HISTORIQUE
Les tumeurs graisseuses doivent leur nom à Littré qui les a appelées « lipomes », en 1709. Elles sont connues depuis la plus haute antiquité, Hippocrate et Celse les mentionnent, mais sans les différencier des autres tumeurs et des abcès. Au début du siècle dernier, leurs caractères distinctifs ne sont pas nettement établis et Monfalcon, en 1818, dans le dictionnaire des sciences médicales, les range dans la grande catégorie des « loupes », à côté des kystes sébacés, des chalazions et des ganglions tuméfiés. II semble qu'Heyfelder ait, le premier, en 1842, étudié les lipomes profonds, sous-aponévrotiques des membres. Cruveilhier, en 1856, déclare que les « adipomes » peuvent se produire dans Ie tissu cellulaire intermusculaire, et très rarement dans lépaisseur des muscles eux-mêmes. Leur rareté est constatée en 1866 par Després, dans sa thèse, À partir de cette époque, les travaux sur les lipomes se succèdent : ce sont les tumeurs d’origine périostique et Ies tumeurs multiples, symétriques qui font lPobjet principal des recherches des auteurs. Viennois en 1864, Poncet en
1876 et en 1896, dans la thèse qu’il inspire à Clerc, étudient les lipomes intermusculaires de la cuisse; la question a été mise au point en 1901 par MM. Thévenot et Patel.
En ce qui concerne les lipomes profonds du bras, le plus ancien cas porté à notre connaissance date de 1854; cette année-là M. Ure présenta une observation de lipome sous-aponévrotique du bras, publiée dans « The Lancet ». En 1875, B. Auger rapporta un cas semblable; nous n’avons pas pu retrouver l’observation de cette tumeur adhérente à la face interne de l’humérus. Il faut consulter la littérature médicale allemande pour trouver rassemblés dans des revues très complètes quelques rares faits entrant dans le cadre de notre sujet. Stoll, en 1884, opère deux malades atteints de cette affection (Beiträge zur Klinischen Chirurgie). Brohl, en 1866, dans sa thèse « Zur œtiologie und statistik der Lipome » énumère quelques cas sans donner de détails précis. Nous empruntons à Van de Kamp (thèse de Leipzig 1908, Zur Kenntnis der subfacialen und submusculären Lipome), une observation plus récente. Enfin, en 1919, M. le docteur Villar extirpe un lipome profond de la loge postérieure du bras; la relation de cette opération a paru dans le Journal médical de Bordeaux du 25 août 1919. C'est le seul exemple connu jusqu'alors de localisation en ce point. Ces observations, jointes à celles que nous devons à l’obligeance de M. le professeur agrégé Patel, vont nous permettre d’esquisser l’étude de cés néoformations,