‹ Lipomes de la langueChapitre 3 sur 16 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

I1 s’agit d’une variété rare de tumeurs de la langue, le lipome. S'il n'avait d'autre attrait que sa rareté même, l'intérêt serait bien secondaire, surtout pour un praticien; mais comme pour toutes les affections exceptionnelles le diagnostic peut en rester longtemps hésitant. Des erreurs mêmes ont été commises en présence de cette affection par d’habiles chirurgiens. Aussi nous pensons qu’'ajouter quelques documents aux faits jusqu'ici présentés, permettra de préciser quelques points de la pathogénie, du diagnostic et du traitement des lipomes linguaux.

Disons-le de suite, bien que le nombre restreint d’observations attiràt l'attention des auteurs sur les cas qui leur étaient présentés, un certain nombre de ceux-ci ont été successivement considérés comme des lipomes vrais, comme des kystes dermoïdes et ce qui est plus intéressant, comme le résultat de la transformation graisseuse d’autres néoplasmes bénins.

Ici, en effet, on a eu rarement occasion d'assister à la naissance de la tumeur, et leur bénignité même en lais-

Le RES

sait ignorer les débuts. Comme dans les autres régions “du corps, le lipome de la langue se manifeste sans qu'on puisse saisir la raison de son éclosion, et ce n’est pas un problème simple que de rechercher les liens qu'unissent d’une part cette variété de lipomes si nettement localisés, à ceux que l’on peut trouver chez un même sujet répartis sur les téguments, parfois symétriquement disposés. D'autre part, existe-t-il une relation entre ces lipomes

et les néoplasmes moins bénins que l'on peut rencontrer

chez un même individu ? Bard (de Lyon) tend à admettre.

à propos d'un cas de ce genre, qu'il y a véritablement une prédisposition acquise ou héréditaire à la production des néoplasmes.

Nous ne prétendrons pas résoudre d'aussi grandes difficultés au cours d’une étude qui est beaucoup plus clinique que théorique. Les quelques remarques qne nous avons réunies n’ont d'autre prétention que celle d’un enseignement par les faits. 5

Nous écarterons d'emblée de notre sujet tous les cas de lipomes sublingaux et buccaux qui n'ont avec le lipome de la langue d'autre analogie que d’être également sous” muqueuse.

Tandis que ces tumeurs prennent naissance dans des régions où le tissu graisseux existe normalement et constamment, nous verrons que dans la langue, on a du presque recourir à des hypothèses pour expliquer la production des lipomes, en l'absence des lobules adipeux qui

d'habitude servent de point de départ aux néoplasmes de ce genre,

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Que M. le professeur Pouchet soit assuré de toute notre reconnaissance pour avoir accepté la présidence de

notre thèse.

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