‹ Littérature américaineChapitre 29 sur 58 · ECRIVAINS D IMAGINATION · texte numérisé non relu

ECRIVAINS D IMAGINATION

en Anp^leterrc, où 11 fit la connaissance de qnelques-uns des grands auteurs contemporains, et surtout, se familiarisa, h la bibliothèque du Bristish Muséum, avec les écrivains, ses aînés; surtout les poètes et, pour le profit de l'ouvrage qu'il devait publier ensuite, ce ne fut pas du temps perdu.

Cet ouvrage est le fameux Sketch liook, qu'il envoya en J819 h New York et à Philadelphie pour y être publié par parties. La première, contenant Rip Van Winkle, remporta aussitôt un plein succès qui rejaillit sur tout l'ouvrage. Quand, l'année suivante, Murray en donna une édition anglaise, la réputation de son auteur s'affirma universelle. Aujourd'hui même, après un intervalle de près d'un siècle, la réputation de l'auteur s'appuie principalement sur ce livre que l'on continue à lire beaucoup en Amérique et en Europe.

Irving révéla à l'Amérique la véritable Angleterre; il fit mieux, il révéla à l'Amérique son propre génie; et il découvrit h l'Angleterre elle-même toutes les beautés de son sol. La Christmas Eve et d'autres esquisses, complétées par Bvacehvid^e Hall, décrivent la vie campagnarde en Angleterre en une série de tableaux dont Dickens tirera profit par la suite. Il forme à lui seul une maille de la grande chaîne des écrivains anglais. 11 procède d'Addison et de Goldsmith, avec moins de naïveté que ce dernier dont il forme ainsi comme le trait d'union avec Dickens. L'esquisse Intitulée Litlle Britain, par exemple, dénote plus de tendances propres au xix" siècle que de réminiscences du xviii" dans la note humoristique.

Quoique Irving, au cours de sa longue existence, ait eu bien d'autres succès que son Sketch linok et se soit exercé dans d'autres genres, ce livre populaire marque

le point culminant de sa carrière. II fut dès lors célèbre et les émoluments élevés qu'il reçut lui permirent de s'adonner à son goût pour les vovages. Il chassa chez le roi de Saxe, collabora avec l'auteur dramatique John Howard Payne, à Paris, et finalement fut attiré par la romantique Espagne, dont il allait étendre la renommée dans les pays de langue anglaise. Pourtant, dans cette vie de loisirs, en 1822, un peu grâce à Tom Moore, Brace~ bridge Hall vit le jour, et, deux ans après, les Taies of a Traveller.

L'intérêt que prit Irving à l'histoire de l'Espagne aboutit à un travail de proportions énormes, sa Life of Columbus ^ publiée en 1828. Les trois volumes, qui lui rapportèrent 18000 dollars, mais ne défrayèrent pas les éditeurs, témoionent des goûts d'érudition de l'auteur et de son ambition insatiable, et inaugurent chez lui une période de demi-création, ce qui tendrait à démontrer que son génie, pour réel qu'il fût, n'était pas soutenu. Bref, The Life of Columbus retrouva, dans une édition abrégée, un succès plus grand encore et permit h l'éditeur Murray de combler les vides laissés dans sa caisse par la grande édition. De la même source, Irving tira encore deux livres qui furent des plus populaires, The Conquest of Granada (1829) et The AlJiambra (1832).

Le premier n'a pas tant à souffrir de l'introduction de l'imaginaire chroniqueur, Fray Agapida, que de la monotonie que causent les trop nombreuses descriptions de rencontres entre Maures et Espagnols, quelque romanesques qu'elles puissent être. Le second volume a été surnommé « The Spanish Sketch Book », et à juste titre; c'est un excellent mélange de charmantes esquisses descriptives et de contes qui n'auraient pu être écrits à cette époque par aucun autre Anglo-Saxon.

