Pair is foui, and foui is fair
Hover through the fog and filthy air.
Shakespeare*, et qui répétait ce vers à tout bout de champ, aurait été très étonné d'apprendre qu*il fiU « si singulièrement faible^ ». D'autres vers*, et tout un passage, le récit du capitaine, sont retirés ù Shakespeare, à cause de leur emphase extraordinaire; mais l'emphase n'a jamais beaucoup offrayé Shakespeare : quoiqu'il soit au-dessus de son temps, il est de son temps, et il faudrait à ce compte hii retirer la moitié des discours et des compliments échangés dans le premier acte. L'emphase et le maniérisme y sont aussi sensibles et aussi pénibles*. Le
1. Byron avait le géuio trop autidramatiqiu» pour coûter Shakespeare. Machecih otHamfet sombleut avoir seuls trouvé grâce devant lui ; ce sont les deux pièces les plus byronieuues (le Shakespeare ; ses ouvrages fourmillent de citations et d'imitations de ces deux pièces, de Macbeth surtout. 11 retrouvait sans doute dans Macbeth quelque chose du caractère de son Lara, de son Conrad, de son Manfred. Voir plus bas, Byron, page 183, note 2.
2. Shakespeare n'a fait ici que reprendre son bien ou le marquant à nouveau ; ce vej*s n'est que la forme condensée et tragique du mot semi-ironique de Portia: « By my troth, Nerissa, my little body is aweary of this great world. » (Merchant of Venice, I, 2, 1.)
3. Voici les passages qui seraient interpolés: II, 1, 63; le monologue du portier (11, 3); la scène III, 5; pjîut-ètre IV, 1, 39-47; même scène 125-132; peut-être la scène V, 2; V, 5, 47-50, V, 7, 62-63; les quarante dernières ligues de la pièce.
4. C'est une chose à l'honneur de Shakespeare qu'il manque toujours les scènes officielles et d'apparat: l'expression tlevient contournée, obscure, affectée, déclamatoire; c'est que ces scènes demandent une langue fausse et de convention qu'il n'a jamais su manier. Forcé de sortir de la vérité du sentiment, il sort de la vérité de l'expression. (Voir par
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monologue du portier serait également interpolé à cause des grossièretés qui le déparent : c'est un poète, Coleridgej qui le premier a voulu en décliner la responsabilité pour Shakespeare ; ici un poète allemand, bien inférieur à Coleridge, s'est montré plus poète et plus profond * : ce portier du château du crime, qui, réveillé subitement, se croit portier de Tenfer, et en décrit les hôtes, sans se douter que c'est bien en effet Tenfer dont il garde la porte, et qu'il veille pour des criminels pires que ceux dont s'amuse sa verve d'ivrogne, est, dans son humble cercle, une des créations les plus originales peut-être
oxemplele discours d'apparat de Claudius dans Hamlet^ 1, 2; les premières scènes do Measure for Measure; toutes les pcènes où il fait parler des rois en tant que rois).
1. «Son comique grossier a un arrière-plan tragique, et, en s'imaginant portier de l'enfer, le brave homme ne s'imagine pas combien il est près de la réalité. Que sont tous ces petits pécheurs qui vont par le chemin des fleurs au feu de joie éternel, comparés aux grands criminels dont il garde la porte ? » (Bodehstedt.) C'est la contre-partie tragi-comiqiio du réveil do Loar et do sa plainte poignanre (IV, 7, 41):