires ; c'est qu’elles sont tellement serrées, qu'à peine existe-t-il dans leur intervalle. »

Un peu de tissu cellulaire, excepté toutefois à la base

où l'on rencontre entre les divers plans musculaires une graisse fluide assez abondante. La langue offre donc le caractère des organes musculeux renfermés dans les cavités splanchnique, le cœur, l’atérus, par exemple et cette remarque permettra de mieux comprendre certains phénomènes pathologiques ». L'analogie avec l'utérus ne nous paraît toutefois pas absolument évident, outre que cet organe est constitué par des fibres lisses, on connaît la fréquense de fibro-myomes qui s'y développent, tumeurs où l’hyperplasie et la multiplication des éiéments, musculaires est évident.

Retenons seulement ce point capital à savoir que le tissu cellulaire est plus abondant à la face inférieure qu’à la face supérieure. Ce tissu conjonctif est même si lâche et si abondant qu’il est parfois transformé en une bourse séreuse qu'on trouve de chaque côté du frein de la langue ; cette disposition essentiellement variable a été décrite par Flemung. Sur la ligne médiane au contraire la face inférieure adhère intimement à la langue ;

/ compte de l'existence de ce raphé médian en relevant

on peut se rendre

la langue vers le palais ; on voit alors chez un sujet qui a ouvert la bouche, les muscles faire une saillie de chaque côté.

Ces tumeurs développées probablemant dans les parties profondes de la langue apparaissent généralement à la face dorsale sur les côtés et à la pointe.

Au point de vue purement macroscopique les plus grandes variétés règnent sur l'étendue des tumeurs ; elles affectent une disposition tout à fait circonscrite ; tantôt au contraire, elles prennent des dimensions considérables.

Ces variations de dimensions permettent de rapprocher les lipomes de la langue de ceux du système périphérique. On connaît d’ailleurs la parfaite analogie qui existe entrele tissu cellulo-graisseux qui se développe sous les muqueuses et les séreuses et celui qui est sous-jacent au derme. Le lipome sublingual est unilatéral, ou bilatéral. L'opération de Cauchois, intitulée, « Z‘pome symétrique de la langue et lipome du cou accompagné de gommes ramollies du tissu cellulaire sous-cutané des membreschez; un tuberculeux », est un bel exemple de ce cas ; la tumeur dans cette circonstance était constituée par une double série de bosselures sur chacun des bords linguaux.

Ces bosselures n'étaient pas indépendantes les unes des autres, mais, au contraire, unies latéralement entre elles. T1 est rare que l’on observe des tumeurs plus considérables que celle-là, mais il y a des cas où le néoplasme prend des proportions énormes ; tel est le cas d' Arnold où le larynx était intéressé, et où la tumeur ayant perforé le palais faisait saillie dans le crâne ; dans ce cas particulier l'affection était congénitale et l'enfant vécut 6 jours. Le plus ordinairement Ia masse graisseuse ne dépasse pas le volume d'un œuf.

La consistance est également variable ; parfois et dans les lipomes véritables c'est ce qu’on observe, le palper donnela sensation d’un corps très mou ; dans les tumeurs ona même de la fluctuation ; mais on peut voir des tumeurs rappelant la consistance du cartilage et même de los.

Quant aux rapports de la tumeur avec les plans sous-

jacents, ils varient avec les cas ; parfois le néoplasme est absolument cantonné dans le tissu cellulaire sublingual, et la tumeur est parfaitement énucléable, elle roule sous le doigt, on peut même chez le vivant affirmer qu'elle n'intéresse pas le muscle, tantôt au contraire suivant les travées fibreuses inter-musculaires et les distendant, elle envoie des prolongements profonds, et fait corps avec l'organe ; dans ces deux cas l’extirpation totale est impossible.

C'est ce qui ressort de la relation de l’autopsie du malade de Cauchois : « Du côté opéré nous retrouvons encore près de la pointe de la langue, en avant par conséquent de l'extrémité antérieure, de la ligne cicatricielle de l'incision, un petit lobule lipomateux situé dans l’épaisseur de la fibre musculaire ; il est de la grosseur d'un pois; il est probable qu’en raison de ses dimensions très minimes. il nous a échappé le jour de l'opération et qu'il a continué à s’accroître ». Dans cette variété, la langue faisant saillie au dehors, H tumeur est plus dure et les bosselures plus saillantes.

L’anatomie pathologique de cette affection n’est donc pas sans rapports avec celle des tumeurs du sein qui comme on sait peuvent intéresser ou non le plan musculaire sous jacent et dont les signes varient suivant les cas.

On a voulu constituer une troisième varièté dans laquelle la fibre musculaire elle-même serait atteinte ; nous verrons quelles expresses réserves il faut faire histologi-

quement à ce sujet.

Notons dès à présent, que l’on n'invoque à l’appui de

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