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Pendant son séjoui- à l'Alhanibia, en 1829, Irvin^ apprit sa nomination de secrétaire de la légation à Londres. Trois agréables années suivirent, à la suite desquelles il retourna en Amérique. Il reçut avec modestie les honneurs qui attendaient le fils absent depuis si longtemps, dont l'œuvre avait enfin su conquérir cette gloire littéraire vers laquelle s'étaient efforcés tant d'Américains. Il ne se fixa pas en une demeure permanente, car l'Ouest inexploré attirait l'homme mùr, comme les excursions au Canada et dans les districts reculés de l'Etat de New York, avaient attiré le jeune homme. Trois livres furent le produit de cette nouvelle curiosité : A Tour on the Prairies, Astoria, en collaboration avec un de ses neveux, et Adventares of Captain Bonneville, ouvrages peu substantiels, et remarquables surtout parce qu'ils prouvent quTrving était convaincu que l'Europe n'est pas, par une grâce divine, le seul séjour enchanteur. Sans avoir réussi pour l'Ouest ce que Cooper avait accompli ou ce que devait faire Parkman, il ne fut pas aveugle à ses merveilles. Quelques volumes de mélanges suivirent, jusqu'au moment où, en 1842, il accepta le poste de chargé de mission en Espagne. Il l'occupa dignement pendant près de quatre ans, sans trouver beaucoup de loisirs a consacrer à la grande biographie de Washington, dont l'élaboration semblait convenir parfaitement à ses dernières années. Quand il revint chez lui à Sunnyside, il surveilla une édition de ses œuvres qui eut beaucoup de succès, écrivit les biographies de Mahomet et de Goldsmith, — dont la dernière compte parmi ses meilleurs essais, bien qu'elle ait peu de valeur en tant que biographie, — il réunit diverses esquisses et historiettes en un volume intitulé WolferLs lloost et travailla consciencieusement à sa Life of Wnshin^ton. Le premier volume de cet ouvrage

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parut en 1855, le cinquième et dernier quelques mois avant la mort de l'auteur, qui survint le 28 novembre 1859. Pour honorable qu'il soit, ce travail n'a qu'une place secondaire dans l'ensemble de l'œuvre d'Irving.

Il est de même permis de négliger ses autres travaux du même genre et aussi de passer sous silence l'ouvrage posthume intitulé Spanish Papers, ainsi que son malheureux Essai sur la vie de la précoce poétesse Margaret Miller Davidson. Mais ses admirateurs peuvent en toute sécurité se plaire h la lecture des cinq ou six volumes qui contiennent le meilleur de son œuvre, et ne pas avoir à s'excuser de joindre son nom à celui de Goldsmith et de Lamb. Les écrivains britanniques, quelle que soit leur supériorité, n'ont pas h le dédaigner; en Amérique, il est l'égal des meilleurs. S'il ne fut pas un écrivain vraiment grand et original, il reste du moins un écrivain important pour l'Amérique; il représente dignement son époque et sa classe sociale.

Depuis 1809, un certain nombre d'écrivains nouveaux étaient apparus, et nous reviendrons sur quelques-uns de leurs ouvrages; mais ce ne fut qu'en 1821, avec Tlie Spy, que l'Amérique put s'enorgueillir de posséder un second auteur digne de figurer aux côtés des meilleurs de l'Angleterre et de l'Europe contemporaines. Quehjues Américains, il est vrai, s'élevèrent avec indignation contre ceux qui avaient la hardiesse de prétendre que Cooper égalât ou surpassât Walter Scott, non tant à cause de la fausseté de cette opinion, que parce que l'un de ces romanciers était Ecossais et l'autre Américain. Mais cette flatterie envers la métropole était trop misérable pour avoir quelque portée ; Cooper jouit de la popularité parmi ses concitoyens jusqu'à ce que des diversités

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d'humeur de pnrl cl d'autre, produisissent les effets que nous allons bientôt voir.

Comme Washini;lon Irvin^, James Fenimokr Coopeu (1789-1851) appartient h l'État de New York. Il est un nouvel exemple de ce lait que la primauté littéraire avait déserté à cette époque la Pennsylvanie et la Nouvelle- Angleterre. Ce lut h Burlington, New Jersey, qu'il naquit le 15 septembre 1789. Son père était de famille anglaise; sa mère, dont il reçut le nom de Fcnimore, était d'origine suédoise; des deux côtés, il fallait ajouter l'influence morale des Quakers. Après la Révolution, William Cooper avait si bien accru ses terres dans l'État de New York, qu'a la naissance de Fenimorc, son onzième enfant, il avait tracé l'emplacement de Cooperstown, sur le lac Otsego. L'enfant fut amené, quand il eut un peu plus d'un an, dans ce pays de frontière, et ce fut dans la forêt vierge, que parcouraient encore les Indiens et les bêtes sauvages, qu'il passa sa première enfance. Une vaste maison remplaça bientôt la cabane primitive, et William Cooper, comme tout Américain entreprenant, s'en fut au Congrès. Mais le changement d'existence n'altéra en rien l'impression produite sur l'esprit de l'enfant par le spectacle de la nature sauvage. Ce changement ne fit qu'élargir le champ d'expériences sur lequel allaient s'exercer ses facultés d'homme mùr. Le début du nouveau siècle le trouve h Albany, étudiant sous la conduite d'un clcrgyraan accompli, Anglais de naissance et de préjugés; de nouveau il montre combien sa nature est impressionnable, car son originalité d'homme et d'écrivain en reçoit quelque diminution. En janvier 1803, il entre à Yale, mais il préfère la vie au grand air aux devoirs de la salle de classes, et les folles escapades à l'étude. Il fut renvoyé, malgré les démarches de son père auprès des autorités du

collège, et pour son compte il y perdit cette correction du génie que donne souvent l'instruction classique, même insuffisante — correction qui n'aurait pas beaucoup diminué la force créatrice de Cooper, mais qui aurait certainement améliore la forme de son esprit et de ses écrits. D'ailleurs si son renvoi d'Yale a été la principale cause de son entrée dans la marine, les amateurs de littérature n'ont aucune raison d'en vouloir à son entêtement, car, sans son service en mer, Cooper n'aurait probablement rien ajouté au domaine de la fiction.

