Paris, 1828, 3 vol. in-18 ; vol. III, p
2. Astronome et navigateur, né à Brest en 1741, mort en 1817 ; un des auteurs du système métrique.
3. Voyagea Madagascar, Paris, an X de la République (1802), 3 vol. in-8o; vol. II, p. 58.
i«2 ESSAIS DE LITTÉRATURE ANGLAISE
chai de Tourville comment, après le célèbre combat (ielaHougue, la division de Damfreville, poursuivie par les Anglais, avait pu entrer à Port-Malo. Le général Damfreville commandait le Formidable^, de quatre-vingt-douze canons; il était suivi de vingtdeux vaisseaux grands et petits ; il trouva à Belle- Grève, dans la rivière de Rance et au Solidor un abri contre les attaques de l'ennemi. Mais nous ne trouvâmes à Port-Malo aucune trace de ce grand événement, et on nous assura que ce fait, consigné dans rhistoire navale de l'Angleterre, était une fable.
« Nous écrivîmes à ce sujet au ministre de la marine, qui nous fit passer des renseignements précis, tant sur le nombre que sur le tirant d'eau des vais seaux qui composaient cette division ; nous eûmes par hasard, un procès-verbal qu'on chercherait peut-être difficilement à se procurer et dont nous allons donner un extrait, parce qu'il nous a paru curieux et intéressant :
« Hervé Riel, du Groisic, pilote-côtier, embarqué
i . L'(( état des vaisseaux qui composèrent Tannée royale, commandée par le comte de Tourville », donné, d'après les archives de la marine, par Gapefigue {Louis XIV, vol. III, ^33) ne cite pas le Formidable; Damfreville monte Y Ardent , de soixante-dix canons. Il vaudrait la peine de faire des recherches pour retrouver les pièces vues par Rochon ; mais existent-elles encore? En un siècle bien des choses se sont passées dans ces malheureuses archires de la marine, et bien des choses eu ont passé.
BROWNING. — HERVE RlEh 2(53
sur Tescadre du maréchal de Tourville, a raconté qu'après le mémorable combat de la Hougue vingtdeux vaisseaux français se présentèrent devant Saint-Malo, le 31 mai 1692, poursuivis par Tennemi. Le chef de ladite division ayant fait le signal pour appeler à son bord les pilotes, ils déclarèrent qu'il n'y avait ni dans les passes ni dans les rades la profondeur d'eau suffisante pour les recevoir, et, sur cette déclaration, il fut décidé de les échouer à la côte et de les brûler, afin d'éviter qu'ils ne devinssent la proie de l'ennemi ; ledit Hervé Riel déclara et soutint au commandant du vaisseau sur lequel il était que les pilotes ne pouvaient ignorer qu'il y eût, dans lesdites entrées et rades de Saint-Malo, une profondeur suffisante pour y trouver un refuge, et qu'il connaissait tout aussi bien qu'eux lesdites entrées et rades, ayant fait nombre de voyages à Saint-Malo; qu'ils étaient tous des malheureux, et qu'il y avait mauvaise volonté de leur part, et qu'en conséquence il fut appelé au conseil de guerre, et promit sur sa tête de faire (quoiqu'à marée basse) entrer tous les vaisseaux, au nombre de vingt-deux, s'ils voulaient gouverner sur celui sur lequel il se trouvait; que de fait, le conseil de guerre ayant pris ce parti, il les y réfugia tous sans accident, et les mit en sûreté en présencetde l'ennemi, qui les poursuivit jusqu'à l'entrée; mais ce qui peut paraître digne d'être transmis, ce brave homme ne demanda, pour récompense d'un service aussi signalé, qu'un
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rongé absolu ' pour rejoindre sa femme, qu'il nommait la Belle Aurore . »
Combien en France connaissent et le nom d'Hervé Riel et le poème de Browning ? Double dette d'honneur protestée, l'une depuis deux siècles, l'autre depuis dix ans. Le proverbe vulgaire : « Qui paye ses dettes s'enrichit •> est vrai pour les nations d'une vérité suprême, et plus un peuple se découvre de ces dettes ignorées, plus il a droit de fierté devant l'histoire. C'était une noble pensée, et de vrai poète, de venir ainsi en aide à la France en lui rendant un de ses héros oubliés, en rajoutant un fleuron égaré k sa couronne de dévouement et d'honneur; il était beau, à l'heure où « ses immortelles rendaient leur épée >', de venir la secourir avec sa gloire, et, pour que la leçon fAt plus haute, avec une de ces gloires de la défaite, si riches de fierté et d'espérance.
« L'Angleterre attend que chacun fasse son devoir, » disait Nelson à ses hommes, à Trafalgar : mais il rêve pour lui-même <i la pairie ou WeslminKter-Abbey ' ». On croit volontiers et l'on dit de