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possédait un esprit plus cultivé et probablement plus phib)sopluque, quoique ses écrits soient à certains égards moins attrayants. Il était né en Angleterre, dans le comté de SufTolk, en 1588, et il mourut à Boston en 1649. Mag-istrat et propriétaire foncier, son rang parmi les émigrants puritains sallirma dès le début, mais son caractère moral constituait son principal litre à la vénération de ceux qui s'expatrièrent avec lui pour « sauvegarder leur conscience )). Dans le Massachusetts, il fut réélu gouverneur chaque année, presque aussi régulièrement que Bradford à Plvmouth, et il dirigea la grande colonie avec toute la compétence requise. Comme Bradford, il prit le temps de composer des mémoires qui ont une grande valeur pour l'historien. Il commença son journal alors que la flotte des émigrants était h la voile dans le port anglais, et le continua presque jusqu'à sa mort, sauf de fréquentes interruptions, tout au moins dans les détails. Il écrivit aussi, sur le vaisseau qui le transportait, un court Model of Christian Charity qui témoigne de sa piété, et on retrouve, aisément, dans ses nombreuses lettres, les traces de cette humanité essentielle que le Puritanisme n'avait pu étoulTer chez lui et chez maints autres émigrés, pas plus qu'il ne l'avait altérée chez Milton et chez Hutchinson. Il est peu probable que beaucoup de Cavaliers aient échangé avec leurs épouses des lettres aussi belles et aussi affectueuses que John Winthrop et Margaret, sa femme. Mais Vllistory of New England reste le « magnum opus » de Winthrop.
Il y a une grande dissemblance entre le philosophe gouverneur Winthrop et le (capitaine Edward Johnson. Né en 1.599, ce dernier était encore jeune quand il émigra avec Winthrop, mais il semble qu'il eût occupé une certaine position dans le Kent, son pays natal. Au Massa-
chusetts, il fut l'un des fondateurs et l'un des premiers administrateurs de la ville de Woburn. Vaguement soldat, puritain zélé, plein d'une ardeur spirituelle intolérante, actif et bienfaisant, il occupa divers postes de confiance, jusqu'à sa mort en 1672, et fut, grâce à ce qu'il en savait personnellement, tout à fait qualifié pour rédiger les premières annales de sa colonie.
Dépourvu d'habileté littéraire et n'avant pas le tempérament de l'historien, sa gaucherie même et son parti pris le préservèrent de l'affectation, et en font aux yeux de ses lecteurs d'aujourd'hui le reflet fidèle des idées et des préjugés du temps.
Comme tant d'autres colons, il écrivit son livre pour démentir les scandaleuses rumeurs qui circulaient au sujet de la Nouvelle-Angleterre dans la mère-patrie. Il choisit pour son recueil un titre qui devait les réduire au silence : The Wonder-Working Providence ofSions Saviour in New England, et il y exposa les faits d'un ton si ardemment héroïque que l'on peut dire que pas une page ne dément le titre.
Daniel Gookin naquit dans le Kent vers 1612. A neuf ans il vint en Virginie où il fut témoin des horreurs du massacre de 1622 déchaîné par la fureur des Indiens. Il y échappa et resta dans la colonie jusqu'en lGi4, année où il passa dans le Massachusetts en raison de la sympathie qu'il éprouvait pour les coutumes puritaines que les Virginiens étaient résolus h ne pas tolérer. Dans sa nouvelle résidence de Cambridge, il joua bientôt un rôle important. En 1656, il fut nommé surintendant des Indiens soumis h la juridiction de la colonie, et il s'acquitta noblement de ses fonctions, avec la collaboration de John Eliot, qui en eut tous les honneurs aux
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veux de lii postérité. Quand éclata la guerre du roi IMiilippc, GooUin et Eliot résistèrent à la panique populaire pour protéger surtout les Indiens convertis, (lookin, on particulier, dut payer le crime d'être, par ses qualités morales et intellectuelles, en avance sur ses contemporains, car il lut hué dans les rues et menacé de violences. Quand, dix ans plus tard, il épousa la cause populaire contre Jacques II et contre Randolph et Andros, les agents du tyran, il aurait pu sourire de rinconstance humaine; en effet, il devint un héros local en défendant les droits pour lesquels d'autres patriotes devaient plus tard endurer les désastres de la guerre. Il mourut en 1687, dans une honorable pauvreté, belle figure du citoyen incorruptible.
Le premier ouvrage de Gookin, Historical Collections of the Indians of New England, fut écrit en 1674, mais resta manuscrit jusqu'en 1792. II écrivit aussi un second ouvrage sur les Indiens, son thème favori, avec le titre : xin Histoi-ical Account of the Doings and Sufferings ofthe Christian Indians in New England. II dut le terminer en 1677 et l'envoya, croit-on, en Angleterre pour y être publié. Le manuscrit, longtemps égaré, fut enfin retourné en Amérique où on l'imprima en 1836. Dans son premier traité, Gookin discute, en un style agréable, la question controversée de l'origine des Indiens, leurs diverses tribus, leurs coutumes et autres sujets semblables. II esquisse les efforts tentés pour convertir les sauvages et se montre particulièrement intclessant quand il parle d'Eliot et des jeunes Indiens (ju'on admit à étudier ii Harvard.
11 laut louer Daniel Gookin d'avoir pris la défense des Indiens, sans oublier cependant que le conflit avait un autre aspect qui ne pouvait man(|uer d'accaparer l'attcn-
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3'j LA PÉniODE COLONIALE (IGOT-lTfii;
tion des colons, quand ils connurent les soufïVances qu'endura Mrs. Mary Piowlandson. Arrachée h sa maison en flammes a Lancaster, Massachusets, en février 1676, la malheureuse femme dut subir une captivité de près de douze semaines. Le récit de ses tourments, publié en 1682 sous ce titre : The Sovereignty and Goodness of God, bientôt réimprimé à Londres et réédité h plusieurs reprises, ne mérite guère les louanges dont on l'a comblé, mais il n'a pas d'affectation ety après avoir soulevé l'horreur des lecteurs de l'époque il fit encore frémir des générations qui n'avaient pas à redouter ces terribles périls.
La guerre du roi Philippe et les massacres qui l'accompagnèrent ont été relatés par d'autres que Gookin et Mary Rowlandson, et le célèbre Increase Mather, par exemple, y consacra pour sa part deux volumes. Mais l'ouvrage classique traitant des atrocités des Indiens eut pour auteur un homme d'église : le Rév. William Hubbard. Né en 1621, il émigra avec ses parents en 1630, prit ses diplômes à Harvard en 1642, et devint pasteur à Ipswich, Massachusetts, où il resta jusqu'en 1703, année qui précéda sa mort. Son ouvrage le plus considérable fut A General Histonj of New England, front the Discovenj to Ii'>!^(J, imprime pour la première fois en 1815; récit clair mais gâté par une masse d'emprunts aux annalistes précédents. Son Narratwe of the Troubles wilh the Indians in New England from the Earliest Settlements to 1611, qui fut publié en même temps à Boston et h Londres l'année mentionnée dans le titre, offre plus d'importance et d'intérêt, bien qu'au point de vue documentaire cette œuvre fasse moins autorité.
Il est inutile d'analyser tout au long les productions historiques et topographiques des colonies du Centre,