Aucune école navale n'existant alors, le jeune homme s'embarqua comme matelot sur un navire marchand. Il visita Londres et Gibraltar et obtint à son retour un brevet de a midshipman « (aspirant). De 1808 à 1811, période d'agitation belliqueuse, il exerça ses fonctions sur les lacs et sur l'Océan; puis il abandonna tout à coup sa carrière navale pour prendre femme dans une famille d'origine tory. Cette union devait plus tard lui être reprochée comme une iniquité par des concitoyens ultrapatriotes, mais elle procura néanmoins à Cooper un bonheur domestique sans mélange; en outre, dans The Spy, il allait utiliser sa connaissance du Comté de Westchester, résidence de sa femme, de même que dans The Pathfindcr il utilise son expérience de constructeur naval sur le lac Ontario. Durant plusieurs années, cependant, il ne lui vint pas à l'esprit d'être autre chose qu'un gentilhomme campagnard, soit qu'il résidât dans le Westchester ou à Cooperstown, et les enfants qui lui naquirent n'héritèrent point de son imagination. Un hasard très curieux détermina le changement de toute son existence. Lisant un jour un stupide roman anglais, du genre de ceux que les éditeurs américains pirataient sans le moindre scrupule puisqu'on ne pouvait

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obtenir aucune œuvre de fiction des auteurs nationaux, remarqua devant sa iemnie qu'il se sentait capable d'écrire lui-même un meilleur récit. Mrs. Cooper l'en mit au défi, puis elle l'eucouragea dans son travail, qui, avec l'approbation d'amis complaisants, aboutit à un conte de la vie anglaise intitulé Précaution. Il fut publié sous l'anonymat h New York, h la fin de 1820, et n'attira que le peu d'attention qu'il méritait. Les années et la réputation de son auteur ne l'ont pas rendu plus lisible.

La genèse de The Spy, telle que la retrace le professeur Lounsbury dans son admirable biographie de Cooper, est d'une lecture étrangement attirante. Bien que Précaution n'ait pas eu de succès, l'ouvrage fut réimprimé en Angleterre et passa pour l'œuvre d'un Anglais. Ce fait en lui-même fut gros de conséquences aux yeux de son auteur et plus encore à ceux de ses amis.

Peut-être convenait-il de tenter une seconde expérience. Par bonheur, quelques-uns de ses intimes souhaitèrent le voir essayer pour l'Amérique quelque chose de comparable à ce que l'auteur de Wa^erley faisait pour l'Ecosse; ils lui assurèrent qu'il obtiendrait probablement plus de succès en traitant des sujets familiers et nationaux qu'en développant des thèmes étrangers. Se rangeant ii leur avis, il se tourna tout naturellement vers la Révolution et vers le Comté de Westchester, qui avait été le théâtre d'incessants combats; de même, quelques années après, Balzac, avec Les Chouans, devait s'inspirer de la guerre civile en Bretagne. Mais Cooper fut plus heureux que Balzac sur un point important. 11 avait jadis entendu John Jay raconter l'histoire d'un espion qui fit preuve, au service de l'Amérique, d'une témérité et d'un désintéressement rares. Développant ces quelques données, il créa la noble figure de Ilarvey Birch et ajouta

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un grand caractère au domaine de la fiction — un caractère qui flattait étrangement le goût du public pour le pathétique et les contrastes romanesques. Les C/iouans ne contiennent aucun caractère d'un attrait aussi général. Cooper, d'ailleurs, — la chose est assez bizarre — ne comprit pas l'importance de l'histoire qu'il écrivait ; il laissa la première partie inachevée pendant des mois avant de se décider à composer la seconde, tant il doutait du succès d'un roman national chez ses concitoyens, les colons.

