AUTRES EXTRACTIONS DE L'ISOCHONDODENDRINE
On peut également extraire l’alcaloïde d’autres sources végétales, et King l’a fait, mais avec des rendements beaucoup plus faibles qu'en partant de Chondodendron Platyphyllum.
a) De Chondodendron Microphyllum — (Brésil — on obtient 21 à 22 grammes de Sulfate d’Isochondodendrine à partir de 1.000 grammes de racine sèche.
b) De Chondodendron Candicans (Guyane anglaise), on peut tirer de 1.000 grammes de tige sèche 12 grammes de sulfate d’'Isochondodendrine.
Enfin, le Radix Parreira Brava du commrece, tel qu'on peut se le procurer sur le marché brésilien, fournit toujours de la d-Isochondodendrine, mais à des taux extraordinairement variables, les indigènes qui effectuent le ramassage ne faisant aucune différence, (s'ils ne sont soigneusement vuidés, entre les différentes variétés de Chondodendrons.
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PHARMACOLOGIE
Ce n'est pas dans les travaux généraux sur la pharmacodynamie des curares que l'on trouverait des informalions valables concernant le comportement physiologique de l'Isochondodendrine. ;
Peut-être s’est-elle trouvée mêlée aux curares qui firent l'objet des expériences préliminaires du siècle dernier. Mais on cherchait alors le poison des plaques terminales motrices, et l'Isochondodendrine passa inaperçue. Pourtant, les chercheurs de cette époque entrevoyaient que les venins des flèches des Indiens sud-américains pouvaient exercer des effets autres que ceux typiquement curarisants et Orfila avait écrit, en 1818, à propos du curare : « Qui sait si un jour un principe alcaloïdique, semblable à la morphine de l’opium ou à la strychnine, pourrait être isolé des venins appartenant à diverses espèces végétales... ».
Ce précurseur admettait donc qu'il pouvait coexister dans les poisons des lianes géantes, à côté des facteurs curarisants, d’autres éléments physiologiquement actifs, dont l'influence s’exercerait sur dles systèmes anatomo-physioloviques différents des plaques motrices. On devait contrôler, beaucoup plus tard, que les alcaloïdes quaternaires curarisants possèdent, outre leur action périphérique spécifique, une action centrale, mais celle-ci est difficile à mettre en évidence, puisqu'elle est masquée par l'effet paralysant larwement plus rapide à se manifester au fur età mesure qu'on élève les doses.
En définitive, les pharmacologues ne se sont vraiment penchés sur l'Isochondodendrine qu'une fois terminé son isolement chimique, et c'est Gabbe qui en a fait la première étude pharmacodynamique.
Gabbe a fait son travail avec ce qu'il désigne sous Îe
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nom d'Isobebeerine. Le point de fusion de 297° qu'il donne pour la substance essayée ainsi que d’autres caractères physico-chimiques, permet d’assimiler cette Isobebeerine à une Isochondodendrine non absolument pure. Cependant, ses conclusions ont leur place ici. La substance exerce une action dépressive centrale mise en évidence chez le poisson et chez la grenouille. Elle est sans action sur les centres vaso-moteurs, mais les fortes doses agissent à l'inverse de la stimulation du pneumogastrique.
Gabbe concluait que si l’Isobebeerine dispose de propriétés thérapeutiques, ce n’est ni dans le sens diurétique, ni antipyrétique. Il ne repoussait pas l'hypothèse d'une action narcotique aux doses très fortes et il reconnaissait finalement aux dérivés iodobismurés une action du type curare.
Seba, reprenant les essais de Gabbe, a vérifié lexis- -tence de l'effet dépresseur central chez le chien et le lapin; il lui a fallu employer des doses fortes : 25 à 30 mg./kg. chez le chien, et 20 à 25 mg./ke. chez le lapin. Il n’a noté ni sommeil profond, ni analoésie, mais relâchement du tonus avec conservation de l’excitabilité. Il conclut : « Cet effet ressemble plutôt à l’action dépressive des barbituriques ».
Seba a noté, d'autre part, que l'administration chez le chien par voie”intra-veineuse, à la dose de 15 à 20 mg./ke. provoque un prurit intense. Il a obtenu chez l'homme, par voie sous-cutanée, la réponse de Lewis, révélatrice de la libération d'histamine. I} n'en fait pas une réaction spécilique et attribue l'histaminogénèse à la structure inoléculaire elle-même de l'alcaloïde, qui comporte une architecture di-benzyl-isoquinolinique.
TOXICITÉ EXPÉRIMENTALE
On ne trouve pas dans le iravail préliminaire de Seba de recherche précise sur le coefficient thérapeutique de la d-Isochondodendrine. 11 indique, lui-même, qu'il a procédé directement en clinique à des essais de tolérance dont il a conclu qu'on pouvait injecter par voie intra-musculaire, sans
AUD cale 30 à 6o mg. en une seule fois. On verra, plus loin, que nos propres observations cliniques confirment larsement ses vues et qu'il est possible d’injecter 4o mg. dans la journée sans enregistrer le moindre effet secondaire.
aucun inconvénient, 10 mg., et administrer par voie buc-
M. le Professeur Gley a bien voulu étudier pour nous la toxicité de la d-Isochondodendrine chez l'animal.
Les essais ont été faits sur le lapin et sur la souris dans le but de déterminer la dose léthale.
1) Essais chez le lapin : L'alcaloïde est injecté par voie intra-veineuse sous la forme de son sulfate.
— Effet de la dose de 8o mg. (environ 35 mg./kg.) : chute nette de la tête aussitôt après l'injection, abolition du réflexe de Magnus, convulsions, arrêt respiratoire, asphyxie. L'animal se rétablit ensuite sans présenter de séquelles.
— Effet de la dose unique de 120 mg. : chute de la tête, convulsions et mort. La dose mortelle chez le lapin, par voie intramusculaire se situe donc entre 8o et 120 mg.
2) Essais chez la souris": Les essais ont été pratiqués selon la technique habituelle, en utilisant des lots de 5 animaux, par dose, et 5 doses croissantes, soit un total de 5 animiaux. On a injecté le sulfate d’'Isochondodendrine par voie intra-veineuse dans le sérum physiologique aux doses suivantes :
QD Tale (T,200109.,1,)00,Mm0..0t.2 Mmo..0n obtient en moyenne les résultats ci-après
0,75 : b souris vivantes ;
ï : À souris vivantes, une morte
1,25 : 4 souris vivantes, une morte ;
1,50 : 2 souris vivantes, 3 mortes ;