SCÈNE VIII
^fA7AN, ROURE. Roure se frotte les mains et, marche
silencieux de long en large. Mazan parait acharné
à ses écritures.
ROl’RE.
Mazan !
MAZAN.
Patron.
ROURE
Tu n’as donc pas encore fini ?
MAZAN.
Pas tout à fait... C’est si difficile d’écrire quelque chose par soi-mCine.
ROURE, ace.c un bon sourire.
Bon ! ça viendra... ça viendra. D’ailleurs cette lettre n’est pas pressée. Allez. Tu as tout le temps... présent, il faut à l’hôtel du Petit-Saint-Jean me retenir pour demain matin un bon cheval et un cabriolet. Pas besoin de cocher, je conduirai moi-môme.
MAZAN.
Bien. Demain matin, quelle heure?
ROURE
Qu’est-ce qu’il faut d’ici pour aller aux Clastres? une heure et demie I
MAZAN.
Oui, quand la Sorgue n’est pas grosse et qu’on peut passer le gué. Mais à la moindre crue, il faut compter sur un bon détour pour aller chercher le pont.
ROURE
Dans tous les cas, que le cabriolet, soit prêt pour huit heures.
MAZAN.
Dites donc, patron, si vous allez aux Clastres, je pourrais bien vous conduire, moi.
ROURE
Non, non, mon garçon... tu es trop nécessaire k la bou*
LISE ÏAVERMEU.
tique... Madame Roure est si délicatel Pauvre l'emino! Il ne faut pas qu’elle se fatigue... Allons, va.
MAZAN.
J’y suis. {Revenant i^ur scs pas.) Eaut-il allumer le^ lampes ?
ROL'RE
Non, j’allumerai moi-môme... Attends, encore un mot. Je te l’ai dit bien souvent, mon cher enfant, mais je ne saurais assez te le répéter : la réserve et la discrétion sont les vertus théologales du commerce. Tout ce que tu entends dire au magasin, le monde qui y vient, les affaires qui s’y traitent, tu dois garder tout cela entre cuir et chair, comme un billet de confession. {Enire les deux yeux.) C’est entendu, n’est-ce pas? File maintenant.