On peut dire que parmi les lecteurs de The Sn7j il en est peu qui aient jamais soupçonné les hésitations qui présidèrent à la composition de l'ouvrage. Cela est peut-être dû à ce que Cooper, non seulement avait eu la main heureuse dans le choix de son personnage, mais avait trouvé sa vraie spécialité — le récit d'aventures. Tandis que Cooper remporte son premier succès comme disciple de Walter Scott, il se rattache au romancier anglais plutôt par la conduite de son action que par la peinture et la reconstitution du passé. Le roman d'action n'appartient exclusivement à aucune époque ni à aucun pays; il pouvait se dérouler en Amérique. Cooper n'avait d'autres obligations à Walter Scott que celles d'un génie créateur envers un autre génie créateur, et cette justice une fois rendue, il était apte à interpréter la forêt, la prairie et l'Océan de façon à prendre rang parmi les grands écrivains originaux du monde entier.

La publication de T/ie Spy à la fin de 1821 ne lui valut pas cependant une telle réputation. Mais en mars de l'année suivante, on dut publier une troisième édition, en même temps que Harvey Birch était applaudi au théâtre. Avant que l'année se lût écoulée, l'Angleterre avait reçu favorablement l'ouvrage, à la grande joie

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de rAméilquc, et Cooper avait été introduit jusqu'en France, oîi il n'a jamais cessé d'être en honneur. Ce succès le trouva assez modeste; il écrivit en edet son histoire suivante, The Pionecrs, non pas tant pour ajouter à ses lauriers ou à ses revenus que jtour s'assurer de la réalité de sa vocation d'écrivain. Il lut bieutùt tranquille sur ce point et il eut la satisfaction d'apprendre qu'un livre entièrement américain — car les Pioneers retraçaient des scènes et des caractères familiers de son enfance — pouvait soutenir victorieusement la comparaison avec les histoires de ducs et de duchesses qu'il avait imitées auparavant. Ce fut, sinon dans l'ordre logique du développement, du moins par la date de composition, le premier des cinq Lcatlier-Stoching Taies (Récits de Bas de Cuir) sur lesquels repose principalement sa réputation. C'est le moins intéressant de la série, ce qui importe peu quand on considère l'ensemble des grands romans, et surtout les caractères admirables que Cooper fut conduit h développer sitôt qu'il eût été convaincu que la vie des habitants des forêts du Nord était un excellent sujet pour la fiction. Car Cooper était entier dans son dofîmatisme — le ton orondeur de ses préfaces le prouve clairement — et s'il avait pu se convaincre de s'être trompé en prenant cette voie nouvelle, c'est en vain probablement que l'auraient sollicité la prairie, la foret et l'image hésitante de Natty Bumpo.

Dans un sens, ce fut un peu ce côté dogmatique de son tempérament ([ui le poussa à introduire dans la fiction cet autre élément noble et infini, la mer. Au cours d'une discussion avec quehjues amis à New York, oii il s'installa peu après que sa réputation se fut affirmée, il soutint que The Pirate, tlont Waltor Scott n'avouait pas encore être l'auteur, devait être l'œuvre d'un terrien.

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Il écrivit The Pilot, en dépit des appréhensions de ses amis, pour montrer qu'un vrai marin peut tirer de son expérience un roman intéressant. Jamais théorie ne fut mieux justifiée. Bien que retardée par une maladie et par la mort d'un de ses enfants, la publication de l'ouvrage, dans les premiers jours de 1824, réalisa ce qu'en attendait l'auteur et fit les délices de ses nombreux lecteurs. Tom Coffin et le Pilote lui-même — le redoutable Paul Jones — auraient largement suffi à rendre l'histoire remarquable; mais donner la vie aux bateaux et h la mer, c'était mieux encore que donner la vie aux marins, et c'est là ce qu'aucun écrivain n'avait fait ni même essayé de faire. The Pilot, The Red Rover (1828), The Two Admirais, et Wing and Wing (1842) sont autant de récits vibrants qui remuent le cœur de tous ceux qui aiment la mer et la navigation. Nous n'essaierons pas de déterminer si The Red Roçer est aussi digne de la popularité dont il a joui que The Pilot; nous ne nous arrêterons pas davantage à critiquer d'autres œuvres, inégales, The Water Witch (1830), Afloat and Ashore (1844) ou bien le mélodramatique Jack Tier (1848). On peut citer The Sea Lions (1849) qui, comme histoire de pêche h la baleine, n'est pas comparable au Mohy Dick d'Herman Melville, mais qui décrit avec intensité les horreurs d'un hiver antarctique. Bien qu'une critique minutieuse d'une grande partie des œuvres de Cooper ne soit pas nécessaire, il est néanmoins indispensable, pour nous permettre d'apprécier son habileté et les services rendus par lui à la littérature de son pays et du monde, que nous nous fassions une idée de sa prééminence unique et de son importance dans le roman maritime. Non seulement ses histoires nous montrent d'excellentes figures de marins, bien dessinées, ou des incidents et

