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LITTÉRATURE UELIGIEUSE DANS LA NOUVELLE-ANGLETERRE

samedi soir le repos (.loininical. Sa pieuse manière de vivre le fit redouter des méchants, et les douze heures de travail quotidien qu'il s'imposait durent être un exemple stimulant pour ses doctes confrères. Malheureusement cet exemple agit aussi dans un plus contestable. Parmi lu cin([uantainc d'ouvrages qu'il publia se trouvaient des volumes de controverse dont la tolérance n'est pas la vertu dominante. Son principal adversaire, Roger Williams, bien qu'il soit acluelloment aussi peu lu ([ue Cotton, prouva, assurc-t-on, que la « doctrine » de ce dernier était bien réellement « sanguinaire », alors qu'on prétend toutefois que le livre le mieux connu de Cotton, The Dloodij Tenent washed and made i\'hile in the Dlood oftlie Lainl), ne justifie pas son titre. Personne n'entreprendra raisonnablement de contester cette opinion.

En venir à Rocek \Yilliams après John Cotton, c'est passer des plaines monotones à l'océan profond et toujours mouvant. La mobilité étroitement liée à la constance, telle pourrait être la formule de Roger Williams si un homme, ayant une telle personnalité, pouvait être résumé en une formule. Comme son ami et contemporain John Milton, il avait le don de se faire des ennemis irréconciliables et des amis dévoués; comme Milton, il fut l'objet de controverses nombreuses d'où sa renommée est sortie triomphante. Inlérieur ii Milton et par le caractère et par le génie, il est à certains égards une personnalité plus engageante et, par les conséquences qu'il tire des principes de tolérance en matière de conscienc^e, il mérite plus encore que l'auteur de VAeropagitica la vénération de la postérité. Il est vrai, comme l'a soutenu Lord Morley, que d'obscurs sectaires avaient plaidé la cause de la tolérance un siècle avant Williams, et que « les idées et les pratiques d'Amsterdam et de

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Levde exercèrent peut-être une plus large influence que les exilés des colonies ou leurs controversistes dans la prépondérance d'une école politique qui se prononça pour la liberté de conscience ». Mais il est également vrai que les hommes ont toujours eu tendance h associer les grandes œuvres aux noms des grandes personnalités, et assurément aucun apôtre de la tolérance n'a, plus que Roger Williams, défendu éloquemment sa doctrine par ses actes et ses écrits tout ensemble. Ses coreligionnaires, les Baptistes, et les citoyens du petit Etat qu'il fonda, ont de nombreuses raisons pour cultiver son souvenir; mais la race humaine tout entière en a de plus profondes.

On ne peut relater que quelques laits saillants de son existence mouvementée. Obscur habitant de Londres, né vers 1607, il obtint on ne sait comment la protection de Sir Edward Coke et fut élevé au Charterhouse et au Pembroke Collège, i» Cambridge. 11 entra dans les ordres mais se rattacha à Cotton et à Hooker plus qu'à Laud, et par suite il jugea prudent de s'embarquer pour Boston en 1631. Sans entrer dans le détail de ses démêlés avec les autorités du Massachusetts et de Plymouth, qui le regardaient comme hérétique, il est probable qu'on eût davantage excusé ses tendances anabaptistes s'il n'avait préconisé une politique favorable aux Indiens, pour lesquels il éprouvait une sympathie profonde.

Pour comble, Williams déclara que nul être et nul pouvoir humains n'ont le droit d'intervenir en matière de conscience : c'était saper les bases du gouvernement théocratique et devenir un ennemi public pour les partisans du système politique du Massachusetts. La censure ecclésiastique ne suffisant pas à l'intimider, on prit contre lui des mesures d'expulsion.

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