A) SYMPTOMES OBJECTIFS
L. Déformation pupillaire. — Le symptôme capital, pathognomonique pour ainsi dire, de l'iridodialyse, c'est la déformation de la pupille normale et l’apparition de la pupille artificielle. L'iris décollé flotte alors dans l'humeur aqueuse et, suivant l'expression pittoresque de Desmarres, « tombe comme un rideau dans la chambre antérieure ». À la place de la mem-, brane irienne, on aperçoit une ouverture de coloration noirâtre se détachant avec une grande netteté, du reste, de la surface antérieure de l'iris.
On peut ainsi, en se basant sur la déformation pupillaire, ranger les iridodialyses en trois classes qui sont :
1° Les iridodialyses minimes ou limitées (Obs. F à XII).
Les hémidésinsertions ou iridodialyses larges (Obs. XIV à XXXID).
‘3° Les aniridies traumatiques ou iridodialyses totales (Obs. XXXIT à XXX VIT).
La déformation pupillaire est quelquefois le seul signe d’une dialyse irienne minime. Une iridodialyse étendue, une hémidésinsertion donne aussitôt naïssance à une lacune périphérique de l'iris, formant comme une seconde pupille. Lorsque la fausse pupille est grande, la partie de l'iris détachée de son insertion peut, dans quelques cas, se déplacer de façon à transformer la véritable pupille en une fente
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étroite, réduite à une ligne, ou même à la fermer . complètement. La membrane irienne peut aussi être désinsérée sur tout le pourtour de son bord ciliaire, être détruite tout à fait ou disparaître : c’est l’iridérie ou l’aniridie traumatique. Iridodialyse minime, némidésinsertion, aniridie traumatique, tels sont donc les trois degrés de l’iridodialyse.
Il. Examen ophtalmoscopique. — Quand V'iridodialyse se présente sous la forme limitée, quand la désinsertion est minime, on ne peut pas toujours compter sur l'examen direct ; l’ophtalmoscope est, icr, nécessaire. Dans presque tous les cas de décollementirien, on peut éclairer le fond d’œil à travers la pupille artificielle, à moins d’un hyphéma total ou irès considérable qui empêche de percevoir le reflet produit par les rayons lumineux qui ont traversé la petite fente nouvellement formée. Parfois, il y a même possibilité de distinguer les procès ciliaires correspondant à la partie décollée, formant une véritable collerette noire encadrant le fond d’œil.
HT. Hyphéma. — L'hyphéma est très fréquent, pour ne pas dire constant, mais son abondance est variable, d'ordinaire, il ne remplit pas complèteiment la chambre antérieure ; il se porte presque constamment dans les parties déclives et forme une couche de hauteur variable, en forme de lunule. fl peut ne pas dépasser le bord inférieur de la pupille. Assez souvent, l’hyphéma ne se voit pas et se manifeste uniquement par ce seul signe, surtout dans les
iridodialyses minimes : la décoloration irienne qui
tire sur le vert. C’est « l'iris vert » (the green iris). Si*
l’on examine au repos un malade qui présente de Lposme on voit un petit croissant de couleur rouge à l'origine, occupant la partie la plus déclive de la chambre antérieure, qui se forme de plus en
plus et finit par devenir rouge noirâtre. Mais si l'on
commande au blessé d’incliner la tête latéralement à droite ou à gauche, le sang collecté se déplace à droite ou à gauche, suivant les lois de la pesanteur ;
si le malade tient sa tête horizontale, s’il se couche par exemple, le sang se répand dans toute la cham-
bre antérieure qui devient alors trouble ; si l’on fait
ensuite relever le malade, et si on le fait tenir debout, le sang reprend sa position primitive. Cet hyphéma se résorbe vite, en trente-six heures où deux jours généralement chez les sujets jeunes et sains, ce qui fait qu’il n’a été observé chez nos iridodialysés que dans les ambulances et les hôpitaux de l’avant ; on ne le constatait plus, lorsque le blessé arrivait dans les formations de l’arrière.
IV. Hypotonie. — Il est également un autre symptôme objectif qui a de la valeur, mais aussitôt après le traumatisme : c’est l’hypotonie, la diminution du tonus oculaire qui est immédiate, mais passagère. Il s'agit ici, comme Treacher Collins (1) l’a montré, d’une hypotonie par contusion, fugace, due suivant cet auteur soit à une exagération de l’excrétion des
(1) Treacner-CoLrins. — L'hypotonie par contusion. The Ophtalmoscope, 1916, Tome XIV.
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liquides oculaires par les voies normales, soit à un arrêt de sécrétion par parésie des nerfs vaso-constricteurs ; peut-être aussi s’il existe en même temps une grande hémorragie de la chambre antérieure, le canal de Schlemm a-t-il été ouvert par une rupture sclérale interne ou les artères ciliaires ont-elles été déchirées par cyclo-dialyse concomitante. En tous cas, cette hypotonie qui peut être constatée aussitôt après l’iridodialyse, disparaît assez rapidement, de sorte que le tonus oculaire des iridodialysés pris à leur arrivée dans les centres ophtalmologiques de l’intérieur se trouvait redevenu normal. Dans toutes nos observations, il n’y a que deux cas où cette hypotonie persistait (Obs. XX VITT : P... Henri. [ridodialyse avec troubles du vitré. — Obs. XXXIV : R.. Louis. Aniridie traumatique avec luxation du cristallin, décollement rétinren total et globe en voie d’atrophie).