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des situations émouvantes qui prouvent la fécondité de sa faculté d'invention, mais elles sont icniplies du charme et de la majesté de la mer, ainsi que de la grâce des vaisseaux rapides qui la traversent. En d'autres termes, malgré le relàohoment du style et de la composition, Cooper transporte le récit d'aventures aux royaumes de la poésie. C'est ce qu'il réussit encore avec les Leat/ter-Slocking Taies. Qu'il ait pu obtenir à nouveau un aussi remarquable résultat, c'est une preuve évidente qu'il possédait un génie original et puissant. Pourtant, dépourvu du don de l'humour et de cette faculté de donner à sa guise la vie à ses caractères, il doit être reléffué au-dessous des g-rands maîtres de son ofenre; mais ce n'est pas à dire qu'il n'ait droit qu'au dédain de ceux qui le trouvent tout juste bon pour leurs enfants, montrant par là qu'ils ignorent que l'admiration des esprits simples est l'un des meilleurs témoignages de l'excellence littéraire.

Après le succès de son Pilot, Cooper, qui était devenu la célébrité de New York et avait fondé un club littéraire qu'il présidait, revint aux champs de bataille de la Révolution et projeta de donner plusieurs ouvrages à l'instar du Sptj. C'est dans cet ordre d'idées qu'il écrivit Lionel Lincoln, or The Leaguer of Boston, avec une minutie de détails digne d'un réaliste de nos jours. Les passages strictement militaires du récit montrent, dans leur précision, la conscience de l'auteur; mais, malgré tout, ce lut un échec, parce qu'il ne convient pas de mêler l'histoire au romanesque. I/année suivante (février 1826) Cooper rtipare l'insuccès de Lionel Lincoln, en iaisant paraître The Last of the Mohicans, (jiii lut probablement le meilleur et le plus populaire de ses romans. A ne le prendre que comme une histoire

d'aventures palpitantes, il mériterait déjà de grands éloges, mais il est beaucoup plus que cela. Il est animé de la poésie de la forêt, que personnifie particulièrement le grand chasseur Ilawkeye en qui les plus nobles qualités de race sont « soudées entre elles par une piété naturelle». Le renom de Cooper était alors au plus haut, et il put se permettre un long voyage en Europe. De juin 1826 à novembre 1833, il alla de pays en pays, accueilli partout avec respect, et récoltant des observations variées dont il ne tira pas toujours le meilleur parti. Trop essentiellement démocrate pour produire partout une impression favorable, il avait aussi trop d'esprit pour ne pas s'apercevoir que, sous bien des rapports, l'Amérique venait fort loin derrière l'Europe. Dans sa simplicité et sa droiture, il crut que ses succès d'écrivain lui faisaient un devoir de chapitrer les deux mondes sur leurs fautes. Une telle illusion était alors plus dangereuse que jamais, car l'Europe craignait un peu l'Amérique et ne la comprenait nullement, alors que celle-ci était affligée d'une susceptibilité provinciale des plus vives. Il est inutile de décrire les Notions of the Americans, Picked up by a Travelling Bachelor (1828) autrement que pour en dire qu'étant l'œuvre de Cooper, elles contiennent beaucoup de bonnes choses. Mais leur présentation en une série de lettres écrites par un étranger imaginaire est un procédé suranné, sans effet, et la matière en est sujette h maintes critiques. Du reste, ce livre fut peu prisé en Amérique. Sa Letter to Lafayette diminua sa popularité parmi ses concitoyens. Ses fréquents sarcasmes à l'adresse de l'Angleterre lui firent des ennemis dans ce pays, et, tout en se défendant valeureusement, comme dans la Letter to hia Coitntrymen, contre Hazlitt, il souffrit beaucoup de ces déboires.

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Ses romans s'en ressentirent au môme degré, sinon ilavantage. On ne le remarque pas clans The Prairie (1827) ni dans Tlic Red Rover (1828), car la lucrt de Basde-Cuir dans le premier est Tune des meilleures scènes que peignit jamais Coopcr et l'histoire, sans être la meilleure de la série, offre beaucoup d'autres traits excellents. Mais The Wept of Wish-ton-Wish (1829) est un triste résultat, dû en partie à ce que Cooper ne sut jamais être juste envers les New Englanders, et les trois romans dont l'action se passe en Europe, The Bravo (1831), The Heidenmaaer (1832) et The Headsman (1833) Turent, h lexception du premier, de lamentables insuccès. The Bravo nous rappelle ce qui lut probablement le seul bénéfice que retira Cooper de son long séjour en Europe — un véritable amour de l'Italie et des Italiens, et surtout de la magnifique côte méditerranéenne, qu'il ne perd jamais longtemps de vue dans Wing and Wing. Malheureusement sa comparaison, maintes fois répétée, du port de Naples avec celui de New York, au désavantage de ce dernier, n'était pas pour accroître sa popularité parmi ses compatriotes, auprès desquels il trouva à son retour un assez peu sympathique accueil.

