COMMENTAIRE SUR LES ESSAIS CLINIQUES
L'expérimentalion thérapeutique que nous avons rapportée dans cette Thèse porte sur un total de 737 malades. Nous n'avons relenu que bo observations, exposées dans les 3 chapitres précédents. Ces observations sont de dimensions inégales parce qu'elles ont été relevées dans des conditions d'exercice médical très différentes ; tantôt — et c’est le cas le plus rare — en milieu hospitalier, tantôt en clientèle privée, le plus souvent en consultation hospitalière ou de dispensaire.
Il est difficile de dresser l'observation détaillée de malades auxquels le consultant ne peut accorder qu'un temps limité, sans le secours d’auxiliaires habilités à faire un bilan clinique complet. D'autre part, nombre d’éléments, en particulier anamnétiques, auraient inutilement alourdi ces textes. C'est pourquoi certaines de nos observalions sont réduites aux informations strictement indispensables à FPétablissement d'un jugement d'ordre thérapeutique.
Du fait même des conditions de l'expérimentation, >7 malades n'ont pu être consignés dans ce travail. I s'agissait de consultants épisodiques chez lesquels le comportement de la drogue n'a pu être étudié comme il eût fallu.
Ces données préliminaires expliquent que nous n'ayons pas fait mention d'échecs au sens entier du terme. Îl est possible, en effet, que parmi les malades qui se sont dérobés à une consultation ultérieure se trouvent ceux ou celles auxquels le Sulfate d’Isochondodendrine prescrit n'avait apporté aucun soulagement. H est possible tout aussi bien que ces malades, satisfaits, n'aient pas songé à nous le faire savoir. Nous devons done abandonner l’idée de dresser une statistique de succès hiérarchisés et d'échecs. 1e
Sur le plan clinique pur, nous notons que les expéri-
de Hate
mentateurs ont tous été frappés par la rapidité d'action de l’alcaloïde et par l'excellence des sédations symptoniatiques qu'il procure. Il est vrai que dans la plupart des cas il s'agissait d'épisodes douloureux où l'élément algique se trouve lié à une manifestation spasmodique dont le caracère fondamental est de rester éphémère. Cependant, dans quelques cas (observations n°° 39, 40, 4x, 42, 43, 44, 45, AS, 5o) on avait affaire à des troubles chroniques d'installalion plus où moins ancienne ; il a fallu d’ailleurs administrer l'Isochondodendrine d'une manière répétée pour atteindre la guérison apparente.
Pour conclure
a) Nous considérons l'Isochondodendrine come une médication des symptômes douloureux liés aux spasmes viscéraux, et lui assignons une place de choix dans le traitement de la dysménorrhée banale, des tranchées du poslpartum, des coliques hépatiques, néphrétiques et intestinales.
b) Nous lenons pour encourageants les premiers effets observés dans l'asthme bronchique, et souhaïtons qu'une expérience beaucoup plus large que la nôtre apporte la clarté sur les limites de l'utilisation de Fl'Isochondodendrine chez ces malades.
c) Quant aux manifestations douloureuses ne relevant pas d'un spasme dle Ja musculature lisse, telles que nous avons pu en rapporter un petit nombre dans notre 3° chapitre, nous n'osons émettre à leur propos aucune hypothèse, ni former d'espoirs démesurés. LA, plus encore, il est indispensable d'accumuler des essais tant sur l'animal que sur le malade, avant de dégager une opinion.
.. Du point de vue pratique, nous désirons préciser cerlains points. Le Sulfate d'Isochondodendrine a été employé presque loujours sous forme d'une solution aqueuse, injeclée par voie sous-culanée ou intramusculaire. La dose de
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15 mg. par ampoule est suffisante. Nous avons été amenés à constater, non sans curiosité, que si l’on emploie la dose à peine inférieure de 10 mg., l'effet thérapeutique diminue dans des proportions très différentes de celles que suggère la proportion arithmétique. |
Il arrive que les injections soient douloureuses : elles le sont alors immédiatement, dès l'introduction du liquide dans les tissus. L'endolorissement dure tout au plus deux heures et disparaît sans séquelle visible. Nous n'avons jamais noté de réactions générales.
L'alcaloïde a été employé plus rarement sous forme de dragées dosées à 30 mg., ainsi que de suppositoires dosés à 30 mg. L'effet thérapeutique dans les cas heureux est aussi satisfaisant, mais il apparaît un peu plus tard, soit 30 minutes, au lieu des ro minutes habituellement requises pour que débute la sédation après injection.