‹ Lipomes sous-aponévrotiques du brasChapitre 6 sur 20 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

« Le lipome est une tumeur constituée par du tissu adipeux...; une production nouvelle de tissu adipeux disposé sous forme de masse circonscrite et n'ayant aucune tendance à disparaître spontanément constituera une tumeur lipomateuse » (Léon Tripier). Il diffère d’une simple accumulation de graisse parce qu’il a une « vitalité indépendante du reste de l'organisme. Et cette vitalité est démontrée par ce fait qu’un individu, porteur d’un lipome et qui maïigrit, ne voit pas sa tumeur diminuer de volume, tandis qu’il n’en est pas de même pour les autres productions du tissu adipeux » (Cornil et Ranvier). Mais tous les lipomes ne répondent pas à cette définition : à côté de ces tumeurs sous-aponévrotiques bien circonscrites, il en est dont la ligne de démarcation n’est pas appréciable et qui se confondent avec les tissus voisins; ce sont les lipomes diffus que nous laisserons de côté.

Contrairement à ce qui se passe pour les néoformations adipeuses sous-cutanées dont le nombre est quelquefois très considérable (les internes de Bicêtre en trou-

LES vèrent 2.080 sur le corps d’un seul malade), il est rare de voir plusieurs lipomes sous-aponévrotiques chez le même sujet, le fait n’a pas été signalé au bras. Les cas relatés se rapportent à des tumeurs périostiques ou intramusculaires le plus souvent symétriques.

Il est intéressant d'apprécier la fréquence des lipomes intermusculaires du bras par rapport à l’ensemble des néoplasmes. Stoll rapporte 133 cas de lipomes dont 9 ont leur siège au bras, 2 seulement sont intermusculaires. Grosh, dans sa statistique, relève 716 lipomes dont 93 au bras, mais il ne cite aucun cas de développement intermusculaire. Brohl, de son côté réunit, parmi 391 communications, 19 observations de lipomes du bras, dont l’un parait avoir une origine intermusculaire (rapporté par Caylay, in The Ind. Med. Gaz.); nous n’avons pas pu retrouver de détails sur cette tumeur de 33 livres. 5 autres cas signalés par Hüster, Broca et Cruveilhier ont leur point de départ dans le tissu cellulaire sousdeltoïdien; nous les rangerons, avec Brohl, dans la classe des adipomes intermusculaires; nous n’avons pas eu la chance de retrouver les observations originales. Nous pouvons conclure après cette énumération que le lipome intermusculaire du bras est une affection qui se montre peu aux chirurgiens; son homologue de la cuisse, dont Clerc rapporte 10 observations et Mercier 13, a été observé bien plus souvent. Si l’on songe que sur 16.667 tumeurs traitées dans les hôpitaux de Vienne, on trouve 318 lipomes (Brohl), 66 sur un total de 2.053 opcrées dans les hôpitaux de Zurich et de Vienne par Bilbroth, on se rend compte de la rareté de la production graisseuse que nous étudions. Cela avait frappé Van de

Kamp, il déclare en effet dans sa thèse inspirée par Trandelenburg : « En dehors de notre observation de lipome siégeant près de l'articulation de l'épaule, j'ai trouvé dans la littérature, 2 cas seulement de lipomes sous-aponévrotiques du bras décrits par Stoll. » Il est vrai qu'il a laissé systématiquement de côté toutes les publications médicales étrangères. Il est quelquefois très difficile de préciser le point de départ du lipome lorsqu'il atteint de grandes dimensions, nous verrons lorsque nous étudierons ses rapports qu’il y a des cas très litigieux. |

Etude macroscopique. — Les lipomes sous-aponévrotiques des membres, qu’ils siègent à la cuisse ou au bras, qu'ils soient inter ou intramusculaires se présentent sous la forme d’une masse assez régulièrement ovoïde et aux contours bien délimités; ces caractères ne sauraient s'appliquer aux lipomes diffus, si tant est qu’il en existe au bras. Dans quelques cas, et cela est surtout vrai pour ceux qui naissent sur le membre inférieur, de la masse principale partent des prolongements qui infiltrent les espaces intermusculaires et sont une source de difficultés pendant l’intervention.

Le trait caractéristique qui suffirait à lui seul à imposer le diagnostic est la lobulation. Pour Delbet : « La raison de cette lobulation se trouve dans la disposition normale des vésicules graisseuses qui sont groupées en petits lobules qui conservent leur individualité primitive lorsqu'ils s’hyperplasient pour former un lipome. » On la perçoit au travers de la membrane d'enveloppe qui enserre la tumeur, et en l'isolant permet l’énucléation,

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