Tout d'abord il se fixa à New York ; mais le mouvement et l'activité de la cité, voire de toute la contrée, lui étaient devenus étrangers ; aussi se décida-t-il ii réparer la maison de son père à Cooperstown et h en faire sa résidence permanente. Mais il n'y trouva pas le repos. Il se plongea sans nécessité dans les querelles politiques de l'époque de Jackson, et comme le roman d'aventures avait cessé de plaire, sa réputation littéraire môme ne put en imposer aux ennemis qu'il se fit. Puis il entra eu discussion avec des voisins empiétant sur son

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domaine et les journaux outrepassèrent toute décence dans leurs attaques contre lui. II n'était pas homme à se soumettre sans résistance, et il entama des poursuites contre la presse whig; son principal adversaire fut le fameux politicien Thurlow Weed, qui, par une curieuse ironie, était un grand admirateur des romans de sa victime. Ces poursuites, Cooper les dirigea en personne, et il parvint à obtenir du jury un verdict contre ses détracteurs. Pendant les vinoft dernières années de sa vie, Cooper fut outrageusement maltraité par des critiques et journalistes américains ou britanniques, indignes de dénouer les lacets de ses souliers. Les polémiques qui s'élevèrent à propos de sa minutieuse et intéressante /^/stoi'ij of the United States Navij (1839) furent particulièrement blessantes. Mais si Cooper ne recouvra jamais sa popularité, Tanimosité de ses concitoyens à son égard décrut cependant au point que, peu après sa mort, le 14 septembre 1851, une brillante réunion fut tenue à New York, en son honneur, au cours de laquelle William Cullen Bryant prononça un panégyrique fort juste.

A son retour d'Europe, Cooper compléta les Leather- Slocking Taies par l'addition de The Pathfinder (1840) et The Deerslaye?- [i'è^i), dont le premier mérite presque le haut éloge qu'en a fait Balzac. Nous avons déjà cité d'autres romans composés après 1833, qui sont loin d'être sans mérite. Mais il reste vrai qu'il écrivit trop de livres, dont quelques-uns furent si mauvais qu'ils ternirent la réputation de ses chefs-d'œuvre et nuisirent même à ses romans de second ordre. Il s'ensuit que r « Œuvre » de Cooper ressemble plus à l'immensité désolée d'un désert quelle ne l'est en réalité. Le plus misérable de ses livres est, sans contredit, Home as Found (1838), suite de Homeward Bound, ouvrage déjà

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peu brillant mais supportable à cause du récit qui s'y trouve d'une poursuite en mer et d'un naulVage. Trois ans auparavant, avec l'illisible Monikins, il s'était piteusement essavé h une satire h la Swift. Mercedes ofCastile (1840), Wyandotte (1843), The Oak Openings {VS^S) et le dernier de ses romans The Ways of the Ilour (1850) ne sont pas plus lisibles que Monikins; toutefois le premier contient quelques belles pages où se trouve relaté le premier voyage de Colomb. Le dernier est franchement incompréhensible; il faut l'envisager comme l'œuvre d'un écrivain vieilli qui avait déjà poussé l'invraisemblance à l'extrême dans The Crater (ISIT).

Mais il existe une série peu connue de romans écrits par Cooper, qui valent d'être signalés à sa louange. Ce sont Satanstoe, The Ghain Bearer et The Redskins (1845-46) — contribution de Cooper h ce qu'on a nommé r « Anti-rent War », campagne menée par les locataires et les démagogues contre les gros propriétaires de New York. Le vieux romancier qui avait eu lui-même maille à partir avec des contempteurs du droit de propriété prit naturellement le parti conservateur et, tout aussi naturellement, ne lui fut guère utile avec ses fulminations. The Redskins, où ses sympathies sont nettement exprimées, est un livre terne et sans portée, mais il ne retire rien aux qualités de Satanstoe comme peinture de la vie coloniale h New York. The Chain Bearer n offre qu'un intérêt moyen, mais contient l'un des caractères de Cooper les mieux dessinés, le farouche « squatter », Thousand Acres.

Les ouvrages variés de Cooper, ses relations de voyages, ses esquisses navales, ses élucubrations politiques sont totalement oubliés, et ne comptent guère pour la place qui lui est accordée à l'heure actuelle dans

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la littérature. Des opinions divergentes ont été et sont encore émises sur ce point; mais il devient évident qu'on lui accorde volontiers le rang auquel il prétendait parmi les grands maîtres du roman d'imagination. Mieux que tout autre Américain, à l'exception toutefois de Poë, il jouit d'une réputation universelle. S'il n'a pas ouvert de nouveaux débouchés à la fiction, il a considérablement étendu son domaine dans deux sens différents. Le roman de la forêt et de la prairie et le roman de la mer sont ses créations; nul depuis ne les a aussi magistralement traités.

