ANALYSE DE MACBETH
Acte P'. Scène i. — Trois sorcières dans une place déserte : une bataille se livre aux environs; elles se donnent rendez-vous pour le soir, après la bataille, sur la bruyère, pour se présenter à Macbeth. Quelque œuvre sinistre se prépare : « le beau, c'est Thorrible; Thorrible, c'est le beau. »
Scène ii. — Un camp près de Forres. La bataille est finie. Un officier en sang apporte au roi d'Ecosse, Duncan, la nouvelle de la victoire. Le courage indomptable de Macbeth, fils du thane de Glamis et cousin du roi, a écrasé et les rebelles écossais et les envahisseurs norvégiens; il a frappé de sa main le chef des rebelles, Macdowald, et enfin le roi de Norvège, Sweno, appelé par un traître, le thane de
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Cawdor, est vaincu, demande la paix, offre rançon. Duncan prononce l'arrêt de mort du thane de Cawdor, déclare ses titres transférés à Macbeth et charge Rosse de lui en porter la nouvelle.
Scène m. — Une bruyère près de Forres. Les trois sorcières sont là. Elles content les œuvres qu'elles ont faites dans Tinter valle. Un bruit de tambour : c'est Macbeth ! Elles font la ronde magique et enchantent le sol où il va mettre le pied.
Macbeth paraît avec Banquo, qui a été avec lui le héros de la victoire. Banquo aperçoit les sorcières : <« Qui êtes-vous, créatures étranges qui ne semblez pas de ce monde? » Elles se tournent vers Macbeth : « Salut, Macbeth! thane de GlamisI » dit la première. — « Salut, Macbeth ! thane de Cawdor ! » dit la seconde. — Et la troisième : « Salut, Macbeth ! qui seras roi. »
Macbeth tressaille et reste perdu dans le rêve. « Et moi, dit Banquo, si vous savez lire dans les germes du temps, dites-moi l'avenir, à moi aussi, qui pourtant ne désire ni ne redoute vos faveurs ni vos haines. »
« Salut, Banquo I — moins grand que Macbeth et plus grand; — moins heureux que Macbeth, plus heureux ; — père de rois, sans régner. »
Macbeth se réveille. « Son père vient de mourir et il est bien thane de Glamis ; mais thane de Cawdor, comment? Le thane vit encore. Et roi! Est-ce pos-
sible, est-ce croyable? D'où ont-elles ces nouvelles étranges? Pourquoi l'arrêter sur la bruyère flétrie avec ces saluts prophétiques. Parlez! » Elles s'évanouissent.
« Fantômes! » dit Banquo. — « J'aurais voulu qu'elles restassent, murmure Macbeth. Vos enfants seront rois, Banquo !» — « Vous le vserez vous-même. » — tt Oui, roi, et thane de Cawdor. »
Survient Rosse, apportant à Macbeth les remerciements du roi, et, comme premier gage, le titre de thane de Cawdor.
L'enfer a dit vrai — Glamis, Cawdor : il ne rCvSte qu^une promesse et la plus grande. Faudra-t-il aider le destin? Des visions de meurtre passent devant ses yeux et le font frémir. Mais non, si le sort veut qu'il règne, il régnera sans bouger.
Scène iv. — A Forres, au palais du roi. Diincan apprend l'exécution de Cawdor; cru si fidèle, et traître! Que ne peut-on sur le front d'un homme lire son cœur?
Macbeth entre. — « Comment payer, dit Duncan, la dette de la reconnaissance?» — Macbeth est assez payé par le service même qu'il rend.
Duncan, nageant dans la joie, désigne pour successeur son fils aîné Malcolm, et il s'invite lui-même au palais de Macbeth, à Inverness.
Macbeth prend les devants pour annoncer l'arrivée du roi et cacher son trouble. Malcolm désigné:
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c'est une pierre nouvelle entre lui et le trône. Etoiles, cachez vos feux, que la lumière ne voie pas au fond de son cœur ! — « Oui, Banquo, dit Duncan pendant que Macbeth s'éloigne, c'est un incomparable parent. »
Scène v. — A Inverness, au château de Macbeth. Lady Macbeth relit la fin d'une lettre de son mari, racontant la victoire et les prophéties. Elle songe : il faut qu'il soit roi. Mais elle craint sa faiblesse : il voudrait et n'ose pas : ses désirs sont criminels et il reculerait devant le crime.
Un messager annonce l'arrivée de Duncan, hôte de Macbeth. Lady Macbeth éclate. Elle le tient. Que la nuit vienne avec le plus épais de ses voiles, afin que son couteau ne voie pas les blessures qu'il fera !
Macbeth entre. « Salut, GlamisI CawdorI et plus encore! — « Ma bien-aimée, Duncan vient ce soir! » — « Quand part-il? » — « Demain, sans doute. » — « Oh! ce demain-là, jamais soleil ne le verra! » — Macbeth hésite : « Une autre fois, nous en reparlerons. »
Scène vi. — Hautbois et torches. Duncan et sa suite arrivent devant le château. Duncan admire le site, respire l'air avec délices, et Banquo montre les nids de martinets logés dans les murs.
Lady Macbeth sort au-devant du roi. Elle se met, elle, sa maison et les siens, à ses ordres. Le roi prend sa main et entre au château.
Scène vu. Macbeth, seul dans une chambre du château. Si une fois le coup fait, c'était fini! Il sauterait sans peur par-dessus les risques de Tautre vie. Mais la leçon de sang peut se retourner contre nous, la coupe de poison que nous servons revenir à nos lèvres. Puis, conimënt égorger Duncan, — son parent, son roi, son hôte; et si bon, si doux, que ses vertus se lèvent entre le poignard et lui, et que la pitié noierait le crime dans une tempête de pleurs ! Rien qui le pousse au crime qu'une folie d'ambition qui se précipite elle-même au gouffre.
Lady Macbeth entre. « Nous n'irons pas plus loin, dit Macbeth. — « Lâche qui v.oudrait et qui n'ose î » Elle l'écrase d'ironie et de mépris, l'encourage en montrant comme la chose est aisée, et le quitte dans l'admiration de son audace et dans l'enthousiasme du crime.
Acte II. Scène i. — Il fait nuit. Banquo et son fils Pleance entrent dans le château ; Macbeth les reçoit. Il a veillé, il attend le signal de lady Macbeth. Laissé seul, il voit un poignard devant ses yeux ; le manche, dirigé vers sa main, la cherche. Des gouttes de sang descendent le long de la lame. C'est la vision du meurtre avant le meurtre. La sonnette de ladv Macbeth retentit : c'est le glas de Duncan ; il se lève et va h son œuvre.