Il ne faut pas oublier pourtant qu'avec Walter Scott et Balzac, Cooper appartient h la classe de ce qu'on pourrait appeler les grands génies, par opposition aux beaux génies, et que les grands génies sont rarement d'impeccables artistes, sauf dans les moments de véritable inspiration. Critiquer un tel créateur aussi minutieusement qu'on le ferait d'un auteur de sonnets, friserait le ridicule; cependant c'est le genre de critique auquel on soumet constamment Cooper. Il n'est pas étonnant que le Titan n'ait pu les supporter sans humeur durant son existence, ni que sa réputation ne puisse les soutenir à présent. Son style n'est jamais parfait; il est souvent même exécrable. Il ne sait pas créer des caractères à sa volonté; il donne l'impression de l'effort, à vouloir, trop souvent, faire vivre des blocs de bois, revêtus d'habillements de femme. Excepté lorsqu'il s'agit des Indiens, des chasseurs et des marins, il est pitoyable psychologue. Il s'abandonne à ses préjugés sans aucune considération pour ses lecteurs. 11 croit de son devoir d'interdire à ses tristes héroïnes d'épouser des hommes dont l'orthodoxie religieuse est suspecte ; il s'érige en vaillant champion de l'Eglise épiscopale ; il fait un cours sur la façon de se

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tenir il liible — on un mol il oublie continuellement que le principal rôle du romancier est de plaire et non d'instruire. Kt, le pire de tout, non seulement il est didactique, mais encore il est souvent absurde.

Sans être les deux seuls représentants de la littérature d'imagination à leur époque, Cooper et Irving sont les seuls qui méritent une étude approfondie. Quelques auteurs de nouvelles, qui lurent aussi des poètes, seront traités d'autre part; nous observons seulement ici que l'excellence du Spy de Cooper ne peut être mieux mise en relief qu'en le rapprochant de l'ouvrage de Samuel Woodworth, Champions of Freedoni (1810), récit de la guerre de 1812. Woodworth (1785-1842) n'est connu aujourd'hui que par son Old Oahen Bucket, poème dépourvu de qualités poétiques mais possédant une rare saveur de terroir. Il fut l'auteur de quelques opéras et de nombreuses compositions poétiques, sentimentales, pieuses et faiblement pittoresques. Après des débuts comme apprenti chez un éditeur, il fut journaliste à New York, où il réussit à fonder une revue hebdomadaire autrefois fameuse, The Mirror (1823), qu'il laissa bientôt h son collègue George P. Morris (1802-64), autre poète populaire, connu pour sa ballade Woodmans Spare ihat Tree. Mais les petits succès de ces infimes Knickerbokers nous touchent moins que la lumière versée par les Champions of Freedom de Wood-worth sur l'état de la littérature en Amérifjue îi la suite de la seconde guerre avec la Grande-Bretagne. Quinze années s'étaient écoulées depuis le dernier des romans de Brockden Brown, et Miss Austen, Miss Edgeworth et Y <( auteur de Wa^>erlet/ » étaient prêts ii servir de modèles à tout Américain persistant à chercher son inspiration à l'étranger. Mais Woodworth préféra modeler son his-

toire d'après le chaos. Il régala ses lecteurs, tantôt d'un plat rapport sur des opérations en mer ou sur terre, tantôt de la description d'un bal, tantôt de celle du fameux incendie du théâtre de Richmond; mais ils se régalèrent aussi de tentatives de séduction, d'enlèvements et d'apparitions intermittentes d' « un chef mystérieux » qui finit par n'être autre chose qu'une allégorie de l'esprit de Washington. En d'autres termes, Woodworth, en recherchant l'originalité, mêla dans ses romans désordonnés le fantastique et la froide réalité. Après The Spij, de telles monstruosités littéraires eurent moins de chances de voir le jour.

L'œuvre d'Irving et de Cooper vint pourtant trop tard pour être utile à un homme très doué, de quelques années plus jeune qu'eux, John Neal (1793-1876). Originaire du Maine, Neal, qui ne dut qu'à ses propres efforts l'instruction qu'il acquit, fut tour à tour instituteur, marchand d'étoffes, étudiant en droit, et se découvrit soudain la vocation d'un poète et d'un romancier. En 1824, il alla en Angleterre, dans le but de répondre à la question qu'avait formulée Sydney Smith trois ans auparavant : « Qui lit un livre américain? » Neal réussit a faire paraître dans le Blackwood' s plusieurs de ses articles sur la littérature et la politique américaines; ces articles attirèrent l'attention de Bentham, qui fit de l'auteur l'un de ses secrétaires. En 1827, il retourna en Amérique, encouragea les efforts de Poë, se fit journaliste et réformateur social, et prodigua son énergie d'une façon quasi titanique, au point qu'il se vantait d'avoir écrit en douze ans de quoi remplir cinquante-cinq volumes.

De ce fatras, on peut extraire Logan (1822), le modèle de son genre de fiction. Le mystérieux et implacable chef indien, le funeste Harold, l'inexplicable Elvire, agissent

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et parlent comme dos fous, et il semble que leur démence ait lïajTné leur cré;U(Hir, dont le style surchaufté éclate linalenient dans une apostrophe véhémente \\ l'Angleterre. Par la suite Neal se calma et abandonna en partie ses maîtres Godwin et Byron ; dans des études comme The Doivn Easlers (1833), il se préoccupa de sujets plus réels : les lignes de navigation et autres questions semblables. Sa poésie présente h peu près les mêmes qualités que sa prose; elle est gâtée par la confusion qui résulte d'une extraordinaire facilité, mais elle laisse pourtant l'impression qu'il y eut du génie dans ce désordre. Malgré tout, la carrière de Neal reste pittoresque et instructive; on peut en juger par une biographie qui ne dément pas son titre : Wandering Recollections of a Somewhat Busy Life (1869).

Deux personnalités féminines de la Nouvelle-Angleterre charmèrent jadis les lecteurs que Neal embarrassa ou irrita. Les premiers romans de Miss Catherine Maria Sedgwick (1789-1867) et de Mrs. Lydia Maria Child (1802- 1880), toutes deux originaires du Massachusetts, datent des commencements de cette période. Toutes deux écrivirent d'abondance pendant de nombreuses années et représentent bien, par leur vie et leurs travaux, le principe fondamental de la Nouvelle-Angleterre : accomplir une œuvre utile pour autrui. Miss Sedgwick fut directrice d'école pendant cinquante ans; elle donna des contes, des romans, des études morales, des impressions de voyages, des biographies de prodiges littéraires, des articles d'annuaires et de magazines — le tout, sans grand intérêt pour la postérité. Ses peintures de la vie dans sa contrée natale sont considérées comme fidèles, et lorsqu'elle s'essaye h restaurer le passé, comme dans Hope Leslie (1827), on la compare à ^Valter Scott et à

Cooper, malgré rafféterie de son style. Le souvenir de Mrs. Child est peut-être resté plus vivant, parce que sa philantropie la poussa à défendre la cause anti-esclavagiste. Son Appeal for tliat Class of Aniericans called Africans (1833) fut suivi de nombreux autres appels à la conscience de la nation, et elle devint une des personnalités les plus influentes de la plus grande des croisades modernes. Elle écrivit aussi pour les mères et les enfants, et s'attaqua à des dissertations théologiques au-dessus de ses moyens. Son premier roman, Hobomok (1821), œuvre amusante d'amateur, traite de la vie à Salem en 1629.

Le suivant, Tlie Rebe/s, or Boston beforc the Révolution, tout en étant beaucoup trop patriotique, indique cependant un certain progrès. Son ouvrage d'imagination le plus ambitieux, qui ne parut que longtemps après Philothea (1856), roman du temps de Périclès, possède au moins le mérite d'une brièveté relative. En dépit de son jargon guindé, et bien que Mrs. Child n'ait pas eu plus de notions sur la vie en Grèce qu'elle n'en eût eu sur celle de la planète Mars si elle eut pris cette planète comme théâtre de son roman, l'œuvre dénote des aspirations vers la beauté idéale et des qualités poétiques d'imagination. Ses personnages, d'ailleurs, sont presque nuls; son pathétique sent l'effort; mais k comparer Philothea avec l'ouvrage sur la vie de New York, plus eu vogue à cette époque, intitulé Norman Leslie, par Théodore S. Fay, on éprouve la conviction que la notoriété n'est qu'un bien maigre témoignage du vrai mérite.

Enfin, il nous reste à mentionner la curieuse histoire intitulée Peter Rn^'^g, the Missing Man, que William Austin, de Charlestown, Massachusetts, publia dans la

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Ne^v England Gala.xij, en 1827-1828. Cette variation américaine de la légende du Juif errant doit probablement quelque chose \\ Bip Van Winklc. Mais elle doit certainement davantage au roman allemand, et, comme certains critiques le prétendent, peut avoir influencé llaNvthorne. Elle eut son heure de popularité et a survécu aux discours et autres écrits de son auteur.

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